Église Saint-Martin de Repentigny
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L'église Saint-Martin est une église catholique située à Repentigny dans le Pays d'Auge, en Normandie . C'est un petit édifice du XIIe siècle qui a perdu les caractéristiques architecturales de la période romane mais dont le retable du XVIe siècle et les restes de litre funéraire suscitent l'intérêt.
L'église Saint-Martin s'élève dans la commune de Repentigny qui est située dans le département du Calvados en France.
Historique
D'après Emile Caval, auteur d'une monographie de Bonnebosc, Repentigny et Auvillars, le fief de Repentigny a toujours appartenu aux seigneurs d'Auvillers, ancien nom d'Auvillars [1],[2].
Le fait est avéré quand Repentigny apparaît en 1449 dans un aveu de foy et hommage rendu par Alix et Guillemette de Tournebu, héritières de la seigneurie d'Auvillers. En 1485, le patronage de l'église de Repentigny revient par héritage à la famille de Harcourt[3].
La famille Dauvet apparaît en 1649 par le mariage de Pierre Dauvet de Trigny avec Louise Marie de Mion, Dame d'Auvillars, Repentigny et autres lieux[1]. Cette famille laisse des traces dans l'histoire de la paroisse par la présence dans l'église d'une litre funéraire qui arbore le blason de la famille et la construction de la chapelle attenante au choeur, élevée lorsque les Dauvet possédaient le patronage de l'édifice[4].
Au XVIe siècle le nom de Corday survient dans l'histoire du village par l'intermédiaire de l'arrière grand-tante de Charlotte Corday : Catherine, Dame de Repentigny. Née en 1579 dans l'Orne, Catherine de Corday épouse René le Cordeur de Tilly qui ajoute le nom du domaine de Repentigny à son patronyme. Leur fils Pierre Legardeur[5], parti à Québec avec sa mère, sa sœur et son frère, fonde en 1647 une seigneurie le long du fleuve Saint-Laurent. Cette seigneurie donne son nom à Repentigny, grande ville du Québec[6].
En 1771 Marie-Madeleine Thierry est inhumée à l'intérieur de l'église juste avant l'édit de 1776 [note 1] interdisant cette pratique. Au XIXe siècle Pierre Boniface Thierry achète un terrain près de l'édifice pour créer un cimetière privé pour sa famille. Jules Le Cesne, époux de sa fille Pauline, et milliardaire bâtisseur du château de Beauregard, en devient le gestionnaire. Une trentaine de monuments funéraires des deux familles y sont conservés[8].
la paroisse est rattachée à Rumesnil puis réunie à Auvillars entre 1825 et 1830 sous Charles X en tant que vicairie indépendante[4].
Description
Construite au XIIe siècle l'église Saint-Martin de Repentigny est constituée d'une nef à vaisseau unique et d'un chœur plus étroit qui communique avec une petite sacristie côté nord. Les murs sont en moellons de pierre calcaire. Seules les ouvertures sont en pierre de taille. Elles ont toutes été modifiées depuis l'origine[9] et ont perdu les formes caractéristiques des églises romanes. Le clocher en charpente couverte d'ardoise est juché sur la première travée de la nef. Sa flèche octogonale est posée sur une base carrée.
L'intérieur
La nef
La nef est éclairée par quatre fenêtres carrées. La deuxième et la troisième travée sont couvertes par une charpente lambrissée en berceau portée par des grosses poutres. Dans l'embrasure d'une des fenêtres, côté nord, une pierre porte une inscription qui rappelle la fondation en 1601 de l'obit de Guillaume Martin demandant la célébration d'une messe chaque semaine et un Libera à dire sur sa tombe tous les dimanches. Les murs sont ornés d'une litre funéraire révélée par des travaux en 2018[10]. De place en place la litre est interrompue par un motif polychrome qui représente l'écu de la famille Dauvet dans une croix de Saint-Louis coiffée d'une couronne de marquis. Une seconde croix, plus petite, à l'effigie de Saint-Louis y est suspendue[4].
Le chœur
Le mur pignon du choeur est occupé dans toute sa largeur par un retable de la fin du XVIe siècle ou du début du XVIIe siècle. La litre funéraire est aussi présente sur les murs du chœur. Des vestiges d'un faux appareil à double joint rouge sur fond jaune parsemé de fleurettes sont également visibles depuis 2017. Deux autels latéraux sont respectivement dédiés à Saint-Sébastien et à la Vierge à l'enfant. Une petite porte à cintre surbaissé donne accès à l'actuelle sacristie.
Le retable
C'est le plus ancien du Pays d'Auge. Il est composé en grande partie de plusieurs éléments qui datent du XVIe siècle[11] mais il a été vraisemblablement assemblé à une époque ultérieure. Le visage d'angelot entouré de dorures au-dessus du panneau central et les ailerons au-dessus des volets latéraux ont été rajoutés au XVIIe ou XVIIIe siècle.
Le panneau central, encadré par des colonnes cannelées, est un bas-relief polychrome qui représente la Cène, c'est-à-dire le dernier repas de Jésus-Christ avec ses douze apôtres. Au-dessus, deux petits panneaux de la même facture entourent un édicule à deux niveaux.
De chaque côté du panneau central, deux volets en bois qui ont pu appartenir à un autre retable, sont constitués chacun de six panneaux. Ils racontent la passion du Christ : à droite du baiser de Judas en passant par la comparution devant le Sanhédrin jusqu'à la condamnation à mort ; et à gauche de la scène où Jésus porte sa croix jusqu'au sommet du Golgotha jusqu'à la descente de croix, la mise au tombeau et la Résurrection.
Le verso de chaque volet, découvert par les restaurateurs du retable, est pareillement divisé en six tableaux peints en grisaille. Ils évoquent les épisodes de la vie de Saint-Martin [12].