En 1960 Pilz est recruté avec plusieurs autres spécialistes allemands par le gouvernement égyptien de Nasser pour mettre au point des missiles. Il rejoint un contingent important d'ingénieurs et de techniciens allemands qui édifient à l'époque des usines d'armement et mettent sur pied une chaine d'assemblage d'un chasseur à réaction. En , les fusées-sondes «El-Kahir» («Le conquérant») et «El-Safir» («Le vainqueur») développés par Pils sont présentées par Nasser à la presse internationale comme les précurseurs d'armes dont la portée permettra d'atteindre le sud de Beyrouth autrement dit susceptibles de frapper l'ensemble d’Israël avec laquelle l’Égypte est en conflit. Plusieurs fusées sont tirées. La menace déclenche la réaction des services secrets israéliens qui mettent sur pied l'opération Damoclès. Le Mossad commet plusieurs attentats à la bombe en envoyant des colis piégés à Pilz et à ses collaborateurs en ; cinq Égyptiens sont tués et la secrétaire allemande de Pilz, Hannelore Wende, perd la vue[1]. En parallèle, Israël fait pression sur le gouvernement allemand pour que ses ressortissants cessent d'apporter de l'aide à un gouvernement menaçant l'existence d'Israël[2],[3].
À la suite du rapprochement de l'Égypte avec l'Union soviétique qui est en mesure de fournir les équipements militaires les plus sophistiqués, l'Egypte décide de se séparer de ses spécialistes allemands et Pilz revint en 1965 en Allemagne. Il se retire par la suite à Kranzlhofen en Carinthie où il vit avec Hannelore, son épouse devenue aveugle, jusqu'à sa mort en 1994[4],[5]. Les missiles développés ne seront pas utilisés durant la guerre des Six Jours (1967) qui oppose l’Égypte et Israël[6].