Yanick Lahens

écrivaine haïtienne From Wikipedia, the free encyclopedia

Yanick Lahens, née le à Port-au-Prince (Haïti), est une écrivaine haïtienne, récipiendaire du prix Femina 2014 pour son roman Bain de lune et du grand prix du roman de l'Académie française 2025 pour son roman Passagères de nuit. Elle est titulaire de la chaire « Mondes Francophones » au Collège de France et a prononcé sa leçon inaugurale intitulée « Urgence(s) d’écrire, rêve(s) d’habiter » le .

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Yanick Lahens
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Biographie

Jeunesse

Née en 1953[2], Yanick Lahens grandit à Port-au-Prince au sein d’une famille bourgeoise[3], élargie[4], cohabitant avec une arrière-grand-mère, ses grands-parents dont une grand-mère qu’elle considère comme la garante dans la maison d’une culture venue de la province[5] et un oncle maternel[4]. Son père a étudié le droit à Paris[4]. Sa mère, pianiste[6] et cordon-bleu[7] amateure, était dessinatrice avant d'ouvrir une boutique de pâtissier-traiteur[4] qui contribua à la revalorisation de la cuisine paysanne locale et lui donna ses lettres de noblesse dans les sphères bourgeoises haïtiennes. Un de ses arrière-grands-pères était général[8].

À l'école chez les Soeurs, elle y est sensibilisée à la discrimination dont sont victimes ses camarades issues de milieux défavorisés[4].

La transmission de la culture traditionnelle haïtienne est par ailleurs un élément central de son éducation familiale et ce à une époque où elle était décriée par les classes dominantes.

L’apprentissage de la danse haïtienne ancre grandement son sentiment d’appartenance à une culture traditionnelle qui imprégnera son œuvre par la suite[5]. C’est auprès de sa grand-mère qu’elle apprend à lire[5].

Elle grandit sous le régime dictatorial de Duvalier[9]. Sa famille héberge brièvement un dissident politique. Elle a alors 4 ans. Elle garde un souvenir marquant de toute cette période.

Paris

Yanick Lahens s’installe à Paris à l’âge de quinze ans[5]. Elle y termine des études secondaires[5], découvre que la littérature haïtienne ainsi que la révolution haïtienne, sont mal connus et peu évoqués[5], puis poursuit ses études supérieures de lettres à l’université Paris-Sorbonne[10]. En 1976, elle soutient son mémoire de maîtrise, « Lecture d’une œuvre de Fernand Hibbert : Les Thazar », dont elle publie une partie dans la revue haïtienne Conjonction[11].

Son expérience parisienne marque un tournant décisif dans son engagement culturel, social et politique. Elle y découvre que des pans entiers de l’Histoire de la France avec Haïti sont passés sous silence et qu’il n’y a aucune étude sur la Révolution haïtienne[5]. Sa surprise s’étend également au domaine universitaire des littératures francophones dont Haïti est alors la grande absente. C'est le point de départ d’un travail et d’un engagement mis au service d’une Histoire décentralisée. Elle souhaite « décoloniser le savoir »[12]. À la francophonie, elle oppose une conception plurielle des mondes francophones[12].

Engagement social et culturel en Haïti

Après ses années parisiennes d'études, elle revient s'installer en Haïti[2] où elle enseigne à l’École normale supérieure jusqu'en 1995[13],[1]. Dans le cadre de l’Institut pédagogique national, elle participe à l’élaboration de la réforme qui introduit le créole dans le système éducatif haïtien[14].

Elle contribue au lancement de la revue haïtienne Chemins critiques, puis y contribue régulièrement[10].

En 1996-1997, elle fait partie du cabinet du ministre de la culture haïtien, Raoul Peck[2],[15].

Très impliquée dans la vie associative d'Haïti, elle est cofondatrice de l'Association des écrivains haïtiens[2],[16] (depuis supprimée) qui lutte contre l’illettrisme en organisant des événements autour de la littérature dans les écoles haïtiennes.

En 2008, elle crée la fondation Action pour le changement qui permet notamment la construction de quatre bibliothèques et propose différents types de formations telles que des ateliers audiovisuels[14].

Elle collabore également avec la fondation Culture et Création qui fonde une bibliothèque à Saint-Louis-du-Nord[17].

Elle est présente lors du séisme de 2010[18],[19] et en témoigne, notamment dans son ouvrage Failles publié la même année.

Elle devient en 2019 titulaire de la chaire « Mondes Francophones » au Collège de France et prononce sa leçon inaugurale intitulée Littérature haïtienne. Urgence(s) d’écrire, rêve(s) d’habiter publiée par Fayard, le [20].

Elle publie mi-2025 un nouveau roman, Passagères de nuit. Elle y imagine la vie de deux de ses ascendantes, confrontées à la violence de la société coloniale[21]. Ce nouvel ouvrage reçoit le Grand prix du roman de l'Académie française 2025[22].

Œuvre littéraire

Les figures féminines tiennent une place majeure dans ses romans[5].

Toute sa production littéraire tend à dresser un portrait d’Haïti qu’elle saisit en y faisant dialoguer la grande Histoire et la petite histoire[12].

Son œuvre recèle une dimension socio-spatiale importante[5]. Haïti en est le point d’ancrage et la multitude d’espaces explorés dans ses romans et essais, recoupe les différentes strates sociales de la société haïtienne.

Les personnages étrangers dans sa littérature lui permettent également de caractériser les enjeux des relations Nord - Sud dont elle dit qu’Haïti est un centre et une matrice[23].

Publications

Romans

Essais

  • L'Exil : entre l'ancrage et la fuite, l'écrivain haïtien (essai), Port-au-Prince, éditions H. Deschamps 1990, (BNF 36963222), essai, 79 p.

Nouvelles et textes publiés dans des ouvrages collectifs

  • « Bain de lune ». Dans Amérique (récits et fictions courtes, no 2 de la série). Paris: Le Serpent à Plumes et Philippe Starck, 1998.
  • « La folie était venue avec la pluie ». Une enfance outremer (textes réunis par Leïla Sebbar). Paris: Seuil, 2001: 129-141.
  • « L’homme du sommeil ». Paradis Brisé, nouvelles des Caraïbes. Collection Étonnants Voyageurs. Paris: Hoëbeke, 2004: 133-144.
  • « Port-au-Prince la dévoreuse ». Une journée haïtienne, textes réunis par Thomas C. Spear. Montréal: Mémoire d’encrier / Paris: Présence africaine, 2007: 195-198; Montréal: CIDIHCA, 2020: 203-206.
  • « Qui est cet homme ? ». Haiti noir. Textes présentés par Edwidge Danticat. Paris: Asphalte, 2012: 247-253.
  • « Juste un lieu humain ». Bonjour Voisine, sous la direction de Marie Hélène Poitras. Montréal: Mémoire d’encrier, 2013: 85-86.
  • « La petite corruption ». Une enfance haïtienne. Textes recueillis par Guy Régis Jr. Paris: Gallimard: 2017: 53-66.
  • « Mon père, ce héros ». …des hommes et des ombres. Textes réunis et présentés par Dieulermesson Petit Frère. Port-au-Prince: Legs Édition, 2018: 67-73.
  • Tante Résia et les Dieux (nouvelle), Paris, éditions de L'Harmattan, coll. « Lettres des Caraïbes », 1994 (ISBN 2-7384-2578-X), 141 p. ; rééd. Legs Édition, coll. « Voix féminines », 2019, (ISBN 978-9-99708-645-7), 165 p.

Articles sélectionnés

  • « Manhattan Blues de Jean-Claude Charles, ou quand l’exil devient errance ». Conjonction 169 (avril-juin 1986): 9-12.
  • « Mythe et histoire dans Le Royaume de ce monde d’Alejo Carpentier ». Conjonction 169 (avril-juin 1986): 137-44.
  • « L’apport de quatre romancières au roman moderne haïtien ». The Journal of Haitian Studies 3/4 (1997-1998): 87-95.
  • « Afterword ». Caribbean Creolization; Reflections on the Cultural Dynamics of Language, Literature, and Identity. Kathleen M. Balutansky and Marie-Agnès Sourieau, eds. Gainesville: U. Press of Florida, 1998.
  • « Notes sur le marronnage ». Dérades 4 (1999).
  • « Littérature haïtienne ». Conjonction 206 (2001): 35-41.
  • « Tout ce malaise ». Notre Librairie 148 (juillet-septembre 2002): 125-127.
  • « Roumain ou la beauté, l’inalterable et l’obligatoire ». Mon Roumain à moi. Port-au-Prince: Presses nationales d’Haïti, 2007: 225-33.
  • « Faulkner, Chauvet : cas d’intertextualité ». Legs et Littérature 4 (juillet-décembre 2014): 65-82.

Récompenses et distinctions

Prix littéraires

Décorations

Notes et références

Voir aussi

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