Écoagriculture

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L'écoagriculture est une conception de l'agriculture qui considère l'exploitation agricole comme un écosystème intégrant les cultures proprement dites, mais aussi d'autres êtres vivants en interaction avec elles : insectes, prédateurs, et les agriculteurs eux-mêmes[1].

Ce concept a toutefois fait l'objet d'autres définitions[2], ayant en commun une préoccupation affichée pour la protection de l'environnement, notamment « la conservation des ressources naturelles »[3].

Le terme « écoagriculture » a été créé en 1970 par Charles Walter (en), un économiste américain spécialiste de l'économie des matières premières, éditeur et créateur du magazine Acres Magazine. Le but du concept d'écoagriculture était d'unifier les aspects écologiques et économiques de l'agriculture, avec l'idée que si l'agriculture n'est pas écologique elle ne peut pas être économique. Cette idée devint d'ailleurs le slogan du magazine: « Pour être économique, l'agriculture doit être écologique » (« To be economical agriculture must be ecological »)[1].

Le terme d'écoagriculture a été réutilisé à partir de 2001, dans une étude réalisée par Sara Scherr et Jeffrey McNeely, publiée conjointement par l'IUCN et par la fondation Future Harvest, créée à l'initiative du CGIAR[4]. L'étude a ensuite été approfondie et publiée sous forme de livre en 2003[5]. Cette étude met en avant l'influence dominante de l'agriculture sur les espèces sauvages et leurs habitats au niveau mondial et identifie des exemples de pratiques et de stratégies d'usage des terres qui peuvent être bénéfiques à la fois à l'agriculture et aux espèces sauvages. L'ONG EcoAgriculture Partners a ensuite été créée en 2004 par les auteurs de l'étude. Un second livre a été publié en 2009[6].

Objectifs

Le but de l’écoagriculture est de concilier les objectifs de production alimentaire (dans un contexte d'augmentation de la demande alimentaire) avec les objectifs de préservation de la biodiversité, simultanément et dans les mêmes lieux. Elle considère que ces deux objectifs ne sont pas incompatibles, notamment en raison du rôle que la biodiversité joue, à l’échelle du paysage, pour la production agricole et les services écosystémiques, et de la présence de l'essentiel de la biodiversité mondiale dans les paysages agricoles. Elle s’oppose ainsi à l’approche land sparing[7]. L’écoagriculture considère les agriculteurs non seulement comme des producteurs mais également comme des gestionnaires de l’environnement.

Elle insiste particulièrement sur la prise en compte de l’échelle paysage, qui se caractérise par une mosaïque d’espaces cultivés et sauvages. Selon ses partisans, la composition et la configuration du paysage déterminent les bénéfices que l’agriculture tire de la biodiversité et ses conséquences, négatives ou positives, sur les écosystèmes sauvages[8].

Afin d'atteindre son objectif, l'écoagriculture doit éviter autant que possible les rejets polluants (pesticides, fertilisants mais aussi rejets naturels), et atteindre un rendement agricole suffisant pour éviter la déforestation et les pertes de biodiversité qui en découlent.

L'écoagriculture est à la fois une stratégie de préservation et de développement rural. Elle considère que les agriculteurs et les communautés rurales sont les éléments clés du fonctionnement des écosystèmes et souhaite leur permettre de jouer ce rôle efficacement. L'écoagriculture applique une approche écosystémique intégrée aux paysages agricoles, combinée à divers éléments des systèmes de production et de conservation, pour atteindre trois objectifs : conserver la biodiversité, augmenter la production agricole et améliorer les conditions de vie. L'atteinte de ces buts requiert habituellement la collaboration ou la coordination de différentes parties prenantes, collectivement responsables pour gérer les éléments clés du paysage.

Contribution de l'écoagriculture aux objectifs du millénaire pour le développement

Approches en Chine

Critiques

Notes et références

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