Zélé (1764)
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| Zélé | |
| Type | Navire de ligne |
|---|---|
| Histoire | |
| A servi dans | |
| Lancement | 1764 |
| Statut | Désarmé et détruit en 1806 |
| Équipage | |
| Équipage | 740 hommes[1] |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 55,4 m |
| Maître-bau | 14,1 m |
| Tirant d'eau | 6,7 m |
| Propulsion | Voile |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | 74 canons |
| Pavillon | France |
| modifier |
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Le Zélé est un navire de guerre français , en service de 1764 à 1806. C'est un navire de ligne de 74 canons de la Marine royale française.
La guerre de Sept Ans (1756-1763), opposant notamment la France à la Grande-Bretagne, se solde par une série de défaites navales pour la Marine royale. Les batailles de Lagos et des Cardinaux, en 1759, constituent de véritables désastres qui affaiblissent durablement la flotte française. Durant cette guerre, dix-huit vaisseaux et trente-sept frégates sont pris par l'ennemi, dix-neuf vaisseaux et dix-neuf frégates sont brûlés ou perdus par naufrage, soit quatre-vingt-treize bâtiments portant 3 880 canons[2]. Le pays, financièrement exsangue, se trouve alors dans l’incapacité d’en assurer rapidement la reconstruction.
Face à cette situation critique, le duc de Choiseul, nommé Secrétaire d’État à la Marine en 1761, entreprend une ambitieuse réforme de la Marine royale. Conscient de l’importance stratégique de renforcer la flotte afin de protéger les colonies et les routes commerciales dans la rivalité avec l’Angleterre, il met en place une initiative novatrice : le « don des vaisseaux ». Cet appel au patriotisme mobilise les provinces, les grandes villes et les corps constitués, qui financent la construction de nouveaux navires pour soutenir l’effort de reconstruction maritime[3].
C’est dans ce contexte que le Zélé est construit, grâce au financement du Régisseur général des finances[4].
Caractéristiques générales
Le Zélé est un vaisseau de ligne de 74 canons, mis en service à l’arsenal de Toulon en 1764. [4] Il s’inscrit dans la lignée des « 74 canons » conçus selon les principes en vigueur depuis les années 1740, cherchant un compromis judicieux entre coût, manœuvrabilité et puissance de feu.
Son armement est celui classique d’un 74 canons[5]:
- 28 canons de 36 livres sur le pont principal (batterie basse) ;
- 30 canons de 24 livres sur la batterie supérieure ;
- 16 canons de 8 livres sur les gaillards.
Carrière
Première campagne de la guerre d’indépendance américaine sous les ordres de d’Estaing (1778-1779)
En avril 1778, le Zélé, commandé par le comte de Barras, appareille de Toulon au sein de l’escadre française dirigée par Charles Henri d’Estaing, en direction des Antilles et des côtes américaines.[6] Il participe à la campagne d’avril 1778 à octobre 1779, prenant part aux actions suivantes :
- bataille de Rhode Island (29 août 1778) ;
- bataille de Sainte-Lucie (15 décembre 1778) ;
- bataille de la Grenade (6 juillet 1779), sous le commandement de Bruyères-Chalabre (échange temporaire de commandement avec le comte de Barras)[7] ;
- siège de Savannah (octobre 1779).
Sur ordre du roi, l’escadre de Charles Henri d’Estaing reçoit l’ordre de regagner la France, le Zélé rejoint Toulon.[8]
Missions d’escorte franco-espagnole dans l’Atlantique
De retour en France en avril 1780, le navire, dont le commandement est confié à Pierre André de Suffren, est affecté à des missions d’escorte dans l’Atlantique, en compagnie du Marseillois. En août, le bâtiment rejoint l’escadre franco-espagnole rassemblée à Cadix et particpe à la deuxième bataille du cap Saint-Vincent (9 août 1780).[9]
Deuxième campagne de la guerre d’indépendance américaine sous les ordres de de Grasse
En mars 1781, sous le commandement du capitaine de vaisseau Charles-René de Gras-Préville, le Zélé intègre la flotte de l’amiral de Grasse, qui quitte la France pour les Antilles à la tête de vingt vaisseaux et trois frégates. Le Zélé fait alors partie de l’escadre blanche, commandée directement par l’amiral de Grasse[10].
Lors de cette campagne, il participe aux engagements suivants :
- bataille de Fort-Royal (29 avril 1781) ;
- prise de Tobago (mai 1781) ;
- bataille de la baie de Chesapeake (5 septembre 1781). Durant cette bataille décisive, le Zélé, sorti de la baie en antépénultième position, prend place dans l’escadre bleue (arrière-garde) commandée par le comte de Monteil et compte à son bord les jeunes officiers Luc-Julien-Joseph Casabianca et François-Paul de Brueys d’Aigaïlliers[11] ;
- bataille de Saint-Christophe (25 et 26 janvier 1782) ;
- bataille des Saintes (9 au 12 avril 1782) : dans la nuit du 11 au 12, le Zélé entre en collision avec le Ville de Paris, vaisseau amiral de la flotte française. Cet incident contribue à la désorganisation de la flotte française et à la défaite face à la Royal Navy[12],[13].
Les guerres révolutionnaires
En 1795, le Zélé prend part à la bataille navale de Groix (), sous le commandement du capitaine de vaisseau Jean-Charles François Aved-Magnac. À la suite de la bataille, celui-ci fut traduit devant un conseil de guerre pour sa conduite au combat, dans le cadre des affaires du 29 prairial et du 5 messidor an III[14].
Le Zélé est démantelé en mai 1806[4].