Cette ancienne église catholique dédiée à Jean le Baptiste a été construite par l'architecte Jean-Baptiste Maillard [1] en 1908[2] pour desservir le quartier de la gare. Cette église imposante est à nef unique avec jusqu'à sa fermeture un petit clocher en façade au-dessus du pignon. Le portail d'entrée est surmonté à l'époque d'une fresque en mosaïques représentant un calice surmonté d'une hostie à croix pattée dorée avec en fond l'inscription Venite adoremus sur décor bleu et vert à croisillons rouges[3]. L'intérieur est caractérisé par ses voûtes néo-romanes, deux petites chapelles latérales (faisant comme une ébauche de transept) et sa grande tribune au-dessus de la contre-façade. Le décor présentait sur les murs des statues de saints dans des niches à fronton classique, comme le dais du maître-autel, un grand orgue et une chaire de bois massive dans le style troubadour avec abat-voix posé sur quatre colonnes, le tout finement sculpté. La ville de Tourcoing passait au début du XXe siècle pour la ville à la pratique religieuse la plus importante du diocèse de Lille, l'église possédait une chorale masculine réputée jusque dans les années 1970.
À cause de la baisse de la pratique religieuse et par manque d'entretien (fissures non réparées), cette église de briques de 850 m2 est fermée en 1997 par arrêté municipal[4] et désaffectée en 1999 par Mgr Defois. Elle est vendue avec ses 2500 m2 de terrain par le diocèse à une société qui la transforme en entrepôt et en atelier de préfabrication de pièces de béton et de briques[5]. Tout son mobilier et ses objets liturgiques sont vendus à un antiquaire, sauf l'orgue, transféré à Kiel[6], la chaire et un autel de bois donnés à d'autres lieux de culte. L'église échappe à la démolition en étant vendue dix ans plus tard à une société immobilière qui décide de la partager en douze lofts d'habitation haut-de-gamme de 65 à 85 m2[7]. Le programme est lancé en 2010[8]. Le petit clocher est déposé en l'an 2000[9].