Yasmine Belkaid
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(ar) ياسمين بلقايد
(ber) ⵢⴰⵙⵎⵉⵏ ⴱⴻⵍⵇⴰⵢⴻⴷ
| Directrice générale de l'Institut Pasteur |
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Institut Pasteur (depuis ) Université de Pennsylvanie (depuis ) Université de Cincinnati (- National Institute of Allergy and Infectious Diseases (depuis ) |
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| Distinctions | Liste détaillée Prix Emil von Behring () Lurie Prize in Biomedical Sciences (en) () Membre de l'AAAS () Chevalier de la Légion d'honneur () Membre étranger de la Royal Society () Docteure honoris causa de l'université de Liège () Membre de l'EMBO |
Yasmine Belkaid (berbère : ⵢⴰⵙⵎⵉⵏ ⴱⴻⵍⵇⴰⵢⴻⴷ (Yasmin Belqayed), arabe : ياسمين بلقايد), née en à Alger, est une immunologiste et chercheuse, spécialiste des relations entre les microbes et le système immunitaire. Elle possède les nationalités algérienne, française et américaine.
Elle dirige l'Institut Pasteur depuis le et pour un mandat de six ans. Elle dirigeait auparavant le Centre d’immunologie humaine des National Institutes of Health (NIH), ainsi que le programme Microbiome du National Institute of Allergy and Infectious Diseases, dont elle est la fondatrice.
Origine et études
Yasmine Belkaid naît en 1968 à Alger[1], où elle grandit. Elle est la fille d'une mère française[2] et du résistant anticolonialiste et ministre algérien Aboubakr Belkaid[1], assassiné en 1995 pendant la décennie noire[1],[3],[4].
En 1986, elle obtient le baccalauréat et, en 1993, un magistère en biochimie à l'université des sciences et de la technologie Houari-Boumédiène. Au cours de ses études, elle travaille à l'Institut Pasteur d'Algérie où elle est chargée d'améliorer les méthodes de diagnostic de la leishmaniose[5]. Le contexte de la décennie noire la contraint à quitter l'Algérie pour la France[6]. Elle passe alors un DEA à l'université Paris-Sud. En 1996, elle soutient sa thèse de doctorat à l'université Paris-Sud et à l'institut Pasteur sur les réponses immunitaires au parasite Leishmania[1],[7].
Carrière scientifique
Elle s'installe aux États-Unis pour poursuivre ses recherches postdoctorales au laboratoire des maladies parasitaires du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID). En 2002, elle rejoint la section d'immunologie moléculaire à l’hôpital pour enfants de Cincinnati. En 2005, elle retourne au NIAID en tant que chercheuse titulaire au laboratoire des maladies parasitaires. En 2008, elle devient professeure associée à l'université de Pennsylvanie[8],[9].
Elle mène ses recherches sur les interactions entre les microbes et leurs hôtes. Elle explore les réactions du système immunitaire face à la présence de microbes[10]. Au sein du NIAID, elle crée le département de l’immunité de l’hôte et du microbiome[11].
En , elle prend ses fonctions de directrice générale à l'Institut Pasteur pour un mandat de six ans[1],[6].
Recherches
Les recherches de Yasmine Belkaid visent à démêler les mécanismes qui sous-tendent les interactions hôte-microbe dans le tractus gastro-intestinal et sur la peau, qui constituent des barrières naturelles entre le fonctionnement interne de l'hôte et son environnement externe[12],[10]. Elles font progresser la compréhension de la manière dont les modifications du microbiote peuvent contribuer aux maladies, notamment des maladies inflammatoires chroniques comme la maladie de Crohn et le psoriasis[12],[13]. Ses recherches portent principalement sur les questions d'immunité et d'inflammation associée aux infections par des agents pathogènes nocifs[12],[14]. Il s'agit notamment de saisir comment le système immunitaire de l'hôte peut distinguer les bons et les mauvais microbes[15].
Des travaux de son équipe de 2012 sur les interactions entre la peau et le microbiote cutané indiquent que ce dernier est nécessaire à une réponse immunitaire optimale[16]. Ces recherches prennent de l'importance en posant la question générale du dialogue entre éléments de ce microbiote et défense immunitaire[17]. Son équipe montre ainsi que les réponses immunitaires liées à la présence de bactéries bénéfiques peut améliorer la cicatrisation des plaies cutanées chez la souris[18].
Prises de position
À trois jours du deuxième tour des élections législatives françaises de 2024, elle s'inquiète dans une tribune publiée par Le Monde, d'une possible arrivée au pouvoir du Rassemblement national et des conséquences pour l'avenir de la recherche scientifique en France, déclarant notamment que « pour la recherche scientifique, l’accession au pouvoir du RN représente une menace sans précédent »[19].
En mars 2026, dans le même quotidien, elle réitère ses interrogations en observant la politique vaccinale impulsée par l'administration Trump et son secrétaire à la santé, Robert Francis Kennedy Jr.[20].
Récompenses et distinctions
- 2013 : médaille d'or de l'Union internationale de biochimie et de biologie moléculaire[réf. souhaitée].
- 2016 :
- Prix Sanofi-Institut Pasteur[21],[22] ;
- Membre de la Société américaine de microbiologie[23].
- 2017 :
- Prix Emil von Behring[24] ;
- Membre de l'Académie nationale des sciences[25],[26].
- 2018 :
- Membre de l'Académie nationale de médecine[27].
- 2019 :
- Lurie Prize in Biomedical Sciences[28].
- 2020 :
- Membre de l'Académie américaine des arts et des sciences[29].
- 2021 :
- Prix Robert Koch[28].
- 2024 :
- 2025 :
- Membre de l'Académie des sciences (France).
- Membre de la Royal Society[32].
- Docteur honoris causa de l'université de Liège[33]