Winkelriedisme
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Le winkelriedisme (en polonais Winkelriedyzm) est un courant idéologique romantique, dont le nom vient d'Arnold Winkelried, un héros légendaire qui aurait mené l'armée suisse au combat contre les Autrichiens lors de la bataille de Sempach (1386) et y aurait sacrifié sa propre vie : en dirigeant les lances ennemies vers sa poitrine, il a créé une brèche dans les rangs ennemis et contribué ainsi à la victoire. Il serait mort en criant « [Ceci est la] Route vers la liberté ! ».

Cet acte de bravoure a été préservé dans les mémoires et perpétué au fil des siècles par la tradition orale, les légendes et les chansons folkloriques. À l'époque romantique, la légende de Winkelried a inspiré de nombreux écrivains et poètes. Son impact est tout particulièrement important en Pologne, qui à ce moment de l'histoire n'existe pas en tant qu'État indépendant : les Polonais voient leur pays comme « le Winkelried des Nations » (Polska Winkelriedem Narodów), selon les mots du dramaturge Juliusz Słowacki dans la pièce Kordian[1].
Le winkelriedisme romantique remettait en question la souffrance et le martyre passif du messianisme, tout en soulignant l'importance de la lutte active. Cette idée visait également à expliquer indirectement l'échec du soulèvement de novembre. Le concept de Słowacki supposait que la Pologne était le Winkelried des nations d'Europe, tandis que Kordian, qui projetait d'assassiner le tsar, voulait être le Winkelried des Polonais et prendre sur lui les souffrances de millions de ses compatriotes[2].