Wir haben abgetrieben! (Nous avons avorté!) est le titre de la revue Stern du . Il s'agit d'une action prise par 374 femmes allemandes de différents milieux affirmant publiquement avoir interrompu leur grossesse, et donc enfreint la loi de l'époque[1].
L'initiateur de la campagne française était Jean Moreau, rédacteur en chef du Nouvel Observateur. Quelques semaines plus tard, il s'engage aux côtés d'Alice Schwarzer et lui demande conseil, car il a entendu parler du magazine allemand qui veut aborder le sujet et désire profiter de l'occasion pour étendre l'action féministe à l'Allemagne. Il craint toutefois qu'il ne s'agisse d'une campagne publicitaire. Schwarzer a collaboré avec le rédacteur de Stern, Winfried Maaß, qui accepte d'initier une action à condition de Schwarzer soit en mesure de mobiliser entre 300 et 400 femmes.
En l'espace d'un mois, Schwarzer engage 374 femmes. Pour ce faire, elle se fait tout d'abord entendre au Conseil de Libération de la Femme de Francfort, mais essuie un refus, car le groupe de femmes trouve l'action trop «petit bourgeois» et «réformiste». Parmi les membres de la Ligue socialiste des femmes de Berlin-Ouest, elle trouve en revanche environ la moitié de ses adhérentes. Les autres se joignent aux premières grâce au bouche à oreille[4].
Des années après la campagne, certaines participantes reconnurent ne pas avoir effectué d'interruption de grossesse dans la réalité, ainsi qu'Alice Schwarzer elle-même l'admet: «Mais cela n'avait pas d'importance. Nous aurions fait de même si nous avions eu une grossesse non désirée» («Aber das spielte keine Rolle. Wir hätten es getan, wenn wir ungewollt schwanger gewesen wären»)[5],[6].
Lors du quarantième anniversaire de la mobilisation, Arte présenta le documentaire Wir haben abgetrieben – Das Ende des Schweigens (Nous avons avorté - La fin du Silence), en coproduction avec la NDR[7].
↑ (de) Alice Schwarzer, «Mein Deutschland (Teil 6): Ein unerhörtes Selbstbekenntnis», Die Zeit, (ISSN0044-2070, lire en ligne, consulté le )
↑ (de) Jutta Kramm, «Sie war eine der Frauen, die vor 30 Jahren bekannten: "Wir haben abgetrieben!" Heute, in der Gendebatte, fällt Nori Möding das Argumentieren schwerer: Zwei Leben», Berliner Zeitung, (lire en ligne, consulté le )
↑ (de) Steffen Kraft, «Frauen und Männer: Neueste Ermittlungen im Krisengebiet: Ich habe nicht abgetrieben», sueddeutsche.de, (ISSN0174-4917, lire en ligne, consulté le )