Y des femmes de Montréal
organisme communautaire de Montréal ayant pour mission: Bâtir ensemble un avenir meilleur pour les filles, les femmes et leurs familles
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Le Y des femmes de Montréal (anciennement YWCA Montréal) est un organisme communautaire sans but lucratif fondé le à Montréal. Membre de la Young Women's Christian Association (YWCA), il est l'un des organismes communautaires avec la plus longue histoire de la métropole. Sa mission est de « bâtir ensemble un avenir meilleur pour toutes les femmes, les filles et leurs familles »[1].
Histoire
Fondation et premières années (1875-1900)
Le Y des femmes de Montréal est fondé le par huit femmes, dont Margaret Polson Murray, Mary McDougall (en) (née Cowans), Isabella G. McIntosh et Charlotte E. Major[note 1],[2],[3]. L'organisme fait partie du mouvement international des YWCA, né en Angleterre en 1855[4].
Sa mission initiale est de veiller au « bien-être temporel, moral et spirituel » des jeunes femmes canadiennes et étrangères arrivant par train ou par bateau[3],[5]. Dans le contexte de l'exode rural de la fin du XIXe siècle, l'organisme accueille les jeunes femmes arrivant des campagnes sur les quais des gares de Montréal pour leur offrir un hébergement sécuritaire et les aider à trouver un emploi[2]. Dès sa fondation, l'organisme met sur pied une bibliothèque, une salle de lecture ainsi qu'une résidence destinée aux travailleuses[6].
Dès ses premières décennies, le Y des femmes se distingue par plusieurs réalisations pionnières. En 1879, il lance des services hôteliers, puis en 1884, des cours de sténographie et de dactylographie. Un service de placement professionnel est créé en 1885. En 1893, il établit la première garderie gratuite de Montréal. En 1895, une école d'économie domestique et d'arts culinaires ouvre ses portes, suivie en 1900 de la création de la Traveller's Aid Society[4].
Expansion au début du XXe siècle (1900-1949)

En 1907, une importante campagne de financement permet de recueillir 50 000 $.
En 1908, l'offre de services s'élargit avec l'ouverture de nouveaux locaux, notamment à Verdun et à Pointe-Saint-Charles[6].
En 1909, le Y des femmes inaugure le premier centre de conditionnement physique pour femmes à Montréal. Une piscine est ajoutée en 1913[4].
En 1917, l'organisme fonde le camp Oolahwan, le premier camp récréatif pour filles au Canada, en bordure du lac Walfred à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. Le camp accueille des milliers de filles de 1917 à 2005[7],[8].
En 1920, l'adhésion est élargie aux femmes tant protestantes que catholiques. Un cours d'aide-infirmière est offert dès 1921. Dans les années 1940, l'organisme lance ses premiers programmes de leadership dans les écoles secondaires et met en place des services auxiliaires en temps de guerre. En 1949, une campagne de financement permet d'amasser 1,5 million$[4].
Nouveau siège et ouverture à toutes les femmes (1952-1974)
En 1952, le Y des femmes s'installe dans un nouveau bâtiment situé au 1355, boulevard René-Lévesque Ouest, conçu par l'architecte Leslie A. Perry[9]. L'édifice de sept étages remplace les locaux précédents sur la rue Metcalfe[9].
Des services d'hébergement d'urgence et une clinique de mieux-être sont mis en place en 1954. En 1960, l'organisme s'ouvre officiellement à toutes les femmes, sans distinction de religion, d'âge ou d'origine. Toutefois, à l'époque, seul 20 % de ses membres sont francophones[6]. Des services d'orientation professionnelle pour les femmes sont lancés en 1966. En 1968, le Y des femmes collabore à la commission Bird sur la situation de la femme au Canada[4].
Engagement social et féministe (1975-1999)
En 1975, une maison de transition pour femmes victimes de violence conjugale est ouverte. L'année suivante, une campagne de financement de 2 millions$ est lancée, accompagnée d'un programme de préparation à la carrière. Le programme Nouveau Départ est créé en 1977, la même année où l'organisme développe des outils éducatifs sur les droits des femmes, notamment La femme et son nom et Les femmes devant la loi[4].
En 1985, le Y des femmes établit un centre de bénévolat, une clinique d'information juridique et un partenariat avec Moisson Montréal. En 1992, un centre d'alphabétisation et des programmes de formation professionnelle sont créés. Le programme d'orientation et de services pour l'emploi (OSE) est lancé en 1993[4].
En 1994, l'organisme fonde le prix Femmes de mérite afin de souligner la contribution de femmes à la promotion du leadership au féminin[10],[11]. Les profits amassés lors de ce gala annuel servent au financement de ses activités. Depuis la création de la Fondation Y des femmes de Montréal en 1995, c'est elle qui remet ce prix.
Période contemporaine (depuis 2000)
En 2000, l'organisme change officiellement son nom pour « Y des femmes de Montréal » et lance une campagne de financement de 10,5 millions$[4].
Le , la Ville de Montréal invite l'organisme à signer le livre d'or pour souligner ses 150 ans de contributions. Les noms des huit fondatrices sont soumis à la Commission de toponymie de Montréal afin d'être reconnus dans la géographie montréalaise[2].
En , le Y des femmes quitte son siège historique du boulevard René-Lévesque et s'installe dans de nouveaux locaux au 1275, avenue De Lorimier, dans le quartier Centre-Sud[12],[13]. En , on annonce que le promoteur immobilier HD Group démolit l'ancien bâtiment Y sur le boulevard René-Lévesque pour y construire une tour de 400 logements locatifs[14].
Mission, valeurs et services offerts
La mission du Y des femmes de Montréal est de « bâtir ensemble un avenir meilleur pour toutes les femmes, les filles et leurs familles ». L'organisme offre des services directs permettant aux femmes et aux filles de participer pleinement à la société, tout en plaidant en faveur de changements systémiques en matière d'inégalité, d'exclusion et de violence[1].
Les valeurs de l'organisme sont le respect, l'équité, l'intégrité, la non-violence et l'inclusion, ainsi que la solidarité[1].
Axes d'action
En date de 2025, la mission du Y des femmes de Montréal se déploie à travers quatre grands axes d'action, lesquels sont constitués de différents services, projets et programmes[15] : l'employabilité, l'héberment, la jeunesse et la collectivité.
Services d'employabilité
L'organisme offre de l'accompagnement dans la recherche d'emploi, programmes d'insertion professionnelle et soutien à l'entrepreneuriat[1].
En 1998, le programme d'insertion socioprofessionnelle Fringues & Cie est mis sur pied[4]. S'inscrivant dans leurs services en employabilité[16], ce programme offre des formations en vente et en service à la clientèle ainsi que des expériences de travail rémunérées. En 2013, la boutique Fringues Vintage s'ajoute au projet [17].
Financé par Emploi-Québec[18], Fringues & Cie est un programme de 26 semaines offert aux femmes adultes vivant des difficultés à intégrer le marché du travail. En 2017, on estimait à 420 le nombre de femmes ayant bénéficié du programme depuis sa création[19].
Services résidentiels
Les services résidentiels du Y des femmes de Montréal offre de l'hébergement pour femmes seules ou avec enfants ainsi que des logements communautaires[2].
Parmi les activités offertes aux résidentes figure l'initiation au jardinage, le Y des femmes de Montréal disposant de quelques lots dans un jardin communautaire aménagé sur le toit du nouvel immeuble[20]. Auparavant, les résidentes cultivaient plutôt des parcelles au jardin communautaire Versailles, une implication qui leur a d'ailleurs valu le prix du Mérite agricole décerné par le conseil d'administration de ce jardin[21].
En juin 2026, suite au déménagement de l'organisme è l'Esplanade Cartier, le Y des femmes de Montréal inaugure Résidenti'ELLE, un projet d'habitation collective composé de 96 unités d'hébergement. Ce milieu de vie vise à favoriser la mixité socioéconomique et la diversité, en plus d'offrir un accompagnement psychosocial et communautaire adapté à de nombreuses réalités[22].
Services jeunesse
L'organisme offre des programmes de prévention de la violence et activités pour les filles et les garçons[15].
Les services offerts évoluent en fonction des enjeux sociaux contemporains. Depuis 2017, le Y des femmes de Montréal propose notamment des ateliers portant sur le cyberharcèlement et la cyberintimidation[23].
Services à la collectivité
Offre de clinique d'information juridique, clinique d'impôt, friperie, activités pour les proches aidantes et les femmes immigrantes[1].
Présidence et direction générale
Prix Femmes de mérite
Le Prix Femmes de mérite est un gala-bénéfice annuel organisé depuis 1994 par la Fondation Y des femmes de Montréal[11]. L'événement récompense des femmes dans plusieurs catégories, dont les affaires et l'entrepreneuriat, les arts et la culture, l'engagement social, la recherche et l'innovation, ainsi que le service public[28]. Un jury indépendant sélectionne les lauréates selon des critères d'inspiration, d'innovation et de contribution à la société[28].
Depuis sa création, plus de 335 personnes ont été honorées[29]. Parmi les lauréates figurent notamment la militante autochtone Michèle Audette[30], la directrice du Refuge des femmes autochtones de Montréal Nakuset (en)[31], la chancelière de l'Université de Montréal Louise Roy et la joueuse de hockey olympique Caroline Ouellette[32]. Les fonds recueillis lors de l'événement soutiennent les programmes et services du Y des femmes destinés aux femmes et aux filles en situation de vulnérabilité sociale et économique[11].