Zara (jeu)
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Le Zara est un jeu de hasard datant du Moyen Âge.
Ce jeu se joue avec trois dés : chaque joueur annonce à tour de rôle un nombre entre 3 et 18, puis lance les dés. Le gagnant est celui qui obtient le même nombre sur les trois dés ou au moins sur deux dés, et, dans la variante la plus courante en Italie, celui qui annonce à l’avance, à voix haute, le total des points qu’il obtiendra avec les trois dés [1].
Chaque nombre a une probabilité d'apparition différente : par exemple, pour obtenir un 3 avec trois dés, il n'y a qu'une seule combinaison possible (1+1+1= 3), tandis que pour obtenir un 10, il en existe plusieurs :
- 1+3+6 =10,
- 1+4+5=10,
- 2+2+6=10,
- 2+3+5=10,
- 2+4+4=10,
- 3+3+4=10).
Les probabilités pour chaque nombre sont les suivantes :
| N | prob. | % | N | prob. | % |
| 3 | 1/216 | 0,46% | 11 | 27/216 | 12,50% |
| 4 | 3/216 | 1,39% | 12 | 25/216 | 11,57% |
| 5 | 6/216 | 2,78% | 13 | 21/216 | 9,72% |
| 6 | 10/216 | 4,63% | 14 | 15/216 | 6,94% |
| 7 | 15/216 | 6,94% | 15 | 10/216 | 4,63% |
| 8 | 21/216 | 9,72% | 16 | 6/216 | 2,78% |
| 9 | 25/216 | 11,57% | 17 | 3/216 | 1,39% |
| 10 | 27/216 | 12,50% | 18 | 1/216 | 0,46% |
La stratégie de jeu conférant au joueur les meilleures chances de gagner consiste donc toujours à annoncer 10 ou 11.
En littérature
Zara est mentionnée par Dante dans la Divine Comédie :
« Quando si parte il gioco de la zara,
colui che perde si riman dolente,
repetendo le volte, e tristo impara;
con l'altro se ne va tutta la gente;
qual va dinanzi, e qual di dietro il prende,
e qual dallato li si reca a mente;
el non s'arresta, e questo e quello intende;
a cui porge la man, più non fa pressa;
e così da la calca si difende. »
« Quand on quitte le jeu de la Zara,
celui qui perd demeure chagrin,
répétant les coups, et triste il se les apprend.
Avec l’autre tous s’en vont,
l’un par devant, l’autre par derrière le tire,
et celui d’à côté se rappelle à son attention ;
et point il ne s’arrête, et les uns et les autres il entend ;
et celui à qui il tend la main plus ne fait presse
et ainsi de la foule il se défend »
Le roman Capitaine Tempesta d'Emilio Salgari commence par une partie de Zara.
Le jeu est également mentionné par Ludovico Ariosto dans la première satire, au vers 120 :
« Ma tosto che n'hai, pensa che la cara
tua libertà non meno abbi perduta
che se giocata te l'avessi a zara »
Zara est mentionnée dans l'acte I de l'opéra La Gioconda d'Amilcare Ponchielli.
Il est également mentionné dans le Libro de los juegos d'Alphonse X de Castille.
Elle est mentionnée au chapitre 6 de L'Énigme de l'abbé noir de Marcello Simoni.
