Église Saint-Laurent de Beaulieu-lès-Loches
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L'ancienne église Saint-Laurent de Beaulieu-lès-Loches est une église catholique située à Beaulieu-lès-Loches, en France.
Cet édifice est au XXIe siècle désaffecté et sert principalement d'espace communal pour expositions temporaires.
Il était dédié à Saint Laurent, mort martyr sur un gril au IIIe siècle et célébré le 10 août.
L'église aurait été fondée au XIe siècle. À l'origine, c'était une simple chapelle. Le chœur, long de deux travées et ses bas-côtés, conservés aujourd'hui, semblent dater de cette période.
L'église est érigée en cure vers 1229. Le clocher est probablement édifié dans le même temps en lieu et place de la dernière travée du bas-côté Nord.
Une paroisse est constituée dans les années 1230. L'église est alors prolongée d'une nef afin d'accueillir les nouveaux paroissiens.
Deux chapelles sont édifiées au chevet de l'édifice au XVIe siècle par Jean Sauvage, aumônier de la reine Anne de Bretagne. La chapelle septentrionale est placée sous le vocable de Notre-Dame de Pitié et possède son propre autel.
L'édifice est désaffecté à la Révolution et est vendu comme bien national.
De la fin des années 1830 à 1952, l'édifice est propriété des marquis de Bridieu successifs, qui l'utilisent pour abriter les sépultures familiales sous l'ancien autel de la chapelle Notre-Dame de Pitié[1].
L'ancienne église est classée Monument Historique par arrêté du 17 septembre 1952[2].
Ce classement (ainsi qu'une promesse de subventions de 50 % de la part de l’État et de 25 % de la part du Département), convainc la municipalité d'accepter le don du Marquis de Bridieu, malgré les travaux importants nécessaires à la remise en état du bâtiment.
Durant les années suivantes, l'église est, dans un premier temps, mise hors d'eau, puis plus globalement consolidée[3]. Malgré de nombreuses difficultés financières, à partir des années 1960, l'église est progressivement convertie en salle culturelle par la commune.
Description
La description ci-contre est presque intégralement issue de celle d'André Montoux au tout début des années 1950[1].
Le chœur est long de deux travées voûtées sur croisées d’ogives sans clef décorée, dont les nervures sont moulurées d’un simple tors[4]. Le chœur communique à son extrémité orientale par une arcade en tiers-point avec le bas-côté sud (vestiges de la chapelle romane initiale également) et est clôturé au Nord (dernière travée uniquement) par un mur plein où l’on note la présence d’une baie en plein-cintre (murée lorsque l’on a édifié le clocher).
Le clocher est construit sur un plan carré[5].
Deux chapelles du XVIe siècle sont ouvertes sur le chevet. La chapelle septentrionale, construite en 1507, est ornée en clef de voûte des armes de Jean Sauvage, aumônier de la reine Anne de Bretagne (d’azur à trois croissants d’or et une étoile d’or en cœur). Sous l’autel, un caveau fut aménagé en 1840 (après la désaffectation) pour recevoir des sépultures de la famille de Bridieu. La chapelle méridionale, édifiée en 1530, présente des chapiteaux caractéristiques de la Renaissance, ornés de fruits et de guirlandes où se détache également le blason des Sauvage.
Construite à partir des années 1230, la nef, à éclairage indirect, prolonge le chœur et les bas-côtés. Elle est longue de deux travées couvertes de voûtes angevines à huit nervures très bombées, reposant sur deux colonnes monocylindriques à base carrée. Le chapiteau est orné de deux rangs de feuilles sous un tailloir octogone. Cette nef est considérée comme caractéristique de l’art « Plantagenêt » (ou art angevin).