Zelia Nuttall

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Zelia Nuttall
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Zelia Maria Magdalena Nuttall (, San Francisco, Coyoacan, Mexico) fut une spécialiste américaine des cultures mexicaines préaztèques et des manuscrits précolombiens, dont elle identifia deux exemplaires oubliés dans des collections. L’un d’entre eux, le Codex Zouche-Nuttall, porte son nom. Exemple typique des pionniers de l’américanisme aux activités éclectiques, elle s’intéressa également à l’histoire coloniale, aux plantes traditionnelles mexicaines, ainsi qu’à la revitalisation de la culture précolombienne.

Elle fut membre de plusieurs institutions académiques, dont le Peabody Museum de Harvard et le Musée national d’anthropologie de Mexico. Disposant de ressources financières personnelles sans être fortunée, elle exerça la plupart de ses activités sans rémunération et dans le cadre de fonctions honoraires. Elle eut néanmoins quelques mécènes, dont Phœbe Hearst, mère de William Hearst, fondatrice du Phoebe A. Hearst Museum of Anthropology de Berkeley auquel Z. Nuttall donna de nombreuses pièces[2].

Elle fut durant quelques années mariée avec l’explorateur français Alphonse Pinart avec qui elle eut une fille. D.H Lawrence s’est inspiré d’elle pour le personnage de Mrs. Norris de son roman Le Serpent à plumes[3].

Elle était la deuxième des six enfants[4] de Robert Kennedy Nuttall, médecin anglo-irlandais, et de Magdalena Parrot, fille d’un grand propriétaire et banquier de San Francisco. L’un de ses frères est le biologiste George Nuttall. Sa mère, d’origine partiellement mexicaine[5],[6], lui fait cadeau jeune d’un livre sur les antiquités précolombiennes qui la marque. De 1865 à 1876, elle voyage avec sa famille entre l’Angleterre, la France et l’Allemagne, et reçoit une éducation cosmopolite et multilingue. De retour aux États-Unis, elle épouse en 1880 Alphonse Pinart avec qui elle voyage aux Antilles, en France et en Espagne. Une fille, Nadine, nait en 1882, mais le couple se sépare dès 1884. Zelia et sa fille (re)prennent le nom de Nuttall. Le divorce sera finalisé en 1888.

En 1884-1885, elle se rend au Mexique avec le reste de sa famille et débute officiellement sa carrière d’américaniste. Elle travaille au Musée national et publie son premier article en 1886. Cette même année, elle devient assistante honoraire d’archéologie mexicaine au Peabody Museum de Harvard et, vers la même période, professeur honoraire d'archéologie du Musée national. En 1891, elle contribuera au premier volume de la publication du musée par un article sur une coiffe de plumes du Museum d’Histoire naturelle de Vienne qui vient d'ouvrir ses portes. Frederic Putnam, conservateur du Peabody de 1875 à 1909, et Franz Boas voient en elle une excellente médiatrice entre les milieux américanistes de différents pays du fait de son éducation et de ses relations cosmopolites. Son origine familiale en fait en particulier une interlocutrice idéale pour les relations avec le Mexique. Elle jouera un rôle important dans la création de l’institution de coopération internationale Escuela Internacional de Arqueologia y Etnologia Americanas[3].

De 1886 à 1899, elle suit sa famille en Europe et réside principalement à Dresde. En 1902, tandis que sa mère rejoint son frère George en Angleterre, elle s’installe à Mexico dans une maison du XVIIIe siècle nommée Qinta Rosalia. La tradition la prétend construite sur un terrain ayant jadis appartenu au conquistador Pedro de Alvarado, aussi la renomme-t-elle Casa de Alvarado[7] Elle restera jusqu’à sa mort sa résidence principale. Dans sa correspondance, elle exprime souvent qu’il est important pour elle d’avoir une maison où elle se sente bien pour pouvoir écrire. Elle fait de la Casa de Alvarado un lieu agréable que visiteront de nombreux américanistes étrangers, et une sorte de salon où se réuniront scientifiques et intellectuels[3]. La présence d’un grand terrain lui permet de se consacrer à sa deuxième passion, le jardinage. Elle étudie l’art mexicain des jardins, les herbes médicinales, et entreprend une collecte de graines locales inconnues aux États-Unis, qu’elle compte y introduire. Elle participe à l’introduction de la culture du taro dans l’État d’Orizaba.

Elle est parmi les premières personnes à identifier à partir de 1902 les artéfacts datant de la période préaztèque[8].

Zelia Nuttall avait pu observer de nombreux artéfacts archéologiques dans des musées et visité plusieurs sites, mais c’est en 1910 qu’elle effectue avec l’accord des autorités mexicaines ses premières fouilles importantes sur l’île des Sacrifices. Ayant proposé d’y voir une des localisations possibles d’Aztlan, elle est violemment combattue par Leopoldo Batres, éminent archéologue et ancien inspecteur des vestiges. Il s’oppose à ses vues pour des raisons relevant plus du conflit d’autorité que de la science, et la dispute s’étale dans la presse. Zelia Nuttall renonce en signe de protestation à son titre de professeur honoraire du Musée national, et abandonne définitivement les fouilles, à l’exception de celles qu’elle effectuera sur son propre domaine de la Casa de Alvarado. En effet, comme l’ensemble de la ville de Mexico, elle repose sur un sous-sol archéologiquement productif.

Durant ses dernières années, elle se passionne pour le thème du culte du soleil, qu’elle pense partagé par toutes les cultures précolombiennes. Elle voit dans de nombreuses constructions des gnomons. Elle s’efforce même, pour favoriser la naissance d'un sentiment d’unité culturelle dans l'« Amérique tropicale », de promouvoir au Mexique et au Pérou la résurrection d'un « Nouvel An précolombien » fêté en mai par des jeux d’enfants autour d’un gnomon planté dans les cours ou les places.

Publications

Postes, institutions et récompenses

Références et notes

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