Bruno Bettelheim

From Wikipedia, the free encyclopedia

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
Silver SpringVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Skylawn Memorial Park (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Bruno Bettelheim
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
Silver SpringVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Skylawn Memorial Park (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Fratrie
Margarete Bettelheim-Roederer (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Université de Chicago (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Parti politique
Membre de
Directeurs de thèse
Lieux de détention
Distinctions
Liste détaillée
Œuvres principales

Bruno Bettelheim, né le à Vienne et mort le à Silver Spring (Maryland), est un pédagogue et psychothérapeute américain d'origine autrichienne.

Il s'est rendu célèbre par la publication de livres où il explique les théories pédagogiques et psychothérapiques, mises en œuvre à l'École d'orthogénie de l'université de Chicago qu'il a dirigée pendant trente ans, et par ses théories sur les causes de l'autisme exposées notamment dans La Forteresse vide.

La plupart de ses travaux sont discrédités après sa mort, en raison de titres universitaires frauduleux, d'allégations d'abus sur des patients, d'accusations de plagiat, et d'un manque de surveillance de la part des institutions et de la communauté des psychologues. Ses théories sur le traitement de l'autisme sont universellement jugées comme obsolètes et pseudoscientifiques.

Bruno Bettelheim a géré pendant une dizaine d'années l'entreprise de sa famille, dans le commerce de bois[1], son père étant mort prématurément de la syphilis[réf. nécessaire]. Il a obtenu un doctorat en Philosophie à l'université de Vienne, sans mention[1]. Il est l'un des derniers Juifs à passer un doctorat à l'université de Vienne (en esthétique, une des branches de la philosophie) avant l'Anschluss de [réf. nécessaire].

Il revendique s'être formé au sein de la Société psychanalytique de Vienne, et avoir fait une analyse avec Richard Sterba[réf. nécessaire]. Il n'existe cependant aucune trace de son éventuelle candidature à l'institut de psychanalyse de Vienne[2].

Arrêté par les nazis en , il est déporté dans les camps de concentration de Dachau puis, après les accords de Munich, de Buchenwald. Libéré en , il émigre aux États-Unis, et débarque alors « sans un sou », avec un besoin important de trouver un travail salarié[3]. Son expérience des camps de concentration[4] sera une des clés de ses théories psychanalytiques, il écrira sur les phénomènes psychologiques à l'œuvre, selon lui, au sein des camps de détention, entre les prisonniers et leurs tortionnaires et publie en 1943 Comportement individuel et comportement de masse dans les situations extrêmes dont la lecture fut rendue obligatoire par le général Eisenhower à tout officier des états-majors américains en Allemagne, imprimé en langue allemande en 1964[5]. Cette étude fut complétée plus tard pour en faire un livre : Le Cœur Conscient[6].

Bettelheim fut aux États-Unis l'un des plus éminents et ardents défenseurs du livre Eichmann à Jérusalem[7] de la philosophe Hannah Arendt[8][source insuffisante].

Ayant perdu sa femme et redoutant la dégradation de sa santé, il se suicide le en enfermant sa tête dans un sac en plastique ; il a 86 ans. Peu après, une polémique se développe, concernant sa réelle compétence de psychanalyste.[réf. souhaitée]


Aperçu de ses idées

Bruno Bettelheim considère que l'angoisse est l'élément central de la psychose de l'enfant. Il détecte dans les troubles comportementaux des enfants de l'École orthogénique des carences affectives et l'angoisse de la mort. Sa thérapie se fonde sur la construction d'un environnement rassurant, matériel et affectif, préalable nécessaire à toute démarche thérapeutique. D'un point de vue purement pédagogique, Bettelheim rejoint en cela des idées développées par A. S. Neill à l'École de Summerhill. Il insiste sur l'idée que, quels que soient les symptômes manifestés par les patients, ils sont la meilleure réponse que ceux-ci aient trouvée à leur angoisse.

Il expose ses recherches dans de nombreux ouvrages dont plusieurs connurent un grand retentissement dont La Forteresse vide, qui aborde les problèmes de l'autisme encore peu connus à l'époque, et Psychanalyse des contes de fées dans lequel il montre comment ces textes transmis de génération en génération répondent de façon précise aux angoisses du jeune enfant. Le roi et la reine sont une image inconsciente des « bons » parents, comme la marâtre, la sorcière, l'ogre, font partie des fantasmes de l'enfant qui voit en ses parents, parfois non plus les « bonnes images », mais celle de parents méchants et frustrants.

En 1974, une suite d’émissions télévisés est réalisée par Daniel Karlin. Elle est publiée en 1975 sous le titre de « Un autre regard sur la folie » et servira à le faire connaitre en France[9].

Autisme

Psychanalysé par le praticien viennois Richard Sterba, Bruno Bettelheim se pose à la fois comme un fidèle des idées freudiennes et comme un éducateur[réf. nécessaire]. Il professe que, sans fondement organique démontré, l'autisme peut être réceptif à la psychothérapie. De son expérience des camps, il a acquis la conviction que sans une pédagogie centrée sur un milieu voué à l'écoute de l'enfant, de ses angoisses et besoins, aucun enfant perturbé ne peut trouver les bases sur lesquelles construire une personnalité harmonieuse. Les camps de concentration ayant été pensés pour anéantir le moi, un environnement stable, lisible et positif pourrait à l'inverse créer les conditions favorables à son édification.

Bruno Bettelheim reprend le terme et le concept de « mère réfrigérateur » (« refrigerator mother »)[10] de Leo Kanner[source insuffisante] créateur de la notion moderne d'autisme. Alors que Kanner défendait l'idée d'une cause innée de l'autisme, revenant à une approche plus médicale, Bettelheim reprend l’expression pour orienter les thérapeutes vers l'idée d'une cause acquise et relative aux parents.[réf. souhaitée]

Cependant sa conception de l’étiologie de l’autisme ne cesse d’osciller entre deux positions contradictoires[Interprétation personnelle ?]. D’une part, il cite Anna Freud et commente « Heureusement, les psychanalystes commencent à dénoncer le spectre de la mère rejetante »[11], il affirme « ce n’est pas l’attitude maternelle qui produit l’autisme, mais la réaction spontanée de l’enfant à cette attitude »[11]. Bruno Bettelheim ajoute que « ce serait […] commettre une lourde erreur que de prétendre qu’un parent désire créer, chez son enfant, une chose comme l’autisme »[11] ou encore « bien que les attitudes de la mère devant le retrait de son enfant soient capitales, nous ne pouvons pas en déduire qu’elles l’ont provoqué »[11] ; cependant il écrit par ailleurs : « tout au long de ce livre je soutiens que le facteur qui précipite l'enfant dans l'autisme infantile est le désir de ses parents qu'il n'existe pas »[11]. C'est surtout cette dernière prise de position qui a été retenue et considérée comme une condamnation des parents. Pourtant, là encore, sa pensée est plus nuancée que ce qui en est en général rapporté[Interprétation personnelle ?] : " même si on devait découvrir un jour, écrit-il, que la contribution des parents est vraiment primordiale, il n'en resterait pas moins que ces parents se sont comportés ainsi parce qu'ils ne pouvaient pas faire autrement. Ils ont eu plus que leur part de souffrance avec cet enfant. Les culpabiliser ajouterait certainement à leur malheur et n'aiderait certainement personne"[11].

Les théories de Bettelheim concernant l'implication des parents dans la genèse de l'autisme sont aujourd'hui déconsidérées. Ainsi, en 2012, la psychanalyste Marie-Christine Laznik avance : « Bettelheim était complètement à côté de la plaque. Les mères n'ont rien à voir avec l'origine de l'autisme »[12]. Au reste, du vivant même de Bettelheim, beaucoup de psychanalystes affirmaient ne pas partager ses thèses concernant l'étiologie de l'autisme. Contrairement à l’hypothèse d’un désir pathogène de la mère, M. Malher soutient dès les années 1970 que le traitement de l’enfant autiste passe par la mise en place d’un « principe maternant »[13], de sorte que dans sa pratique la mère et le psychanalyste sont associés dans le travail avec l’enfant. Le thérapeute, précise-t-elle, fonctionne comme un « catalyseur », et il « encourage prudemment, mais continuellement », une « redécouverte de la mère »[13]. Frances Tustin, psychanalyste britannique, formée à la prestigieuse Tavistock Clinic de Londres, publie entre 1972 et 1990 quatre ouvrages qui ont formé pour une grande part l’approche psychanalytique de l’autisme – en particulier celle diffusée dans les Instituts et les Écoles. Sa condamnation de la thèse de Bettelheim sur les parents nocifs est sans ambiguïté. Kanner, écrit-elle en 1986, a lancé une mode bien regrettable en caractérisant les mères d’autistes comme « froides et intellectuelles ». « Depuis qu’il a dit cela, on s’est constamment renvoyé des expressions comme « mères réfrigérantes pour parler d’elles. Je ne souscris pas à ce point de vue. […] Je suis convaincue qu’il y a quelque chose dans la nature de l’enfant qui le prédispose à l’autisme »[14]. Quatre ans plus tard, elle insiste sur ce point. « Il me semble, écrit-elle, que la plupart des théories sur l’autisme n’insistent pas assez sur les propensions innées des êtres humains ». Elle cite les propos d’une psychologue australienne, avec laquelle elle déclare se trouver en plein accord, « en tant que psychologue ayant travaillé avec des enfants autistes et leurs parents pendant douze ans, je n’ai trouvé aucun rapport entre l’état de ces enfants et le manque d’amour des parents. En fait, certains des parents les plus attentionnés que j’ai rencontrés sont précisément ceux qui se trouvent avoir un enfant autiste »[15]. Dès 1981, elle soulignait qu’il fallait se garder de « mettre systématiquement en cause les soins nourriciers », elle ajoutait qu’il était difficile de « faire la part des facteurs organiques, métaboliques, psychologiques », aussi lui paraissait-il déjà « regrettable que les tenants des thèses psychodynamiques et ceux des thèses organicistes se situent dans des camps opposés et aboient les uns contre les autres »[16].

Publications

  • Expérience et éducation, Armand Colin éd., Paris 1968 (1965)
  • La Forteresse vide, NRF Gallimard éd., Paris, 1969 (1967)
  • L'Amour ne suffit pas, Fleurus éd., Paris 1970 (1950)
  • Les Enfants du rêve, Robert Laffont éd., Paris, 1971 (1969)
  • Les Évadés de la vie, Fleurus éd., Paris 1971 (1955)
  • Les Blessures symboliques, NRF Galimard éd., Paris 1971 (1954)
  • Le Cœur conscient, Robert Laffont éd., Paris, 1972 (1960)
  • Dialogue avec les mères, Robert Laffont éd., Paris, 1973 (1962)
  • Jeunesse à l'abandon, Privat éd., Paris 1973 (1965)
  • Un lieu où renaître, Robert Laffont éd., Paris, 1975 (1974)
  • Enfance et société, Delachaux et Niestlé éd., Paris 1976 (1950)
  • Psychanalyse des contes de fées, Robert Laffont éd., Paris, 1976 (1976) rééd.1999: (ISBN 2-266-09578-1)
  • Survivre, Robert Laffont éd., Paris, 1979, rééd.1999: (ISBN 2-266-09578-1)
  • La Lecture et l'enfant, Robert Laffont éd., Paris, 1983 (1982): (ISBN 2-221-00982-7)
  • Freud et l'âme humaine, Robert Laffont éd., Paris, 1984 (1983)
  • Pour être des parents acceptables, Robert Laffont éd., Paris, 1988 (1987)
  • Le Poids d'une vie, Robert Laffont éd., Paris, 1991 (1990)

Critiques et controverses

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI