Église Saint-Maurille de Saint-Morillon
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de Saint-Morillon
| Destination initiale |
utilisation cultuelle |
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| Destination actuelle |
utilisation cultuelle |
| Dédicataire |
Saint Maurille |
| Style | |
| Construction |
XIIe, XIIIe, XIVe et XIXe siècles |
| Propriétaire |
Commune |
| Patrimonialité |
| Pays | |
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| Département | |
| Commune |
| Coordonnées |
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L'église Saint-Maurille[1] est une église catholique située dans la commune de Saint-Morillon, dans le département de la Gironde, en France.
L'église se trouve au cœur du village de Saint-Morillon, qui est au sud de La Brède, sur la route départementale, avec Saint-Selve à l'est et Cabanac-et-Villagrains à l'ouest.
Historique
Cette église est dédiée à saint Maurille, évêque d’Angers et disciple de saint Martin de Tours au tournant des IVe et Ve siècles, dès sa fondation. Elle figure dès la première moitié du XIVe siècle dans les comptes de l’archevêché et en 1398 dans la nomenclature des paroisses du diocèse pour servir à l’établissement des quartières[3] sous son nom latin, Sanctus Maurilius.

À l’origine, au XIIe siècle, l’église comporte une nef unique terminée par une abside polygonale (sept pans) à l’extérieur et semi-circulaire à l’intérieur. Deux chapelles, voûtées d'ogives, formant transept, ont été rajoutées à la fin du XIIIe siècle. La chapelle sud, construit à l’identique de celle du nord, est percé d’une baie ogivale du XIIIe siècle.
Un portail occidental, sans décor, (dont les proportions sont romanes, mais les bases octogonales aux pieds des colonnettes sont typiquement du style du XIVe siècle) et un clocher-mur ont été élevés au XIVe, et un porche rajouté au XVIIIe siècle.
Les deux chapelles sont prolongées en bas-côtés au XVIIIe siècle.
Même si l’édifice a bien résisté à l’usure du temps, des travaux de réfection sont réalisés sous l’autorité de l’abbé Brassens en 1822. La pierre tombale de ce prêtre se trouve sous le porche occidental, et l’on peut y lire Simon de Brassens, curé de Saint-Morillon, restaurateur de l’église.
Les deux baies en plein-cintre du clocher-mur abritent des cloches datées de 1845.
Lorsque Léo Drouyn décrit l’église en 1857, il existait à la hauteur des cloches, un balcon en bois à l’orient et à l’occident recouvert d’une toiture. Selon Léo Drouyn, ce sont les corbeaux en pierre situés en dessous des ouvertures qui soutenaient l’extrémité inférieure des madriers. Ces constructions en bois destinées à protéger les sonneurs de cloches ont complètement disparu, ainsi que les corbeaux en pierre. Beaucoup d’églises des Landes ont possédé ou possèdent encore ces constructions en bois autour du clocher. On peut trouver ce type d’édification à l’église Saint-Vincent-de-Xaintes de Belhade ou encore sur les deux églises que compte la paroisse de Moustey (église Notre-Dame de Moustey et église Saint-Martin de Moustey).
Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les fenêtres actuelles du bas-côté nord sont percées, et au nord-est de la chapelle, la sacristie et un cabinet d'aisance octogonal sont construits. Sur le bas-côté sud-ouest une fenêtre de style gothique est percée pour illuminer l'armoire eucharistique qui se trouve sur le mur ouest du bas-côté.
Façade occidentale Portaii du XIVe siècle Vue du nord-est Vue du sud-est
L'édifice est inscrit[1] en totalité au titre des monuments historiques par arrêté du .
Iconographie romane
Les sculptures qui ornent la corniche de l’abside à l'extérieur et celles à l'intérieur, de l’arc triomphal et de l’arc qui sépare l’abside de la travée droite, datent toutes de la fin du XIIe siècle ou peut-être du début du XIIIe siècle.
Les chapiteaux de l'intérieur ne sont pas historiés. Ils sont décorés avec un feuillage simple et avec des petites boules sur les angles, comme les chapiteaux de la corniche.
La corniche de l’abside est soutenue par vingt-six modillons séparés par des métopes, décorées pour certaines de rosaces. Six des modillons sont figurés, six portent des figures géométriques simples. Les autres sont sans décoration ou trop érodés pour les interpréter.
Les modillons figurés portent des thèmes assez bien codifiés sur une large aire géographique, allant du nord de l’Espagne et suivant l'arc atlantique jusqu'en Irlande. Voir Iconographie des modillons romans et les livres de C. Bougoux[4],[5] pour plus de détails. Ici, à Saint-Morillon, il y a des évocations des plus populaires des péchés capitaux : la luxure et l'avarice.
Les deux pans sud
Sur le troisième modillon nous avons L'homme à la tête à l'envers ou Homo invertis. Le sujet, de sexe masculin est accroupi et expose son postérieur tout en pivotant sa tête de 180° en arrière. Il est une représentation de la sodomie (Iconographie des modillons romans, section 4.1.1).
Le neuvième modillon est érodé, mais on distingue une tête humaine et une petite barrique. La barrique n'est pas une tonnelet de vin, comme souvent affirmé dans les guides touristiques, mais un instrument de musique à vent, un dolio. Les musiciens et saltimbanques étaient associés avec la luxure dans l'iconographie romane (Professions maudites).
Les pans Sud Homme inverti
Joueur de dolio
Le pan sud-est
Les trois modillons sont érodés, mais on peut identifier un animal, peut-être un bouc et une tête humaine.
Pan Sud-Est Animal (bouc ?) Tête humaine
Le pan est
Sur le troisième modillon figure une femme nue (mariée ou religieuse, car elle porte une guimpe), qui désigne sa vulve entrouverte. Cette représentation est très fréquente et est toujours associée, dans son voisinage, avec d'autres symboles de la luxure (L’exhibitionniste génital).
Pan Est Femme exhibitionniste
Les pans nord-est et nord
Le modillon du centre est érodé, mais on distingue : un homme nu, qui tient son sexe avec la main droite ; sa main gauche tient un objet, peut-être une flûte ou un cor dans lequel il souffle. L'homme est sans doute un musicien. Cependant, il y a un détail qui frappe l’œil : l'homme est pourvu d'un scrotum gigantesque. Les jeux de mots étaient souvent utilisés à l'époque romane et la suite : scrotum - bourse - argent - l'avare était un symbole du péché capital de l'Avarice (L'avare)
Pan Nord-Est Musicien exhibitionniste Pans Nord