Église Saint-Michel de Saint-Ange-et-Torçay

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Fondation
XIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Paroisse
Paroisse Bienheureux-François-de-Laval en Thymerais (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Église Saint-Michel de Saint-Ange-et-Torçay
Mur sud de l'église Saint-Michel à Saint-Ange.
Présentation
Type
Fondation
XIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Diocèse
Paroisse
Paroisse Bienheureux-François-de-Laval en Thymerais (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Religion
Propriétaire
Ville de Saint-Ange-et-Torçay (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Localisation
Coordonnées

L'église Saint-Michel de Saint-Ange-et-Torçay est une église catholique située dans la commune de Saint-Ange-et-Torçay, département français d'Eure-et-Loir, en région Centre-Val de Loire.

C’est le monument le plus ancien et le plus intéressant de la commune. Adossée au coteau de la Blaise, à Saint-Ange, elle apparaît comme une élégante construction dominée par son clocher qui, comme beaucoup d’églises du Thymerais, est recouvert d’ardoise et dont la charpente descend jusqu’au sol. En 2006, l’église Saint-Michel a fait l’objet d’une remarquable restauration.

On peut penser que le choix de saint Michel comme saint patron est lié au nom de Saint-Ange car saint Michel est le patron des anges. Il est connu pour avoir terrassé le dragon : dans l’Apocalypse (12-7), il est écrit « Il y eut un combat dans le ciel : Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon lui aussi combattait avec ses anges ; mais il n'eut pas le dessus ; il fut précipité en bas ».

Tombe, croix et narthex de l'église Saint-Michel.
Tombe, croix et narthex de l'église Saint-Michel.

L’église était, à son origine, la chapelle du prieuré de Saint-Ange, dépendant de l’abbaye Saint-Laumer de Blois. Au XIe siècle, les religieuses qui demeuraient près de la Blaise, au Mesnil, accédaient par une porte dont les traces sont encore visibles sur le mur nord. Quant à la maison située au nord-ouest de l’église, elle est toujours désignée comme l’ancien prieuré.

L’église Saint-Michel est devenue celle des deux communes réunies de Torçay et de Saint-Ange après la destruction de l’église paroissiale de Torçay pendant les guerres de religion au XVIe siècle. Elle est alors modifiée et prolongée à l’est, ce qui explique le style gothique flamboyant de cette partie.

La structure actuelle apparaît : un chœur gothique terminé par une abside à trois pans destiné aux religieuses qui y accèdent par une nouvelle porte et une nef romane pour les paroissiens. Les fenêtres gothiques du chevet et le vitrail de saint Michel datent de cette époque[1]. On installera deux autels latéraux, l'un dédié à la Vierge, l'autre à saint Nicolas (aujourd'hui saint Joseph), un banc d’œuvre et une porte avec cintre qui délimitait les deux parties de l’église. Les panneaux en bois entourant le chœur sont datés de 1611 et 1613 (ou 1618) Ces dates sont gravées dans le bois, à côté d’un monogramme. Un intéressant siège en bois, pour le célébrant, y est encastré.

On possède peu de documents écrits avant 1787, date à laquelle le « Conseil de fabrique » passe une commande, importante et détaillée pour faire peindre et décorer l’ensemble de l’église et de ses ornements par un peintre en bâtiment du nom de Fradier. Ces travaux sont terminés le . Il faut préciser que la « fabrique », au sein d'une communauté paroissiale, désignait un ensemble de décideurs, clercs et laïcs, nommés pour assurer la responsabilité de la collecte et l'administration des fonds et revenus nécessaires à la construction puis à l'entretien des édifices religieux de la paroisse. Les revenus de la fabrique provenaient des quêtes et offrandes. La location des places de bancs dans l'église pouvait, par exemple, être également un revenu pour la fabrique.

Un inventaire établi en 1790 décrit avec précision l’intérieur de l’église en cette fin du XVIIIe siècle ; peu de choses diffèrent avec l’installation actuelle du mobilier.

Au XIXe siècle, l’état de l’église devient préoccupant et nécessite des travaux importants. Des changements sont apportés au mobilier : le portique du chœur est déplacé vers les fonts baptismaux et remplacé par un arc de chœur qui porte actuellement un Christ aux bras levés ; une petite tribune est créée permettant une sorte de vestibule d’entrée, de narthex. Une sacristie est construite ; auparavant elle devait être dans l’espace étroit derrière le retable.

En 1835, comme l’ancienne maison presbytérale avait été vendue en l’an IV de la République comme bien national, un presbytère est construit grâce aux dons des habitants de la commune. Il est édifié sur un terrain cédé par Maurice de Verdun. Pour les remercier, l’évêque de Chartres s’engage à célébrer « à perpétuité » un service solennel le et, pendant quinze ans, une messe le , jour de la fête des Saints Anges Gardiens.

On peut s’interroger sur la tombe située devant l’église. Il s’agit de celle de la comtesse de Rotalier, née Charlotte Luce de Jarry, décédée en 1839 et belle-mère de Maurice de Verdun. Auparavant, sa sépulture était dans l’enceinte du château de Torçay, propriété de la famille de son gendre. Lorsque celui-ci fit construire la chapelle du château en 1847, le tombeau fut déplacé à son emplacement actuel. Il accueillera ensuite sa dépouille en 1853, et celle de son épouse, née Angélique de Rotalier, en 1855.

En 1852, la foudre s’abat sur le clocher qu’elle endommage sérieusement, ainsi que l’ensemble de la charpente qu’il faudra consolider et modifier. En 1862, le clocher sera renforcé et élargi ; la cloche, Marie-Anne-Pétronille, bénie en 1738 est refondue pour une nouvelle cloche d’un diamètre supérieur.

Le XXe siècle est lui aussi marqué par de nombreux travaux de réparation et d’entretien.

En 1903, le cimetière est déplacé car « les terres trop fouillées du cimetière près de l’église, provoquent des éboulements continuels ». Il est installé de l’autre côté de la Blaise. En 1905, lors de la séparation des biens de l’Église et de l’État, a lieu l’inventaire des biens de la Fabrique par le percepteur de Châteauneuf. Les membres du Conseil de Fabrique, opposés aux nouvelles dispositions, refusent de signer l’inventaire. En 1906, M. Appel, en tant que maire de la commune, prend possession de ces biens : l’église, le presbytère, les fermages, des terres et autres bâtiments. La même année, on trouve trace de baux relatifs à certains de ceux-ci.

La gestion des biens a changé de mains mais la vie religieuse continue. En 1926, on bénit une statue de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus offerte par la veuve Houret en remerciement d’une guérison obtenue dans sa famille. Sont également bénis de nouveaux vitraux, certains cédés par le curé de Laons qui venaient d’en faire placer de superbes dans son église et un autre offert par un particulier. Il s’agit du Christ en Croix qui avait été admiré à l’exposition des Arts décoratifs à Paris.

En 1937, c’est une statue de Notre Dame de Chartres (Virgini pariturae) d’un mètre de haut qui est offerte à l’église sur l’initiative d’une paroissienne. Celle-ci, malade, s’était vue proposer un pèlerinage à Lourdes payé par la Ligue d’action féminine catholique. Elle en revint en bien meilleure santé.

En 1942, le dimanche , monseigneur Harscouët, évêque de Chartres, bénissait un chemin de croix payé 2500 francs par souscription paroissiale. De mémoire d’homme, on ne se souvenait pas qu’un évêque ait été reçu dans l’église de Saint-Ange. « Malheureusement, à cause de la guerre, des difficultés de transport, du manque de pneus et de l’interdiction aux autos de circuler le dimanche, il n’y avait que 180 personnes ».

En 1984, quatre vitraux, dont celui du XVIe siècle figurant le saint patron, sont déposés. Seul ce dernier est remis en place. En 1999, la tempête cause de sérieux dégâts à la toiture qui est totalement remaniée en 2000.

Début 2005, devant l’état de délabrement de l’édifice, le maire, Bernard Crabé est contraint de fermer l'église. Un grand projet de réhabilitation est mis en place. Les contreforts et les façades sont repris ainsi que les enduits intérieurs. Les baies sont ornées de vitraux au plomb identiques à l'origine. Toutes les boiseries sont soit restaurées, soit remplacées. C’est le cas de la superbe voûte en châtaignier en forme de carène inversée. L'éclairage est rénové.

Le , l’église Saint-Michel, magnifiquement restaurée, rouvre officiellement ses portes. Le , monseigneur Pansard, évêque de Chartres, se rend sur place pour bénir l'église.

Après cette approche historique, visitons maintenant l’intérieur de notre église. Le mobilier date des XVIIe et XVIIIe siècles, les objets cultuels et décoratifs sont d’époques diverses.

Ce qui frappe en entrant dans l’église Saint-Michel, c’est la luminosité relayée par la voûte claire en bois et les quatre baies romanes qui ont été mises au jour lors de la restauration.

Description

Voir aussi

Notes et références

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