« A » de Charlemagne
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| Commanditaire | |
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Reliquaire |
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Le « A » de Charlemagne est un des vingt-quatre reliquaires que Charlemagne aurait fait fabriquer pour les abbayes qu'il a fondées dans son empire. Ayant la forme d'une lettre de l'alphabet, le A désigne l'abbaye de Sainte-Foy de Conques comme « le premier de ces monastères ». Ce reliquaire du XIIe siècle[1] est composé d'un triangle ajouré en or et argent avec des pierres précieuses sur les montants. La base, plus solide, sert davantage à soutenir l'objet et est moins décorée. L'œuvre qui contiendrait les reliques de saints et le titulus de la Vraie Croix, a acquis une grande importance au fil du temps, car l'intérêt des pèlerins dans l'église abbatiale s'est également porté sur ce reliquaire en plus des reliques de sainte Foy. L'église, du fait de ces dernières, était une des grandes destinations des pèlerinages médiévaux.

Le « A » de Charlemagne est un triangle ajouré en bois plaqué d'argent doré. Au sommet du triangle se trouve une partie circulaire orné d'un morceau de cristal de roche poli sur le côté frontal. Sous celui-ci se trouvent deux anges réalisés en métal repoussé. Les deux anges portent des encensoirs et regardent vers le haut, vers la pierre précieuse, et l'un d'eux tient un objet perçu comme étant une lampe. Le revers du cristal de roche est orné d'une intaille antique figurant une victoire ailée en train d'écrire sur un bouclier et d'émaux colorés[2]. Au début des années 1950, Jean Taralon démonta la pièce pour la nettoyer et fit de nombreuses découvertes sur l'histoire de l'œuvre. Il a été déterminé que le bois était du noyer, mais que différentes parties du « A » dataient de périodes distinctes[3].
Le contraste entre l'architecture de la base et les montants latéraux est évident. À l’exception des anges, la base sert davantage de socle et est moins richement ornée. Cette partie est couverte par des plaques de métal doré orné d'entrelacs végétaux ou d'inscriptions et sont le fruit probable d'un remploi de décors provenant de divers objets d'orfèvrerie datés de la fin du VIIIe au début du XIIIe siècle[2]. Les bras ainsi que le sommet sont plus ornées et affichent la préciosité du cadeau de Charlemagne, marquant par là son pouvoir. Les reliquaires sont avant tout destinés à abriter des reliques physiques, mais le « A » est unique du fait que son importance symbolique est plus étroitement liée à la figure de Charlemagne, qu'il soit son donateur réel ou fantasmé[4].