Économie à Angers
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L'économie à Angers témoigne dans son paysage urbain, d'un passé industriel et commerçant précoces. Angers présente un paysage économique diversifié. D'abord marqué par le développement des échanges, l'industrie s'est développée en s'appuyant sur l'activité agricole, la manufacture puis l'électronique. Le territoire s'est également développé sur un tissu diversifié de PME/PMI dans des secteurs spécialisés. Les activités de services aux entreprises, les emplois administratifs, les secteurs de la recherche, de l'éducation et de la santé tiennent une place importante dans l'économie angevine. Le pôle de compétitivité axé sur le végétal soutient l'activité agricole et de recherche. Les grandes écoles, laboratoires et office communautaire font d'Angers le premier pôle horticole d’Europe.
C’est au cours de la seconde moitié du XXe siècle que la ville voit de nouvelles entreprises s’installer, alors que les activités traditionnelles sont en net recul. Jusqu’alors, l’économie angevine s’organisait principalement autour de l’agriculture (horticulture en particulier), de l’extraction d’ardoise, de la distillerie et de l’industrie textile (transformation du chanvre et du lin, notamment au sein des Établissements Bessonneau)[1]. Ce changement économique est marqué par l’arrivée des usines Thyssen en 1948, Thomson en 1957, Bull en 1961, etc., jusqu’à Scania en 1991 ou Nec en 1994[2]. Cependant, la filière industrielle s’effondre en grande partie à partir des années 2000 : fermeture de l’usine Thomson-Technicolor en 2012[3], de l’usine Nec entre 2009[4] et 2013[5], plan social chez Thyssen en 2015[6], Bull ne compte plus que 230 salariés (contre 3 000 au cours des années 1970)[7], etc. – plus généralement, de 2002 à 2012, le secteur de la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques dans l’agglomération a perdu 76 % de ses emplois[8]. Angers se spécialise dorénavant d’une part dans la filière végétale et d’autre part dans l’électronique.
L'importance de l'horticulture s’est ainsi renforcée jusqu'à faire d'Angers le premier pôle horticole d’Europe[9]. En effet, le territoire compte dans ce domaine près de 30 000 emplois, 2 500 étudiants et 4 000 entreprises. La ville accueille en outre un pôle de compétitivité à vocation mondiale spécialisé dans le végétal – Végépolys – regroupant 450 chercheurs[10]. Celui-ci s'appuie d'une part sur le haut niveau de formation et d'études supérieures dispensé à Angers et d'autre part sur la forte concentration de laboratoires de recherche. On y rencontre ainsi plusieurs écoles spécialisées (École supérieure d'agriculture (ESA), Agrocampus Ouest, etc.), des laboratoires du CNRS, l’INRA mais aussi la Station nationale d'essais de semences ou encore Plantes&Cité (le centre technique national sur les espaces verts et le paysage urbain). Le Campus du Végétal, à Belle-Beille, regroupe depuis 2015 d’une part la Maison de la Recherche et ses 250 ingénieurs et chercheurs de l'Université d'Angers, d'Agrocampus Ouest, de l'INRA et de l'ESA et d’autre part la Maison du Végétal regroupant Végépolys et Plantes&Cité[11]. Enfin, Angers abrite le siège de l'Office communautaire des variétés végétales dont le rôle est de protéger les nouvelles variétés végétales au sein de l'Union européenne[2].
Malgré la déliquescence de l’industrie électronique grand public angevine depuis les années 2000, la ville se spécialise également dans l’électronique de pointe. Outre l’usine Bull installée depuis 1961, la ville accueille depuis la Cité de l'objet connecté[12]. Celle-ci propose sur son site de Saint-Sylvain-d’Anjou, au nord de la ville, des compétences en électronique, logiciel, plasturgie, mécanique, design, financement, etc[13]. Cette société s’appuie sur un important réseau de PME spécialisées installées sur le territoire angevin. La ville s’est par ailleurs vu décerner le label French Tech dans le sillage de l’inauguration de la Cité de l’objet connecté[14]. Ajoutons que la ville compte parmi ses établissements d’enseignement supérieur l’École supérieure d'électronique de l'Ouest.
Revenus de la population et fiscalité
En 2012, le revenu disponible médian par unité de consommation (UC) est de 18 372 € et 59,3 % des ménages fiscaux sont imposés[Insee 1]. À titre de comparaison, le revenu disponible médian en France métropolitaine est en 2012 de 19 786 € et 64 % des ménages fiscaux sont imposés. Les revenus de la population d’Angers sont ainsi plus faibles que la moyenne nationale[15].
Les disparités de revenus sont mesurées et très légèrement plus importantes que la moyenne nationale : le rapport interdécile entre les 10 % de revenus disponibles les plus élevés (35 520 € par UC) et les 10 % de revenus disponibles les plus faibles (9 560 € par UC) atteint 3,7[Insee 1] (contre 3,5 pour l'ensemble de la France métropolitaine)[16].
En 2013, la ville compte 574 redevables à l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) pour un patrimoine moyen de 2 371 760 € ; parmi les communes de plus de 20 000 habitants comptant au moins 50 redevables à l’ISF, Angers se classe 179e sur 367[17].
Le salaire net horaire moyen est en 2012 de 12,5 €, inégalement réparti entre hommes (13,3 €) et femmes (11,4 €)[Insee 2].
Emploi
En 2012, la population âgée de 15 à 64 ans s’élève à 102 635 personnes, parmi lesquelles on compte 66,6 % d’actifs, 54,3 % ayant un emploi et 12,3 % étant au chômage[Insee 3]. À titre de comparaison, la France métropolitaine compte 73 % d’actifs, 63,7 % ayant un emploi et 9,3 % étant au chômage[18]. On y compte 81 534 emplois, contre 83 250 en 2007. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la zone d'emploi étant de 56 111, l'indicateur de concentration d'emploi est de 145,3 %, ce qui signifie que la zone d'emploi offre près de 3 emplois pour deux habitants actifs[Insee 4].
Selon la catégorie socioprofessionnelle, les ouvriers sont nettement moins nombreux que les employés, ces derniers et les professions intermédiaires représentant près de 63 % des emplois[Insee 5]. À titre de comparaison, les professions intermédiaires et les employés représentent 53,7 % des emplois au niveau national, les ouvriers 21,1 %[18].
Emplois par catégorie socioprofessionnelle en 2012[Insee 5]
| Catégorie socioprofessionnelle | 2012 | |
|---|---|---|
| Agriculteurs exploitants | 0,1 % | |
| Artisans, commerçants, chefs d’entreprise | 3,9 % | |
| Cadres et professions intellectuelles supérieures | 19,6 % | |
| Professions intermédiaires | 30,2 % | |
| Employés | 33,0 % | |
| Ouvriers | 13,2 % | |
| Source : INSEE | ||
Selon le secteur d’activité, les emplois industriels sont peu nombreux et en nette régression de 2007 à 2012, à la différence des emplois tertiaires et administratifs (Angers étant préfecture et chef-lieu de département) (90,7 % des emplois totaux)[Insee 6].
Emplois selon le secteur d’activité (en %)[Insee 6]
| Secteur d'activité | 2012 | 2007 |
|---|---|---|
| Commerce, transports et service divers | 46,9 % | 47,4 % |
| Administration publique, enseignement, santé et action sociale | 43,8 % | 40,8 % |
| Construction | 3,5 % | 3,8 % |
| Industrie | 5,5 % | 7,3 % |
| Agriculture | 0,3 % | 0,7 % |
| Source : INSEE | ||
Enfin, 55,5 % des emplois sont occupés par des femmes[Insee 6], contre 48 % au niveau national[18] et 50,1 % au niveau de l’agglomération[19].
À l’échelle de cette dernière, la population âgée de 15 à 64 ans s’élève à 178 937 personnes, parmi lesquelles on compte 69,7 % d’actifs, 59,5 % ayant un emploi et 10,2 % étant au chômage. La part des actifs (y compris occupés) y est donc plus importante qu’à l’échelle de la seule ville d’Angers. On y compte 133 608 emplois en 2012[19].
Secteurs d'activité
- Le secteur primaire emploie sur l’agglomération angevine en 2012 environ 7 900 personnes[8], dont 282 sur Angers[Insee 6], principalement dans l'horticulture et le maraîchage.
- Le secteur secondaire angevin peut se diviser en plusieurs filières :
- Automobile : le secteur de la construction automobile et mécanique emploie en 2011 près de 3 000 personnes dans l’agglomération au sein des usines Scania, Bosch ou Valeo notamment[20].
- Agroalimentaire : le secteur de l’agroalimentaire emploie en 2012 plus de 2 300 personnes dans l’agglomération autour de grands noms comme Rémy Cointreau, Giffard ou encore le Grenier à pains[8].
- Électronique et services informatiques : à la suite de plusieurs fermetures d’usines, ce secteur n’emploie plus que 711 personnes dans l’agglomération angevine en 2012, autour d’entreprises comme Bull ou Eolane[8].
- Le secteur tertiaire angevin peut lui aussi se subdiviser :
- Santé : le secteur de la santé est en 2011 l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois (environ 7 700 sur l’agglomération)[20]. Le CHU d’Angers est d’ailleurs le premier employeur de la ville et du département avec près de 6 000 employés[21].
- Transport et logistique : le secteur du transport et de la logistique emploie sur l’agglomération d’Angers plus de 5 000 personnes[8] en 2012.
- Tourisme : en 2014, le secteur du tourisme emploie environ 5 000 personnes sur l’agglomération angevine, pour un total de 602 000 nuitées (66 % de clientèle d’affaires) et 699 339 visiteurs sur 17 sites touristiques (dont 8 sur Angers)[22]. En 2015, la commune elle-même compte 31 hôtels et résidences pour près de 3 000 lits et un camping de 163 emplacements[Insee 7].
- Activités bancaires et financières : le secteur financier compte environ 4 800 emplois dans l’agglomération en 2012. On y rencontre notamment Axa, la Caisse Nationale de Prévoyance, Malakoff Médéric, l’Ircantec ou encore Harmonie mutuelle[8].
- Administration locale : la commune d’Angers emploie à elle-seule près de 3 400 personnes en 2012, faisant d’elle le deuxième employeur départemental[21].
- Relation client et centres support : ce secteur compte dans l'agglomération près de 1 850 emplois et 31 centres d’appel en 2011, avec notamment la Caisse des dépôts et consignations, Stream ou Europ assistance[20].




