Église Saint-Léger de Kolbsheim
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luthérien
Église protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine
| Église Saint-Léger de Kolbsheim | |
Vue partielle depuis la rue de la Division-Leclerc | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | catholique romain / luthérien |
| Type | Église |
| Rattachement | Archidiocèse de Strasbourg / Église protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Alsace |
| Département | Bas-Rhin |
| Commune | Kolbsheim |
| Coordonnées | 48° 33′ 36″ nord, 7° 35′ 10″ est |
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L'église Saint-Léger de Kolbsheim est une église simultanée du Bas-Rhin[1]. La première église, entourée d'un cimetière, est devenue simultanée dès 1691. En mauvais état, elle a été remplacée en 1768 par l'église actuelle, insérée entre des bâtiments et qui reprend sensiblement la même disposition intérieure.
Kolbsheim étant un village à très forte majorité protestante, n’a pas d’église catholique, mais a eu successivement deux églises protestantes. Les seigneurs du village ont introduit la Réforme à Kolbsheim en 1567. L'église catholique, dont la date de construction n'est pas connue, mais qui a sans doute été bâtie au Moyen Âge, a alors été affectée au culte protestant. Le simultaneum y a été instauré en 1691 parce qu’une famille catholique s’était installée près du canal de la Bruche, dans la vallée, en contrebas du village. Situé sur un terrain instable, le bâtiment dut être démoli et la construction d’une nouvelle église fut entreprise en 1767. Aujourd'hui toujours simultanée, l'église actuelle est insérée dans le bâti de la rue de la Division Leclerc.
La première église
Dédiée à saint Léger, la première église était implantée en travers de la forte pente descendant du village vers la Bruche. Des dessins et un plan réalisés par l'architecte Le Mire en 1766 sont les seuls documents représentant ce lieu de culte[2]. Ils permettent de constater que le plan au sol du bâtiment était un simple rectangle, d'environ 25 × 8 m, orienté est-ouest, d'où s'élevait un clocher-tour à toit en bâtière, dans lequel étaient percées en hauteur des ouvertures en plein cintre de style roman et, à la base, des fenêtres à arcature gothique. Le dessin ancien montre une série d'ouvertures carrées dans le mur gouttereau sud[3]. Tout autour s'étendait le cimetière, qui a été utilisé jusqu'au XIXe siècle ; plusieurs stèles funéraires, aux inscriptions encore lisibles, se dressent sur ce terrain enclos.
Les fidèles descendaient du village à l'église par une ruelle pentue, puis par des marches aménagées dans le cimetière pour arriver sous un auvent abritant le portail. Grâce au plan de 1766[4], l'aménagement de l'église peut être décrit avec précision. Dans la nef étaient placées deux rangées de bancs ; du côté sud se trouvait, en hauteur, la tribune seigneuriale, à laquelle l’on accédait par un escalier extérieur. Au fond de la nef étaient placées la chaire et la table de communion protestante. Dans le chœur carré, réservé aux catholiques et surmonté par le clocher, se trouvaient l'autel et un confessionnal, de même que la porte d'accès à la sacristie. Utilisés par les deux confessions, les fonts baptismaux avaient été placés entre les espaces dévolus à chacune d'elles.
Décider d'une reconstruction
Vers 1760, le clocher présentait sur toute sa hauteur d'énormes fissures, certainement provoquées par des mouvements du sous-sol. L'église avait en effet été implantée, non seulement en travers d'une forte pente, mais aussi non loin d’une faille géologique[5]. L'état désastreux du bâtiment était connu depuis longtemps, mais le grand nombre de propriétaires concernés avait toujours fait différer une prise de décision au sujet d'une éventuelle reconstruction. Au début du XVIIIe siècle, la seigneurie de Kolbsheim était en effet répartie entre au moins six propriétaires, dont aucun ne possédait plus du quart du village. À l’introduction de la Réforme, les seigneurs s'étaient quasiment tous convertis au protestantisme. Mais le doyen du Grand-Chapitre de la cathédrale de Strasbourg restait propriétaire de la dîme de tout le village, ainsi que du clocher-chœur et de la sacristie de l'église. Une nouvelle construction devant être financée par les deux confessions, il fallait concilier les intérêts des uns et de l'autre. Toutefois, le baron Frédéric François de Falckenhayn, puis son fils Charles Gustave, acquirent la quasi-totalité de la seigneurie autour de 1750[6]. Puisqu'il ne restait alors plus que deux propriétaires, il devenait possible de discuter de la construction d’une nouvelle église.
Le simultaneum
Le simultaneum est une réglementation instaurée en 1684 par Louis XIV qui permettait aux catholiques d’utiliser les églises protestantes pour y célébrer leur culte. Le chœur devait revenir aux catholiques dès lors qu’il y avait sept familles de cette confession dans la commune. Cette mesure a été imposée dans les localités entièrement protestantes pour y faciliter la pénétration catholique, suivant la politique royale, qui cherchait de favoriser l’expansion du catholicisme dans une Alsace largement protestante. Le simultaneum a concerné progressivement 163 églises en Alsace jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.
Cette cohabitation était un point de discorde et un prétexte à chamailleries interminables entre communautés religieuses. Après 1884, les évêques cherchèrent des financements pour construire une église catholique dans les villages concernés et parvinrent très souvent à leur but. Après 1945, l’esprit de tolérance progressa et l’alternance des cultes fut plus régulière, parfois il y eut même un autel commun. Aujourd’hui, le simultaneum subsiste dans 50 localités d’Alsace. Il est devenu un facteur de rapprochement entre chrétiens après avoir été un motif de conflit.