Yves Lequin
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Yves Jean Antoine Lequin |
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Enseignant du secondaire (à partir de ), professeur d'université (- |
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Yves Lequin est un historien français, né le à Mâcon et mort le à Lyon. Il a profondément renouvelé le domaine de l'histoire sociale en France.
Yves Lequin est né le à Mâcon (Saône-et-Loire)[1].
Élève de la khâgne du lycée du Parc à Lyon, avec Maurice Garden, Gilbert Garrier et Pierre Goujon[2], il est reçu à l'agrégation d'histoire en 1960.
Comme Gilbert Garrier, Maurice Garden et d'autres, Yves Lequin fait partie des élèves de Pierre Léon, qui les suit de près et les encourage pendant leur thèse, après les avoir préparés à l'agrégation. Il leur enseigne une histoire économique et sociale qui se rattache à l'école des Annales[3]. Comme le dit plaisamment Pierre Goubert, ils constituent « la bande à Léon »[4].
Yves Lequin enseigne quelque temps au lycée d'Annecy, puis travaille au Centre national de la recherche scientifique et achève sa thèse sur Les Ouvriers de la région lyonnaise (1848-1914)[5] en 1975. Elle est publiée aux Presses universitaires de Lyon en 1977[1].
Professeur à l'université Lyon-II en 1976, il dirige de nombreux travaux. Membre actif du comité éditorial de la revue Le Mouvement social, il est également directeur d'ouvrages importants comme Les Malheurs des temps, avec Jean Delumeau, et La Mosaïque France[1].
Il participe à plusieurs reprises à l'émission Apostrophes, est recruté à l’Institut universitaire de France, et crée en 1989 la Maison Rhône-Alpes des sciences de l’homme. Il préside le comité scientifique du Centre d'histoire de la résistance et de la déportation[1].
Disposant d'un pouvoir important à l'université, mais ayant l'esprit souvent subtil et caustique, il est touché à la fin de sa carrière pour avoir accordé avec des universitaires complaisants, un DEA négationniste : l'affaire Jean Plantin. En 1990, Jean Plantin, étudiant en histoire à Lyon III, soutient une maîtrise consacrée au pionnier du négationnisme, Paul Rassinier, sous la direction de Régis Ladous, qui lui décerne une mention Très Bien. L'année suivante, Lyon 2, lui délivre un DEA d'histoire contemporaine pour son travail sur « les épidémies de typhus exhanthématique dans les camps de concentration », dirigé par Yves Lequin. En , à la suite de la condamnation de Jean Plantin pour publicité d'ouvrages négationnistes dans sa revue Akribeia, une contre-enquête permit de montrer dans quelles conditions scandaleuses Jean Plantin a obtenu ces diplômes. Le président de Lyon 2, Bruno Gelas refuse de reconnaître les thèses révisionnistes du DEA, et de nier les dysfonctionnements. Depuis, Régis Ladous et Yves Lequin ont dû tous deux démissionner de leurs fonctions respectives de présidence des DEA d'histoire des religions à Lyon III et d'Histoire moderne et contemporaine à Lyon 2.