Yvonne Hirdman
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Sven Hirdman (en) |
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Anja Hirdman (d) |
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| Distinctions | Liste détaillée Prix Kellgren () Major History Award (d) () Prix Moa (d) () Prix August |
Yvonne Hirdman, née le à Stockholm est une historienne et écrivaine suédoise. Elle commence ses recherches en histoire du communisme avant de s'intéresser aux études de genre. Elle étudie l'histoire des femmes et les relations de dominations que les hommes exercent sur elles. A ce titre, elle est considérée comme la personne à l'origine de l’introduction des études de genre en Suède. Ses romans sont en écho autant à son histoire personnelle, familiale, qu'à ses travaux. Ses recherches et ses écrits sont récompensés de nombreux prix.
Yvonne Hirdman naît le 18 janvier 1943 à Stockholm dans une famille pauvre mais cultivée[1],[2]. Son frère est le diplomate Sven Hirdman (en). Élève médiocre (notamment en histoire), elle veut faire de la peinture, fait des études d'histoire de l'art qui deviennent des études d'histoire[3],[4]. Elle est mère jeune et obtient sa licence en 1968 avec deux enfants en bas âge[1],[5]. Elle soutient en 1974 sa thèse sur le parti communiste de Suède entre 1939 à 1945[5]. Yvonne Hirdman note alors combien les doctorantes sont humiliées durant les séminaires et relate elle-même dans ses mémoires plusieurs situations de harcèlement sexuel[1],[6]. Elle remarque aussi que les docteures n'arrivent pas à obtenir de poste, ou en obtiennent où elles sont surqualifiées, au contraire de leurs homologues masculins[5]. C'est ce constat qui va la pousser à s'intéresser à l'histoire des femmes[7]. Elle se bat durant sa carrière pour lutter contre ces discriminations[5],[8]. En 1970, elle participe à la fondation du Forum pour la recherche sur les femmes à l'université[1]. Dans les années 1980, elle obtient un poste à l'université après avoir lancé une procédure montrant que l'homme recruté était moins compétente qu'elle[1]. Elle obtient un poste de professeure d'histoire des femmes à l'Université de Gothenburg en 1988[5]. Rejetée par ses pairs masculins, elle démissionne en 1992 et obtient un poste à l'université de Stockholm[1].
Travaux
Yvonne Hirdman commence ses recherches sur l'histoire du communisme en Suède[9]. Elle s'intéresse ensuite à l'État providence et au concept de folkhem (vision d'une société inclusive et égalitaire)[10]. A cette occasion, elle met en lumière l'impact d'une volonté sociétale de l'État, par exemple sur la construction de l'image d'un nouveau type de femme[11]. Toutefois, elle est surtout connue pour son travail d'introduction des études de genres en Suède dès 1988[12]. Elle est à l'origine des concepts de système de genre et de contrat de genre pour décrire les conditions des femmes et leur subordination par les hommes au cours de l'histoire[13],[14],[1]. Elle documente l'histoire des femmes lors de l'après-guerre[5]. Elle étudie l'histoire des règles, du mariage et de l'accouchement en Suède[15].
A la fin de sa carrière, elle regrette dans des conférences la place prise par le féminisme queer et la place des personnes trans qui pour elle invisibilisent les femmes et leur corps[16],[17],[18]. Cette prise de position donne lieu à des critiques qui rappellent que c'est moins le corps qui est ici en jeu que le traitement vécu par les femmes, trans ou pas[19]. Elle reproche également la position de féministes sur l'existence de différences culturelles pour justifier les crimes d'honneur[20].
En écho à ses travaux scientifiques, elle commence à écrire sur les femmes[21]. Elle écrit sur le vécu communiste de sa mère dans Den röda grevinnan qui lui permet de retracer l'histoire de l'Europe durant le Seconde guerre mondiale[22]. L'ouvrage utilise notamment des documents historiques, comme des extraits de le presse ou de radio[23]. Il est récompensé par le prix d'August[5]. Quand on lui diagnostique un cancer du sein en 2017, elle écrit sur le sujet de vieillissement et des limites du corps dans un style décrit comme plein d'ironie et d'humour noir[24],[25],[26]. En 2018, elle est lauréate du prix Lars Salvius pour son travail de diffusion de la connaissance[27].
Distinctions
- 2005 – prix Kellgren[5]
- 2010 – Prix d'August[5]
- 2016 – Moa Award[28]