Woonerf

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Woonerf aux Pays-Bas.

Le terme woonerf provient de la langue néerlandaise et il signifie « cour résidentielle » (Zone résidentielle). Il s’agit d’un aménagement de la rue qui permet à la fonction habitat de prendre le dessus sur la circulation. L’automobile n’y est pas bannie, mais la priorité est donnée au piéton et aux vélos et l’aménagement est propice à la tenue de diverses activités. Aux Pays-Bas et en Belgique, il est possible de reconnaître le woonerf grâce à sa signalisation particulière.

L’objectif général du woonerf est l’amélioration de la qualité des quartiers par la priorité donnée aux piétons et aux vélos. La recherche d’une diminution de la vitesse des véhicules n’est pas une finalité recherchée, mais plutôt une condition permettant à la vie de quartier d’être améliorée.

Le woonerf est un type d’aménagement de la rue qui a émergé vers la fin des années 1960, alors que les villes étaient progressivement envahies par l’automobile. En 1963, Collin Buchanan, ingénieur anglais au ministère des Transports, publie un rapport dans lequel il note une relation entre la dégradation des quartiers résidentiels et l’important besoin d’aménager des routes efficientes. Face à ce constat, l’ingénieur arrive à la conclusion qu’il existe des zones où la circulation doit être ségrégée et d’autres où les piétons et les automobilistes devraient cohabiter (Southworth et Ben-Joseph, 1997).

Inspiré par les idées de Buchanan, un néerlandais nommé Niek de Boer donne naissance au concept de woonerf. Celui-ci aménage le premier woonerf, en 1968, dans la ville d’Emmen aux Pays-Bas (DASH, 2010). Selon lui, les compromis entre la voiture et le transport actif sont indésirables c’est pourquoi il aménagera des sentiers piétonniers favorisant les déplacements du piéton. Les résidences sont quant à elles implantées le long d’une série de petites places qui forment une grande cour. Puisque ce modèle a surtout été utilisé dans les nouveaux quartiers périphériques, les woonerfs sont rarement en lien avec le reste de la ville, ce qui donne à l’espace une nature plus collective que publique.

Le deuxième modèle de woonerf est le fruit du travail de Joost Váhl (ne), un étudiant diplômé de Nick de Boer ayant interprété autrement les principes du woonerf. Ce dernier voyait le woonerf comme un refuge résidentiel dans un système de voies largement dominé par l’automobile. Il travailla en étroite collaboration avec la population de la ville de Delft afin d’aménager des woonerfs, choisissant pour sa part de combiner les aires de jeux et les espaces pour la circulation motorisée dans un seul espace. Cette deuxième version du woonerf repose sur la cohabitation des divers usagers de la route, principe qui est rendu possible grâce à la réduction de la vitesse de circulation des automobilistes. Étant donné que ce modèle sera aménagé dans des secteurs déjà construits, il sera plus facile de rattacher les nouveaux aménagements à la trame existante ce qui donnera à la fois un caractère public et collectif à l’espace.

Devant l’important besoin de revitaliser les quartiers et d’en aménager de nouveaux, le woonerf gagna en popularité lors des années 1970. De plus, compte tenu de la flexibilité offerte par les différents modèles, celui-ci a été aménagé dans différents contextes afin de répondre à des besoins très variés. Le succès du woonerf aux Pays-Bas s’est ensuite traduit par l’adoption d’une réglementation, en 1976, qui reconnaît la priorité aux piétons et cyclistes et limite la vitesse des voitures dans ces espaces. Le règlement instauré par le gouvernement hollandais répond davantage aux principes de l’aménagement du deuxième modèle soit celui où tous les usagers partagent un même espace. Par la suite, la renommée grandissante du woonerf a mené à son implantation dans plusieurs autres pays tels l’Allemagne (1976), la Suède (1977), le Danemark (1977), le Royaume-Uni (1977), la France (1979), le Japon (1979) et Israël (1981) (Ben-Joseph, 1995). Toutefois, le mouvement d’aménagement de woonerf stagna au cours des années 1980, notamment en raison de la crise de logement, mais aussi du retour de la volonté de séparer clairement les espaces publics et les espaces privés dans les nouveaux développements résidentiels (DASH, 2010).

Depuis une dizaine d’années, compte tenu de l’important besoin d’aménager des rues conviviales pour les piétons, il y a cependant un nouvel engouement pour le woonerf ainsi que ses variantes. Cette fois par contre, l’intérêt ne se limite pas aux secteurs résidentiels. En effet, les plus récentes variantes du woonerf tente d’en instaurer les principes dans d’autres secteurs de la ville tels les centres historiques, les zones scolaires ainsi que les artères commerciales.

Les premières expériences québécoises

Voir aussi

Références

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