Économie du bonheur

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Économie du bonheur
Personne clé
Indice de satisfaction de la vie par pays en 2006, selon le psychologue Adrian White[1],[2].

L’économie du bonheur est une branche émergente de l'économie. « Véritable discipline académique, elle s’évertue à observer et analyser les déterminants économiques du bien-être subjectif des individus tel qu’il est déclaré dans les enquêtes[3]. »

Elle se distingue de l'économie du bien-être en ce qu'elle ne fonde pas ses analyses sur des considérations objectives et générales (la santé, l'éducation, l'environnement, etc) mais sur ce que l'on appelle communément le bonheur ; plus précisément sur des témoignages d'ordre subjectif, recueillis lors d'enquêtes associant psychologie et sociologie, au cours desquelles chacun indique comment s'établissent par exemple ses liens avec sa famille, ses relations au travail, son rapport à l'argent, l'importance que l'on donne à ce qui est utile, nécessaire, et ce qui ne l'est pas... de façon plus globale, quel est son état d'esprit dans la vie et quelle est sa capacité de gérer les contraintes de toutes sortes.

Jeremy Bentham

L'économie du bonheur trouve sa source au XVIIIe siècle dans la philosophie de Jeremy Bentham qui s'efforce d'appliquer son principe d'utilité au système politique, la législation, la justice, la politique économique... et même à des questions concrètes telles que la liberté sexuelle ou l'émancipation des femmes[4]. Bentham expose ce concept en 1789 dans son Introduction aux principes de la morale et de la législation :

« Par principe d'utilité, on entend le principe selon lequel toute action, quelle qu'elle soit, doit être approuvée ou désavouée en fonction de sa tendance à augmenter ou à réduire le bonheur des parties affectées par l'action. […] On désigne par utilité la tendance de quelque chose à engendrer bien-être, avantages, joie, biens ou bonheur. »

Le principe éthique à partir duquel Bentham juge les comportements individuels ou publics est l'utilité sociale qui vise, pour reprendre la célèbre formule de Francis Hutcheson, « le plus grand bonheur du plus grand nombre » (1725).

Mesure du bonheur

Il existe diverses méthodes qui ont chacune leurs avantages et leurs limites. Ces méthodes sont notamment les échelles d’auto-évaluation, le DRM et l’ESM.

Les échelles d’auto-évaluations consistent en des questionnaires. Ces questionnaires peuvent être très courts, une question, par exemple « A quel point êtes-vous heureux ? ». Il est demandé au répondant de s’étalonner sur une échelle de 1 à 7 ou de 1 à 10, 7 et 10 représentant dans chacune des échelles le bonheur exprimé le plus haut. Le questionnaire peut être beaucoup plus long. On peut mesurer plus qu’un niveau de bonheur, ses composantes, afin d’avoir le profil du bonheur de la personne. Les échelles d’auto-évaluation sont la méthode la plus utilisée.

Le DRM ou Day Reconstructing Method (Méthode de reconstruction de la journée) consiste à demander aux participants de dire à la fin de la journée quelles ont été leurs activités durant la journée, à quel point ils ont été heureux pendant chacune des activités et combien chaque activité a duré.

L’ESM ou Experience Sampling Method (Méthode d’échantillonnage des expériences) consiste à demander aux participants de donner leurs impressions à des moments choisis de manière aléatoire.

Ces trois méthodes fournissent des données subjectives. Elles  ont des limites : sensibilité à la désirabilité sociale et tendances cognitives variables selon les méthodes.

Effets de l'argent et de la croissance économique sur le bonheur

Les pays riches ont tendance à être plus heureux que les pays pauvres (les observations s’alignent autour d’une tendance à la hausse), et les personnes plus riches au sein des pays ont tendance à être plus heureuses que les personnes plus pauvres dans les mêmes pays (les flèches pointent systématiquement vers le nord-est).

Premièrement, bonheur et revenu sont positivement mais légèrement corrélés. Deuxièmement, de manière plus approfondie, leur relation paraît curvilinéaire. Lorsque le revenu est faible, un surcroît de revenu tend à augmenter le bonheur, mais à partir d'un seuil qui varie selon les études, davantage de revenu ne signifie plus ou quasiment plus davantage de bonheur. Troisièmement, des études montrent que la relation entre bonheur et revenu n'est pas forcément linéaire. Sous certaines conditions, les personnes pauvres peuvent être en moyenne plus heureuses que les personnes riches.

Les économistes ont donné deux explications à ces résultats : la comparaison sociale et l'adaptation. Les recherches des psychologues sont beaucoup plus riches en ce domaine. Ils mettent notamment en avant que les aspects économiques ne sont qu'un déterminant parmi d'autres du bonheur et qu'il existe des stratégies qui peuvent être plus profitables au bonheur des citoyens que les seules stratégies économiques.

L'économie du bonheur peut-elle participer à améliorer le bonheur ?

Premièrement, l'économie n'est qu'un déterminant parmi d'autres du bonheur. Toutes les solutions ne sont pas économiques. Deuxièmement, l'économie du bonheur peut aider à réhumaniser la pensée économique et peut-être le fonctionnement économique. Troisièmement, le plus grand destructeur de bonheur sur le plan économique est le chômage. Quatrièmement, si la pensée économique traditionnelle considère qu'il y a un taux de chômage sous lequel il est difficile de passer, la psychologie a développé des solutions pour neutraliser la perte de bonheur que subissent les chômeurs. Cinquièmement, la psychologie a aussi développé des solutions pour améliorer le bonheur en entreprise[5].

Rationalisation économique d'un principe subjectif

Notes et références

Annexes

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