L’empathie est généralement définie comme « Se mettre dans la position de l’autre ». « L’autre » se réfère habituellement à une autre personne. Cependant, l’empathie n’est pas exclusive à une interaction humaine. Plusieurs types d’empathie existent dépendamment de qui est cet « autre ».
L’empathie entre deux humains peut varier grandement. En plus des troubles psychologiques, certaines pressions sociales ou préjugés peuvent influencer l’empathie ressentie.
Le racisme est défini comme avoir une attitude différente envers des gens perçus comme inférieurs. Il se distingue par un manque d’empathie envers une personne ayant une couleur de peau différente ou ayant une nationalité différente, ou au contraire, un niveau plus élevé d’empathie pour les gens de même couleur de peau ou nationalité.
Le sexisme peut aussi être défini comme une difficulté d’éprouver de l’empathie pour les personnes du sexe opposé.
L’empathie peut être ressentie envers un être qui n’est pas humain, comme un chien, par exemple. Les animaux ont parfois des comportements similaires à ceux des humains, ce qui rend l’empathie plus facile. Certaines personnes pourraient d’ailleurs ressentir plus d’empathie pour leur animal domestique que pour une autre personne.
Une expérience de pensée similaire[5] au dilemme du tramway fut proposée avec un chien au lieu d’une personne sur une des voies. Sous certaines conditions, 40 % des gens préfèreraient sauver le chien.
Les gens ont généralement plus tendance à dépenser plus pour leur animal domestique en matière de soins ou produits de luxe que pour un autre membre de la famille[6].
Plusieurs expériences ont démontré que les humains pouvaient ressentir de l’empathie pour des objets inanimés. Une expérience consistant au maltraitement d’un robot provoquait une réaction empathique chez certaines personnes[7]. Généralement, plus l’objet ressemblait à un être humain, plus les réactions étaient vives. Il se passe alors un phénomène que les psychologues appellent « la pensée animistique » qui consiste à attribuer des émotions humaines à des objets. Ce phénomène, généralement perçu chez les enfants, peut se manifester comme ceci :
- « Ma poupée a encore faim ».
Chez les adultes, l’empathie pour des objets inanimés peut se manifester par une attraction amoureuse pour un objet particulier. Dans ces situations, ces gens iront jusqu’à se marier avec le dit objet. Ces objets peuvent prendre plusieurs formes : oreiller, poupée, pizza…[8],[9]
L’empathie envers les personnages fictifs, aussi appelé attachement affectif, est lorsqu’une personne ressent les émotions que ressentiraient un personnage appartenant à une œuvre de fiction, comme un roman ou un jeu vidéo.
Ce type d’empathie va à l’encontre de l’évolution puisqu'il ne confère aucun avantage évolutif ; aucun membre de notre espèce n’est protégé par l’empathie qu’éprouve une personne pour un personnage fictif. Le personnage fictif, décrit au fur et à mesure dans son œuvre respective, permet à la personne de comprendre toutes les pensées que vivrait le personnage. Le personnage n’aurait donc aucun secret envers la personne. De plus, la personne qui découvre ce personnage fictif lui attribue aussi ses désirs pour ce personnage. Ce-dernier deviendrait en quelque sorte une réflexion de la personne.
Cependant, ce type d’empathie pourrait permettre à un individu de mieux servir dans sa société. Selon le psychanalyste Bruno Bettelheim, les contes de fée permettraient aux enfants de s’identifier aux héros et de résoudre leurs propres conflits à la manière de ces héros. Ces contes permettraient, non pas de s’échapper de la réalité, mais de rationaliser ses sentiments contradictoires[10].
Bien au-delà de l’empathie envers les personnages fictifs, l’empathie envers les concepts concerne les choses qui n’ont aucune humanité en soi. Par exemple, les algorithmes. Selon le PETRL (People for the ethical treatment of reinforced learners), les algorithmes imprimés sur le silicium (ordinateur) méritent le même traitement éthique que les algorithmes imprimés sur le carbone (les êtres humains). Selon eux, même si la souffrance que ressentirait ces algorithmes peut sembler totalement étrangère aux humains, leurs souffrances restent tout de même réelles et doivent être prises en considération dans les débats éthiques. Encore selon eux, bien que ce type de débats ne soit pas encore d’actualité, dans le futur, où les intelligences artificielles seront plus avancées, le poids moral des algorithmes deviendra plus important[11].