Édouard-Marie Gallez
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Édouard-Marie Gallez, né en 1957, membre de la Congrégation Saint-Jean, est un ecclésiastique, docteur en théologie et histoire des religions[1] de l'université de Strasbourg en 2004[2]. Sa thèse a été rédigée sous la direction de Roland Minnerath[3].
Il est particulièrement connu pour ses recherches sur les origines de l'islam, qu'il relie à un contexte judéo-nazaréen influencé par les communautés esséniennes de Qumrân. Sa thèse principale, développée dans l'ouvrage Le Messie et son prophète, postule que l'islam primitif émerge d'un milieu judéo-chrétien messianique, plutôt que d'une révélation indépendante : il rattache l'origine de l'islam au judéo-nazaréisme et à l'attente du retour d'un Messie conquérant et vengeur[4], dont il serait dérivé.
Gallez critique le dialogue islamo-chrétien actuel comme fondé sur un "malentendu", où les différences théologiques fondamentales sont minimisées. Dans Le malentendu islamo-chrétien (2012), il appelle à repenser ce dialogue en tenant compte des racines historiques partagées mais divergentes. Il rejette ce qu'il considère comme des mythes historiques comme celui d'Al-Andalus, la distinction entre sourates médinoises et mecquoise[5] et affirme que le mot nazaréen doit être pris dans son sens premier et non comme synonyme de chrétiens qu'il assimile aux associateurs[6].
Ses analyses historiques ont trouvé écho dans des cercles académiques sur les origines de l'islam et ont influencé des débats sur celles-ci. Il est par exemple cité dans Le Coran des historiens, un ouvrage collectif dirigé par Mohammad Ali Amir-Moezzi et Guillaume Dye, pour ses contributions sur des versets comme ceux concernant Marie (sœur d'Aaron) ou des références à un "messager"« Pourquoi Marie est-elle dite sœur d’Aaron dans le Coran ».
Au-delà de l'islamologie, comme théologien, Gallez explore dans ses articles des thèmes eschatologiques, comme la rencontre miséricordieuse post-mortem[7], et critique les dérives gnostiques (relativistes et individualistes) et messianiques (politiques et collectivistes) dans le post-christianisme contemporain[8]. Il analyse des thèmes comme le retour du Christ, le Jugement dernier, et les interactions entre christianisme et laïcisme.