En 960, le seigneur de Beaujeu cède des terres et un prieurébénédictin sous l’autorité de l’abbé de Cluny s'installe à Salles en Beaujolais. Sans doute au milieu du XIIesiècle, les moines construisent une église et un cloître. Ils aménagent également des bâtiments nécessaires à la vie d'un prieuré (salle capitulaire, dortoir, parloir, cellier, cantine)[2]. L'église a été remaniée à plusieurs reprises au cours des siècles.
Il date de la première moitié du XIIesiècle et il surmonte la croisée du transept. Il est composé de trois niveaux quadrangulaires: une base aveugle, un deuxième niveau percé sur chaque face par une baie en plein cintre et un troisième niveau d'arcature à claire-voie. Il est recouvert d'un toit plat à quatre pans, que l'on retrouve dans la majorité des églises bâties dans le Beaujolais au XIIesiècle. Les colonnettes d'angle qui encadrent l'arcature rappellent le clocher de Beaujeu[3].
Abside
L'extrémité des trois bras de croix sont accusés par des pignons qui s'élèvent de près d'un mètre au-dessus des toitures. Ces pignons sont recouverts depuis 1840 de dalles en pierre de taille. Il y avait auparavant des dalles en pierre de lave qui avaient remplacé de belles arcatures lombardes moulurées reproduisant exactement l'aspect actuel du pignon d'entrée qui seul a été restitué. le haut des pignons était surmonté d'une croix.
La partie circulaire de l'abside est couronnée d'une corniche composée de petites consoles, que l'on pouvait autrefois retrouver sur l'ensemble de l'édifice.
Les vitraux du chœur sont de Bégule et datent de 1893[8].
La baie centrale de l'abside représente au centre, le Christ en gloire, à gauche, Saint Martin et à droite, Saint Anne enseignant la Vierge [3].
La poutre de gloire est en fer forgé et date de la fin du XVIIIesiècle. Elle est composée de motifs en spirales et en grecques et est accompagnée d'une statue en bois représentant le Christ en croix[14].
Les chanoinesses du chapitre de Salles utilisaient l'église et on retrouve des traces de leur présence à travers le mobilier. Dans le chœur, les vingt-trois stalles classées dans la base Palissy[15] sont réalisées en chêne sculpté. Chacune a une miséricorde terminée par un gland. Elles datent du XVIIIesiècle.
Dans le plafond de la croisée du transept, une horloge servait probablement à indiquer les heures de prière des chanoinesses[3].
Au-dessus du vitrail central du chœur, un vitrail représente la croix des chanoinesses stylisée avec des fleurs et portant leur devise. Il a été réalisé en 1843 par l'architecte Desjardins[3].
Alain Jean-Baptiste et Daniel Rosetta, Le Beaujolais Traditionnel et insolite, éditions du Poutan, , 157p. (ISBN978-2-918607-96-0), p.16-17.
René Gast, Le pays Beaujolais, éditions Ouest-France, , 126p. (ISBN978-2737329623), p.21.
Louis Jacquemin, Églises romanes du Lyonnais, Beaujolais et Viennois, Bourg-en-Bresse, éditions de la Taillanderie, , 64p. (ISBN2-87629-151-7), p.27-31.