Église Saint-Martin de Borey
église située en Haute-Saône, en France
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L'église Saint-Martin de Borey, édifiée au XVIIIe siècle selon les règles du style classique, est représentative de l'importante phase de restauration et de reconstruction des édifices religieux du département de la Haute-Saône après le rattachement de la Franche-Comté à la France en 1678.
| Église Saint-Martin de Borey | |||
| Présentation | |||
|---|---|---|---|
| Culte | Catholique romain | ||
| Type | Église | ||
| Rattachement | Archidiocèse de Besançon | ||
| Début de la construction | XVIIIe siècle | ||
| Fin des travaux | XVIIIe siècle | ||
| Style dominant | Classique | ||
| Géographie | |||
| Pays | |||
| Région | Bourgogne-Franche-Comté | ||
| Département | Haute-Saône | ||
| Ville | Borey | ||
| Coordonnées | 47° 35′ 37″ nord, 6° 21′ 23″ est | ||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Franche-Comté
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Histoire
Implantée aux abords d’une ancienne voie antique reliant Vallerois-le-Bois à Montjustin, l’édifice actuel fait suite à une église qui existait au XIIe siècle, sur laquelle on ne dispose que de peu d’éléments si ce n’est qu’elle dépendait à l’origine de l'abbaye de Marast[1] et qu’elle comportait une chapelle dédiée à Sainte Catherine, lieu choisi par les seigneurs de Borrey, selon l’orthographe de l’époque, pour leurs sépultures. Gérard et Gauthier de Borrey y ont été ainsi inhumés selon des testaments publiés en 1357 et 1361.
Située sur une légère éminence, l’église se trouve au milieu du village entre ses deux parties autrefois dénommées « le bout de dessus » et « le bout de dessous ».
Sa titulature, comme plus de 50 autres églises de la Haute-Saône, à Saint Martin, évangélisateur de la Gaule et fondateur des premiers monastères, fait présumer une évangélisation du village dès l’époque mérovingienne. L’existence de communautés chrétiennes dès le Ve siècle est sur ce point attestée par la découverte de l'Église paléochrétienne de Chassey-les-Montbozon, située à une douzaine de kilomètres et qui a été occupée jusqu’au XIe siècle.
Une tête sculptée, malheureusement très mutilée, insérée dans le mur d'une habitation du village, pourrait être le vestige d'un corbeau de la construction primitive.
À la suite du traité de Nimègue, une intense activité des églises paroissiales se développe sous l'impulsion des archevêques de Besançon. Cette situation est favorisée par la législation forestière, issue de l'ordonnance de Colbert datant de 1669, obligeant les communautés d'habitants à distraire un quart des bois, pour former une réserve. Cette réserve, exploitée sous le contrôle des grands maîtres des Eaux et Forêts, permettait de dégager les finances nécessaires à la construction des bâtiments publics. Riches de leurs « grands bois », les habitants ont trouvé les ressources nécessaires pour recourir à une architecte de renom, originaire de Dole, Anatole Amoudru (1739-1812), auteur de plus de 60 églises en Franche-Comté.
Les curés Ferdinand Alix, oncle et neveu, nés à Frasne en 1695 et en 1740, ont été les artisans de l'édification de l'église intervenue à partir de 1779, une carrière de pierres ayant été ouverte à cet effet dans le bois du Nouvelet
La consécration a eu lieu le , par Claude-Ignace Franchet de Rans, évêque in partibus de Rhosy (de) (Syrie), suffragant de Besançon.
Les archives paroissiales font état du vol survenu en 1785 des reliques de la Sainte-Croix, authentifiées par une lettre de l'évêque de Porphyre, l'un des gardiens de la vraie croix.
Une restauration de l'édifice a été effectuée dans les années soixante-dix sous le ministère de l'abbé Faivre.
Architecture
L'accès à l'église se fait par le clocher, typique de la région avec son toit bulbeux comportant dans sa partie basse un porche précédé d'un portail en plein-cintre surmonté d'un fronton triangulaire. La nef est à trois travées, la deuxième formant le transept. La voûte en berceau repose sur des pilastres engagés. Le chevet est plat avec des angles arrondis. L’entourage du chœur comporte de belles boiseries (lambris de revêtement) du XIXe siècle, dessinées par Christophe Colard, architecte réputé de la région de Gray. Elles enchâssent des tableaux dont, au centre derrière l’autel, celui de Saint Martin en habit d'évêque, œuvre de Johann Melchior Wyrsch (1732-1798), fondateur avec le sculpteur Luc Breton de l'école de peinture et de sculpture de Besançon. Les deux autres toiles représentant la Vierge à l’Enfant et Saint Joseph ne sont pas signées mais sont du même peintre.
La chapelle latérale gauche comporte un autel et retable avec sa toile de la Vierge de l'Immaculée Conception et deux médaillons peints sur les pilastres figurant Saint Jacques et Saint Antoine. La chapelle latérale droite comporte un autel et retable avec s a toile de Sainte Barbe et deux médaillons peints figurant l'Ange gardien et un saint en prière. La chapelle de la Vierge comporte au sol les pierres tombales d'Antoine Alexis Tranchant, Comte de la Verne, décédé en 1746, de son fils Jean François Tranchant, décédé en 1782, et de Peronne de Vaudrey, Comtesse de La Verne, décédée en 1677. Cette dernière, chanoinesse de Remiremont, était ensuite devenue l’épouse de Louis de la Verne, le vaillant défenseur de la capitale comtoise, Dole, lors du siège par les armées françaises en 1636.
Deux autres pierres tombales de prêtres se trouvent dans l'allée : celles du curé Triboulet mort en 1814 et du curé Ferdinand Alix mort en 1774. Ce prêtre, qui avait « gouverné » la paroisse durant trente ans, était né à Frasne en 1695 et a vu lui succéder son neveu homonyme, Ferdinand Alix, également né à Frasne en 1740 et qui officiera jusqu’en 1802.
Deux vitraux du XIXe siècle représentant Sainte Barbara et la Sainte Famille éclairent le transept, provenant de l’atelier bisontin de Joseph Beyer.
En 1794 une cloche a été livrée à l'État pour les besoins des guerres révolutionnaires. Le clocher comporte deux cloches, la grosse refondue en 1848 et la petite datant de 1905.
- Vue latérale de l'église.
- Nef de l'église.
- Chapelle de la Vierge.
- Chapelle de Sainte-Barbe.