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Église Saint-Léger de Tannay

église située dans la Nièvre, en France From Wikipedia, the free encyclopedia

L'église Saint-Léger est est une ancienne collégiale catholique (aujourd'hui église paroissiale) située à Tannay, dans le département de la Nièvre, en France.

Type
Paroisse
Paroisse Saint-François-d'Assise (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Religion
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Église Saint-Léger de Tannay
Vue sur l'église et son clocher.
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Diocèse
Paroisse
Paroisse Saint-François-d'Assise (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Présentation

« Malgré les importantes restaurations et les additions qu'elle a subies, l'ancienne collégiale de Tannay qui dresse sa masse imposante au milieu du bourg, non loin de vieilles maisons et de restes informes de murailles, est un précieux témoin de la prospérité de la petite cité médiévale et des luttes acharnées qui se sont livrées au XVe siècle dans la région. Son architecture retient notre attention par quelques analogies avec le chevet de Saint-Martin de Clamecy, dues peut-être à des rapports avec des chantiers de cette ville voisine, par sa nef fortement articulée par de puissants contreforts et dominée par une grosse tour de façade où l'on voit apparaître les premiers caractères de la Renaissance »[1].

Elle est ouverte tous les jours.

Historique

Général

La paroisse de Tannay, Tanneio, apparaît en 1138, lorsque l'évêque Fromond donne au chapitre de Saint-Cyr les revenus qu'il possède sur cinquante-trois églises de l'ancien diocèse[2].

Le collège de chanoines de Tannay est créé en juillet 1201 à la demande de plusieurs ecclésiastiques de la localité, Gautier, évêque de Nevers, les autorise à créer pour eux-mêmes et avec leurs propres biens des prébendes dans l’église de Tannay. Il leur concède l'église et six livres de cire. La charte de fondation du chapitre de Tannay décide que, dans le commencement, il peut y avoir jusqu’à trente chanoines, mais que, par la suite, le chiffre n’en dépasse pas douze. Néanmoins, en janvier 1259, il y en a encore quinze. Guillaume de Grandpuy, évêque de Nevers, par une charte de cette même année, ramène leur nombre à douze, conformément à l’acte de fondation ; les revenus du chapitre étant trop peu considérables pour suffire à l’entretien d’un aussi grand nombre de membres[3].

L’église de Tannay est construite en l’honneur de saint Léger ; pour augmenter la dévotion envers cette église, l’évêque Jean II de Savigny résout d’associer à ce saint, dans une nouvelle dédicace, « Dieu Tout-Puissant, la Très Sainte Vierge Marie et Tous les Saints » ; et, à cette occasion, il accorde, par acte du 26 avril 1313, un an d’indulgence à tous ceux qui, confessés et ayant communié, visitent l’église à la fête de cette dédicace, et quarante jours à ceux qui la visitent dans les mêmes conditions dans les octaves de cette fête[4].

En 1465, le prévôt et les chanoines de Tannay, reconnaissent que le comte et la comtesse de Nevers sont les protecteurs et fondateurs de leur église ; sont alors présents : Jean Rossignol, prévôt, Jean Dampierre, Philibert Marigny, Renauld Paliot, Pierre Rossignol, Jacques Rigne et Jean Bonhomme, chanoines[5]. Un acte similaire rédigé quatre ans plus tôt évoque le même personnel[6].

Avant la Révolution, le chapitre de la collégiale comprend au total quatorze prébendes attachées à un prévôt, onze chanoines, un curé et un instituteur. Le prévôt est un des membres du chapitre de Saint-Cyr de Nevers. En 1789, le prévôt est le chanoine François Septier de Rigny, qui résigne peu après sa prébende en faveur de son neveu, Jean Septier. Cette même, le revenu annuel du chapitre s'élève à 9946 l[7].

Sur place on compte huit chanoines :

  • Jacques Cliquet, Pierre Brotier ou Brotier l'aîné, né le 29 décembre 1723 ;
  • Pierre Claude Brotier, né le 5 février 1749 ;
  • Jacques Ragon, né le 4 juillet 1744 ;
  • Gaspard Fournier ;
  • Nicolas Bourgillon, né le 17 juin 1726 ;
  • Nicolas Morlé ;
  • Claude Nicolas Grasset, né le 1 novembre 1751 ;
  • Charles Martin de Rivière et Grimiau, ce dernier est étudiant[7].

Fouilles archéologiques

Le 24 mars 1999, les travaux de déplacement de l’autel de l’église sous la direction de Philippe Benezech, ABF, ont amené la découverte de quatre statues en calcaire polychrome et de divers fragments. Même sans tête, les statues ont encore entre 0,80 m et 1 m de haut. L’une d’elles représente Saint-Léger et, d’après l’inscription présente sur la base, est datée du XVIe siècle. Parmi les autres fragments figurent un probable saint Jacques et une tête féminine couronnée[8].

Architecture

Général

Parmi les églises du XIIIe siècle partiellement reconstruites au XVe ou au XVIe siècle, celle de Tannay est une des plus importantes et une des plus intéressantes. Elle comprend une nef de quatre travées, bordée de bas-côtés qui se terminent par un mur droit à la naissance du chœur, un transept non débordant, un chevet plat flanqué de deux chapelles, et une grosse tour sur la première travée de la nef.

Les parties orientales, c'est-à-dire le chœur et le transept, appartiennent à l'édifice primitif élevé à la fin du XIIIe siècle alors que les quatre travées de la nef ont été ajoutées à la fin du XVe.

Extérieur

À l'extérieur, au centre de la façade, s'ouvre le portail en accolade, encadré de moulures, entre les contreforts qui montent jusqu'au sommet de la grosse tour carrée surmontant la première travée de la nef, et s'amortissent en pinacles. Une rangée de corbeaux, témoins d'un ancien porche, fait saillie sur le mur entre le portail et une petite rose bordée de plusieurs gorges, percée sous un arc de décharge légèrement brisé. Un petit cordon coupe le parement au niveau de la corniche du toit des collatéraux, et souligne le soubassement percé seulement d'une archère. Les deux étages supérieurs, épaulés aux angles par des contreforts amortis en pinacle, sont ajourés sur chaque face d'une grande fenêtre, en plein cintre ou en anse de panier, divisée, par des colonnettes ou un meneau vertical, en deux petites baies cintrées ou en tiers-point ou rectangulaires. Elle est couronnée d'une galerie à dessin flamboyant, en partie remplacée par des panneaux pleins, ou ajourés de petits cercles avec gargouilles aux angles, et est couverte d'une petite pyramide en charpente, comme la tourelle d'escalier accolée au nord.

Vue sur la collégiale de Tannay.

Les façades latérales de la nef sont épaulées par des contreforts très saillants à retraite, percés d'arcades en cintre légèrement brisé permettant de circuler autour de l'édifice sans les contourner. Ces contreforts sont ceinturés par un cordon, qui règne sous l'appui des fenêtres, en tiers-point, divisées en deux ou trois formes avec remplage flamboyant. Une porte en anse de panier, entourée de moulures, s'ouvre dans la deuxième travée du collatéral sud. Les murs du transept, épaulés aux angles nord-est et sud-est par deux petits contreforts, portent la trace très nette d'importantes restaurations qui ont abouti à l'ouverture de trois baies en tiers-point d'inégale hauteur. Entre le chœur, sensiblement moins haut que la nef, et les chapelles latérales se dressent les contreforts ajoutés par la suite. Le mur de fond est ajouré de trois fenêtres en lancettes et, au-dessus d'un cordon, d'une petite rose polylobée. Une archère est percée dans le pignon du chevet, et des baies rectangulaires trouent le mur sous les rampants du toit du transept et des chapelles.

Intérieur

Le chœur carré est couvert d'une voûte sexpartite ; les nervures, profilées d'un tore en amande sur bandeau élégi de deux cavets, retombent aux angles sur des colonnettes reposant sur le sol ou sur des consoles, et couronnées de chapiteaux à feuillages et à crochets, au milieu du parement, sur des culots décorés d'une figure d'atlante ou de feuillages. Il est ou était éclairé au nord par deux fenêtres superposées, en cintre brisé, et légèrement ébrasées (aujourd'hui murées), au sud par une grande fenêtre fortement désaxée, à remplage flamboyant et, à l'est, par trois baies en lancette surmontées d'une petite rose polylobée. Près du mur de fond s'ouvre, au nord, une petite porte en anse de panier décorée d'une guirlande de chêne et surmontée d'une inscription en lettres minuscules gothiques donnant la date de la construction de cette partie de l'église : 1502.

Le chevet communique par de grands arcs en tiers-point, garnis de moulures prismatiques, avec les chapelles latérales qui s'ouvrent sur le transept, au nord par un arc formé d'un seul rouleau chanfreiné, et au midi par un arc présentant un large bandeau entre deux gorges et deux tores ; ils retombent l'un et l'autre sur les épais tailloirs de petits chapiteaux ornés de crochets. Ces chapelles sont couvertes de croisées d'ogives, à tore en amande avec filet, reposant sur des tronçons de colonnettes portés par des culots. Le mur de fond de la chapelle sud porte les traces d'une baie légèrement brisée ; deux larges fenêtres, de même forme, s'ouvrent dans l'autre chapelle.

Le carré du transept est encadré par de grands arcs en tiers-point à double rouleau, décorés d'un bandeau entre deux tores dégagés par des cavets. Il est couvert d'une croisée d'ogives présentant le même profil que celles du chœur et aboutissant à un trou de cloche orné de perles ; les nervures retombent, à l'est, sur les massifs de maçonnerie séparant le chœur des chapelles, et à l'ouest sur les colonnes d'angle des derniers piliers de la nef. Éclairés par trois fenêtres en lancette, dont l'une au centre plus haute que les deux autres, les croisillons sont voûtés d'ogives avec des clefs ornées d'un disque portant l'Agneau et d'une main bénissante.

Le nef de l'église de Tannay.

La nef est exactement de la même hauteur que les bas-côtés. C'est donc une nef aveugle, éclairée indirectement par de grandes fenêtres en tiers-point à remplage flamboyant, divisées en deux formes au nord et trois au midi, sauf dans la première travée où il n'y en a que deux. Les grandes arcades, en tiers-point, sont garnies de moulures prismatiques séparées par des gorges, pénétrant les grosses piles rondes de la nef sauf celle du milieu, plus importante qui descend sur les bases à facettes reposant sur des socles polygonaux très élevés. Nef et bas-côtés sont couverts de croisées d'ogives prismatiques qui pénètrent les colonnes, séparées par des doubleaux présentant le même profil que celui des grands arcs avec une moulure médiane se prolongeant sur les piles. Dans les trois premières travées, les voûtes sont quadripartites (les arcs de la travée occidentale qui porte le clocher étant beaucoup plus forts que les autres), alors que dans la dernière travée c'est une voûte en étoile avec liernes, tiercerons et clefs ornées de pendentifs presque tous disparus. Les nervures de cette voûte pénètrent, à l'ouest, les dernières piles de la nef et retombent, à l'est, sur les colonnettes d'angle du pilier cruciforme, cantonné de quatre colonnes et de quatre colonnettes, qui sépare la nef du transept. Les bases, formées de deux tores séparés par une petite gorge et un filet, reposent sur des socles polygonaux et les chapiteaux, dont l'astragale est allégé par une rainure, sont décorés de feuillages s'enroulant sous les angles du tailloir enrichi de plusieurs moulures. Dans les collatéraux, les moulures prismatiques des croisées d'ogives à quatre compartiments, pénètrent d'un côté les colonnes, sauf la grosse moulure du doubleau, et de l'autre, descendent le long des murs gouttereaux jusque sur des bases à facettes.

Mobilier

Mobilier classé et inscrit

La porte en bois du XVIIe siècle.

Plusieurs objets de l'église de Tannay sont classés au titre de Monuments Historiques :

D'autres éléments non classés sont présents dans l'église :

En complément

Une peinture murale a été découverte après débadigeonnage de l’église en 1893, sur la deuxième pile sud de la nef. Probablement contemporaine de la construction, elle est curieuse par son iconographie symbolique de Dieu sous ses trois aspects : dans un médaillon, Dieu le Père avec une grande barbe tient le globe du Monde, tandis que l’Enfant-Jésus porteur de la croix avec seule l’inscription INRI, figure le Fils ; au-dessus le Saint-Esprit est représenté par la colombe nimbée et la Vierge elle-même est évoquée par un phylactère qui entoure le symbole du Christ et sur lequel on peut lire la phrase de saint Luc : Ecce ancilla Domini, fiat mihi secundum verbum tuum. Le tout se détache sur un fond damassé vert et rouge. Il n’est pas improbable que ce décor ait été à l’origine l’accompagnement d’une statue de la Vierge[25].

Protection

L'édifice est classé au titre des monuments historiques depuis 1840[26].

Propriétés, revenus et fondations

Propriétés et revenus

Les chanoines de Tannay possèdent de nombreux biens et revenus dans le bourg et au-delà :

  • dans une charte daté de 1325, il est écrit que les chanoines lèvent la dîme sur les terres cultivées en blé dans leur paroisse ;

Fondations

De nombreuses personnes élisent sépulture dans la collégiale. Sous la cote 11 G 8 des archives départementales de la Nièvre se trouvent plusieurs actes de fondations et testaments :

Prévôts

La chasse de saint Hubert, retable du XVIe siècle.

(liste non exhaustive)

  • Mentionné entre 1461 et 1465 : Jean Rossignol[27] ;
  • 1502 : Jean de Damas[28] ;
  • 1565 : Jehan de Montfoy[29] ;
  • 1572 : Jehan Rochery[29] ;
  • 1651 : Claude Mauvieau[30] ;
  • 1661 : Claude Moireau[31] ;
  • 1666 : François Lauvergon[32] ;
  • Mentionné entre 1687 et 1719 : Jean de Lys[33] ;
  • Mentionné entre 1733 et 1757 : Jacques Claude de Bèze[34] ;
  • Mentionné entre 1765 et 1771 : Jean-Jacques Sallonnier[35] ;
  • 1789 : François Septier de Rigny[7] ;
  • 1790 : Jean Septier[7].

Curés

(liste non exhaustive)

  • 1201 : Hugues[3] ;
  • Mentionné entre 1496 et 1502 : Pierre de la Porte[36] ;
  • 1529 : Claude de la Porte[37] ;
  • Mentionné entre 1638 et 1652 : Philippe Massé[38] ;
  • 1652 - 1682 : Lamejoy[38] ;
  • 1682 - 1698 : André Brotier[38] ;
  • Mentionné entre 1698 et 1715 : Lureau[38] ;
  • Mentionné entre 1726 et 1746 : Jacques Brotier[38] ;
  • 1746 - 1754 : Pierre Dénoue[38] ;
  • 1754 - 1792 : Nicolas Bourgillon[38].

Armoiries

De gueules, à quatre chevrons d'or[39].

Voir : Armorial des communautés religieuses du Nivernais

Références

Annexes

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