École normale d'institutrices de Rennes
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| Type |
Bâtiment public |
|---|---|
| Destination initiale |
École normale d’institutrices |
| Destination actuelle |
Établissement réaffecté à l’Institut d’études politiques de Rennes |
| Construction |
1882 |
| Pays |
France |
|---|---|
| Département | |
| Commune |
| Coordonnées |
|---|
L’école normale d’institutrices de Rennes est une école normale primaire créée en 1882[1] ou 1886[2] pour former des institutrices. Elle est fermée vers 1980, et le bâtiment a été transféré pour devenir en 1991 l’Institut d’études politiques de Rennes.
Avant la construction de l'école normale d'institutrice de Rennes, un cours d'école normale était donné à Fougères. De 1880 à 1881 12 étudiantes boursières y étudiaient, sept en première année, trois en deuxième et deux en troisième. La création de l'école permet de répondre aux besoins de formation des institutrices pour l'enseignement des filles, non mixte à cette époque[3],[4],[5]. À l'époque on comptait 196 institutrices religieuses sans formation à Rennes[6].
À la suite de la loi Paul Bert de 1879 obligeant les départements à instaurer des écoles normales d’institutrices et d’instituteurs dans chaque département, le conseil général d'Ille-et-Vilaine vote le financement pour la construction du bâtiment[6].
Celui-ci est construit en 1882[7] boulevard de la Duchesse Anne, sur les plans de l’architecte départemental Jean-Marie Laloy, à l’emplacement de la maison de Beuvre et d’une ancienne carrière, situé dans l’ancienne ruelle de Beuvre. Le lieu est préféré à la Californie en centre de Rennes car les « demoiselles auraient pu rencontrer de jolis garçons qui les auraient fait penser à autre chose qu’à leurs études »[2]. Le site est choisi pour son éloignement des cabarets et pour tenir compte des mesures à prendre en cas d'épidémie
L'école n'ouvre qu'en 1886 car les travaux se révèlent compliqués. La première directrice est Mlle Sagnier, diplômée de l'école normale supérieure de Fontenay-aux-Roses. Mlle Heugny lui succède de 1887 à 1907[6].
Pendant la Première Guerre mondiale, le bâtiment est transformé temporairement en hôpital militaire[8]. Pendant le régime de Vichy durant la Seconde Guerre mondiale, l'école devient un centre de formation professionnelle, son activité régulière ne reprenant qu'à la Libération[6]. La mixité des formations acquises en 1979 aboutit à la création de l'école normale de Rennes par fusion avec l'école normale des instituteurs du site de Saint-Malo[6].
L'école disparait en 1991 pour devenir l'Institut d’études politiques de Rennes[9].
Scolarité

Admission
Pour être admises les étudiantes doivent être âgées de 16 ans minimum, avoir réussi le brevet élémentaire et être soumises à un examen médical et à un contrôle de moralité. La scolarité de trois années est gratuite, mais elles doivent rester en service en contrepartie au moins pendant dix ans. Les élèves sont souvent issues de milieux modestes, ouvriers, paysans, commerçants ou fonctionnaires. le nombre d'orphelines y est élevé, et elles restent fréquemment célibataires par la suite[6].
Les cours qu'elles reçoivent sont légèrement différents de ceux destinés aux élèves instituteurs : elles ont des cours de chant, de dessin, de gymnastique et d'éducation ménagère supplémentaires[6].
Vie quotidienne
Les élèves institutrices vivent obligatoirement en internat, et sortent peu hormis sur des temps dédiés[2].
Comme ailleurs en France, la vie quotidienne est réglée de façon stricte, que ce soit pour la tenue, l’emploi du temps, ou la vie sentimentale[2], tout étant fait pour que les élèves intègrent les notions d’ordre et de rigueur. La tenue vestimentaire imposée est une longue blouse noire et les cheveux doivent être portés en chignon[2]. L'ambiance austère y est semblable à celle que l'on trouve dans les écoles catholiques à la même époque. Qui plus est, à son ouverture, l'ENF est sous la loupe des médias rennais, très critiques. Ainsi en 1888, une représentation des Précieuses ridicules est critiquée par la presse, sous prétexte que des jeunes femmes montant sur une scène de théâtre ne peuvent pas devenir des institutrices sérieuses[6].
Les jeunes filles sont cependant admises une fois l'an au bal de l'école normale, où elles sont appairées selon leur classement avec un jeune homme de l'école normale d'instituteurs[6].
Affectation et carrière
Les élèves reçoivent une première affectation sur recommandation de la directrice de l'école. La prise de fonction n'est pas toujours aisée, car elles font face au coût financier de leur installation et à la critique des milieux catholiques. Ainsi en 1912, le curé de Saint Pierre du Plesguen demande à l'épicier de ne pas servir Mlle Halc, l'institutrice, car selon lui elle appartiendrait à l'école du diable[6]. Les institutrices sont encouragées par l'administration à se marier avec des normaliens. Elles sont alors souvent adjointes[10], leur mari étant directeur[6]. Elles sont rémunérées dix pour cent de moins que les instituteurs, et l'égalité salariale entre hommes et femmes n'est établie qu'en 1919. Le code Soleil de 1923 réglemente leur profession et les astreint à une moralité stricte, même en dehors des murs de l'école, il leur est interdit d'arborer des tenues trop voyantes[6].
Personnalités de l'école
Parmi les personnalités ayant étudié à l'école normale d'institutrices de Rennes figurent entre autres : Renée L'Anthoen (elle y entre en 1924)[11], Marie Gomet (elle y entre en 1931)[12], Carmen Lepage (1949-2025)[13], Jeanne Vincent (1931-2017)[14], Raymonde Allanic (1918-1961)[15], Simone Villeret (1912-2006)[16]. Léonie Ory, fille d'une veuve y est admise en 1893[6].
Rose Léonie Évard (1862-1953) devient professeure de l'école en 1886. Son mari, un pasteur natif du canton de Neuchâtel est alors obligé de démissionner, sa fonction religieuse étant jugée incompatible avec les règles de la laïcité en vigueur. Il devient avocat à la cour d'appel de Nancy[17].