Zuani

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Situation

Vue du village.

Zuani est une commune de la façade orientale de la Corse, sans littoral, au cœur de l'ancienne piève de Serra, faisant partie de la Costa Serena microrégion regroupant 27 communes. Adhèrente au parc naturel régional de Corse, Zuani y est située dans le « territoire de vie » de la Castagniccia.

Communes limitrophes

Géologie et relief

Zuani occupe une partie méridionale du massif du Monte San Petrone, dans la « Corse orientale Alpine », composée de terrains divers, issus d’un océan disparu appelé liguro-piémontais (océan Thétys dont l’âge est compris entre -170 à -60 Ma) et de ses marges continentales. Son sol est fait de schistes métamorphiques (ou schistes lustrés) et d'ophiolites d’âge Jurassique et Crétacé[1].

Située au sud de la punta di Caldane (1 724 m d'altitude) sur la dorsale du massif, la commune occupe le bassin versant du ruisseau des Moulins[2], une cuvette d'une superficie de 5,16 km2, ouverte au sud et cernée d'une ligne de crête partant au sud-ouest de la Punta Perrigine (754 m), Castillo (899 m), allant jusqu'à San Comizio (1 013 m) point le plus haut à l'extrême nord de la commune. De là, la ligne de crête redescend sur la Pointe de Tuberca (897 m) à l'est du village via le col de Foata (834 m), avant d'atteindre au sud-est les limites d'Ampriani, au nord de l'ancien couvent Saint-François. Ses limites méridionales sont formées partie par le ruisseau des Moulins, partie par le ruisseau de l'Alzelli son affluent, enfin partie par une ligne reliant la Punta Perrigine au ruisseau des Moulins, à sa confluence avec le ruisseau de Corsiglièse.

Hydrologie

Le vallon rassemble un réseau dense de petits cours d'eau qui alimentent le ruisseau des Moulins ou ruisseau de Vondia[2], avant de voir leurs eaux aller grossir le ruisseau de Corsigliese[3] affluent du Tavignano.

Climat et végétation

Se trouvant au sud de la façade orientale de la Castagniccia, riche en cours d'eau, la commune est une région très verte et très boisée, qui contraste avec la façade occidentale de la Castagniccia plus pauvre et plus aride. Sa position méridionale lui confère néanmoins un climat moins humide que celui régnant sur le versant oriental de la chaîne du San Petrone. La couverture forestière de ce secteur est moins homogène et est morcelée en différentes unités. Maquis, chataîgniers et oliviers sont les principales composantes de la couverture végétale de son territoire.

Voies de communication et transports

Accès routiers

Zuani se trouve à mi-chemin entre le Cortenais et la plaine orientale. La commune est traversée au nord par la route D 16 qui relie les villages voisins d'Erbajolo et de Pianello. Du col de la Foata (834 m) démarre la sinueuse route D 116 qui mène au village de Zuani avant de poursuivre sur Ampriani, Tallone et rejoindre la D 16 au lieu-dit Pianiccia.

Transports

Il n'existe aucun service de transports de voyageurs en autocars sur la commune.

Zuani se trouve à 30 km de la gare de Corte et à 87 km du port de commerce de Bastia. L'aéroport le plus proche est celui de aéroport de Bastia Poretta, distant de 70 km.

Urbanisme

Typologie

Au , Zuani est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[4]. Elle est située hors unité urbaine[5]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Corte, dont elle est une commune de la couronne[Note 1],[5]. Cette aire, qui regroupe 34 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[6],[7].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (91,1 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (100 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (78 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (13,1 %), zones urbanisées (9 %)[8]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom corse de la commune est Zuani /ˈd͡zuani/.

Histoire

Moyen Âge

Temps modernes

Au début du XVIe siècle, Zuani se situait dans la piève de Serra, qui confinait avec les pièves d’Opino, de Bozio, de Rogna, d’Alesani, de Verde et de Matra.

« Serra et Matra sont comptées comme une seule pour la perception des impôts, mais comme deux pour ce qui regarde la juridiction ecclésiastique. Elles forment ensemble un total de six cents feux. Sans parler du reste du pays, qui est très fertile, elles possèdent toutes deux de magnifiques terrains dans la plaine appelée communément plaine. »

 Mgr Giustiniani in Dialogo nominato Corsica, traduction de l’abbé Letteron in Histoire de la Corse – Description de la Corse – Tome I p. 36

La Serra faisait partie des dix-neuf pièves (Giovellina, Campoloro, Verde, Opino, la Serra, Bozio, Alesani, Orezza, Vallirustie, Talcini, Venaco, Rogna, la Cursa, Covasina, Castello, Aregno, Matra, Niolo et Carbini dans le Delà des Monts) qui composaient l'évêché d'Aléria, au revenu de deux mille ducats[9].

La Serra s'étendait jusqu'à la mer et contenait huit villages parmi lesquels Zuani qui ne manquait pas d'importance, et possédait un couvent de Frères Mineurs.

Vers 1520, les lieux habités de la pieve portaient alors les noms de Cuiani ou Zuani, Alpriano et la Valle di Sagano[10].

Le site a été le lieu de combats entre Corses et Génois. Les commissaires qui devaient opérer dans le « Deçà des Monts » sont partis de Bastia an mois de mars, emmenant avec eux un grand nombre de Corses de distinction. La troupe a passé pas plus d'une nuit à Zuani.

« Les Corses, informés de l'approche des Génois, marchèrent résolument au-devant d'eux et les rencontrèrent au-dessus de Zuani dans une prairie appelée le Campo alla vecchia. On en vint aux mains, et, après un combat long et sanglant, les Corses durent céder à des forces supérieures et furent battus. Lanfranco de Matra fut blessé si grièvement, qu'il mourut dans la déroute ; les autres se sauvèrent dans ces montagnes abruptes, qui d'un côté, qui de l'autre. Après avoir vaincu et chassé les Corses, les Génois voulurent faire un exemple en dévastant leurs habitations ; ils brûlèrent entièrement les villages de Matra, d'Ortale et de Chiatra, puis passant en Casinca, ils brûlèrent à Venzolasca quelques maisons pour punir certains délits particuliers ; à la Casabianca, les maisons de Giudice et des autres fils de Pietro furent également livrées aux flammes. »

 Pier' Antonio Monteggiani in Chronique, traduction de l’abbé Letteron in Histoire de la Corse –Tome I p. 396

En 1515 mourut Giovan Paolo di Leca. Pendant les quarante-deux années qui suivirent, la Corse n'eut plus à souffrir d'aucun soulèvement provoqué par des seigneurs.Mais un grand nombre de vieilles inimitiés divisaient toujours les particuliers sur différents points, causant des meurtres. « C'est ainsi que quelques années auparavant, à la suite d'une inimitié qui divisait les familles de Matra, de Zuani et de la Pancaraccia, celles de Zuani et de Matra avaient eu huit de leurs principaux membres tués cruellement d'un seul coup dans les murs d'Aléria »[11].

Monteggiani rapporte aussi un bel exploit réalisé en ces temps là par des Corses contre les Turcs sur la plage d'Aléria : « Les Turcs abordèrent un jour de ce côté avec sept fustes pour enlever, suivant leur usage, des hommes et des bestiaux. Les gens de Matra et de Zuani étaient alors occupés à leurs travaux ; bien qu'ils fussent ennemis les uns des autres et beaucoup moins nombreux que les Turcs, ils jurèrent de combattre loyalement ensemble l'ennemi commun ; puis montant à cheval, ils attaquèrent vigoureusement les Turcs. Ils les défirent, leur tuèrent trente-deux hommes, sans perte notable pour eux-mêmes, et poursuivirent les autres jusqu'au bord de la mer »[12].

  • 1540 - Sous le gouvernement de Francesco Lucciardo, les Capucins vinrent pour la première fois dans l'île. Les Récollets bâtirent cette même année un monastère à Zuani.
  • 1566 - Les Génois brûlent de très nombreux villages, (cent vingt-trois au total) parmi lesquels Erbajolo et la piève de la Serra[13].
  • 1763 - En avril, Aleriu Francescu Matra[Note 2] s'introduit dans la pieve de Serra. Il occupe Zalana, Ampriani, Tallone et le couvent de Zuani. Aussitôt les Nationaux se mettent en marche et encerclent les troupes de Matra. Quelques jours après, délogé de Zalana, Matra se retire à Aléria d'où il passera à Bastia avec ses troupes.
  • 1768 - , après la cession de la Corse à la France par les Génois, l'île passe sous administration militaire française. Les circonscriptions administratives territoriales sont révisées. La piève de Serra devient le canton de Moïta.
  • 1789 - La Corse appartient au royaume de France. la pieve de la Serra se trouve dans la juridiction royale de Bastia.
  • 1790 - , par décret la Corse est partagée en neuf districts (ex-juridictions) : Bastia, Oletta, A Porta, Cervioni, Corti, l'Isula Rossa, Aiacciu, Tallà et Vicu. Le district est partagé en cantons (ex-pievi), le canton en communes.
  • 1790 - , l'île ne forme provisoirement qu'un seul département, celui de Corse.
  • 1793 - La commune s'appelait Zuani. Elle faisait partie du canton de Serra, dans le district de Corte, dans le département du Golo (l'actuelle Haute-Corse).
  • 1811 - les deux départements de l'île sont réunifiés pour devenir le département de Corse.
  • 1824 - Zuani cède des terrains à Moïta, Pianello et Aléria.
  • 1828, le canton de Serra prend le nom de canton de Moïta[14].

Époque contemporaine

En 1954, le canton de Moïta est composé avec les communes de Aléria, Ampriani, Matra, Moïta, Pianello, Tallone, Zalana et Zuani.

Entre 1971 et 1973, de nouveaux cantons sont créés dont celui de Moïta-Verde, avec la fusion imposée des anciens cantons de Pietra-di-Verde et Moïta.

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Le résultat de l'élection présidentielle de 2012 dans cette commune est le suivant[15] :

Candidat Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Eva Joly (EÉLV)11,69
Marine Le Pen (FN)610,17
Nicolas Sarkozy (UMP)3355,93 4369,35
Jean-Luc Mélenchon (FG)00,00
Philippe Poutou (NPA)00,00
Nathalie Arthaud (LO)00,00
Jacques Cheminade (SP)00,00
François Bayrou (MoDem)11,69
Nicolas Dupont-Aignan (DLR)11,69
François Hollande (PS)1728,81 1930,65
Inscrits 75 100,00 75 100,00
Abstentions 15 20,00 12 16,00
Votants 60 80,00 63 84,00
Blancs et nuls 1 1,67 1 1,59
Exprimés 59 98,33 62 98,41

Le résultat de l'élection présidentielle de 2017 dans cette commune est le suivant[16] :

Candidat Premier tour Deuxième tour
% Voix % Voix
Nicolas Dupont-Aignan (DLF)0,000
Marine Le Pen (FN)12,50638,7112
Emmanuel Macron (EM)18,75961,2919
Benoît Hamon (PS)2,081
Nathalie Arthaud (LO)0,000
Philippe Poutou (NPA)4,172
Jacques Cheminade (SP)0,000
Jean Lassalle (RES)0,000
Jean-Luc Mélenchon (LFI)6,253
François Asselineau (UPR)0,000
François Fillon (LR)56,2527
Inscrits 67 100,00 67 100,00
Abstentions 18 26,87 28 41,79
Votants 49 73,13 39 58,21
Blancs 1 2,04 4 10,26
Nuls 0 0,00 4 10,26
Exprimés 48 97,96 31 79,49

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
vers 1897 ? Ange Moriani    
1983 En cours Paul Giuganti UMP-LR Retraité Fonction publique

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[17]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[18].

En 2023, la commune comptait 37 habitants[Note 3], en évolution de +23,33 % par rapport à 2017 (Haute-Corse : +5,34 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
276309217294343352357352341
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
346368336346323407410503530
1906 1911 1921 1926 2005 2006 2010 2015 2020
5295405075075251352836
2023 - - - - - - - -
37--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

En 1954 Zuani comptait 120 habitants[10].

Enseignement

Il n'y a aucun établissement d'enseignement à Zuani. L'école primaire publique la plus proche se trouve à Erbajolo, village distant de 13 km. Les collège et lycée Pascal-Paoli de Corte sont les plus proches, à 30 km. Le collège Pescetti-Philippe de Cervione est quant à lui distant de 38 km.

Santé

Les médecins les plus proches ont leur cabinet à Corte (30 km). Les plus proches hôpitaux sont :

  • le Centre hospitalier intercommunal Corte-Tattone à 30 km ;
  • le Centre hospitalier de Bastia à 87 km.

Manifestations culturelles et festivités

  • Saint-Roch (San Roccu) le .

Culte

Il n'y a qu'un seul lieu de culte à Zuani : l'église paroissiale de L'Annunziata, catholique, qui relève du diocèse d'Ajaccio.

Économie

Culture locale et patrimoine

Pour approfondir

Notes et références

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