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L'église fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis un arrêté du [1].
L'église Saint-Pierre-du-Châtel est située rue Camille-Saint-Saëns, au sud-est du Gros-Horloge, à Rouen, dans le département français de la Seine-Maritime. Son entrée principale se trouve dans la rue des Cordeliers qui disparaît après le . Par la suite, un square y est aménagé en partie sud[2].
Historique
L'église en 1871: la nef principale, son abside, le collatéral sud et la tour.
L'église Saint-Pierre tirerait son déterminant du Châtel de l'emplacement du château du premier comte des Normands, Rollon. Châtel est l'équivalent du mot «château» en ancien français. Ce dernier avait précédemment occupé la ville et commencé à la fortifier[3].
Reconstruite de nombreuses fois avant d'être refaite dans sa forme actuelle au XVesiècle, l'église est un remarquable exemple de gothique flamboyant. Parmi les éléments sculptés de qualité préservés en partie, on trouve huit statues de la tour-clocher.
Cette église possède une nef, à laquelle est accolé, au sud, un collatéral prenant appui sur la tour. Ce collatéral est jouxté, au sud, par l'ancien cimetière paroissial. La toiture avait une voûte finement sculptée en bois (ce qui en fait l'unique église rouennaise à voûte en bois).
Après l'incendie de , seules les travées et la charpente de l'est vers l'abside résistèrent au souffle des bombardements et aux flammes. Ces travées et poutres de charpente, très bien conservées et d'un grand intérêt pour leurs sculptures du XVesiècle en bon état, sont conservées par la commune de Rouen qui a fait procéder en 2016 à un remontage de l'ensemble sur site.
À la Révolution, la paroisse Saint-Pierre du Châtel fut supprimée et rattachée à celle de la cathédrale. L'église est vendue avec son presbytère et plusieurs bâtiments adjacents comme bien national le à un négociant, Jean-Baptiste Payenneville. Tout au long du XIXe siècle, elle sert de magasin puis d'écurie[4]. Le mobilier et les vitraux sont progressivement dispersés[5].
En 1922, les éléments de sculptures de la tour-clocher sont sciés et démontés à la suite des plaintes du voisinage concernant leur état de délabrement qui les aurait rendus dangereux. Ce démontage peu scrupuleux est suivi d'une vente des pièces (dont les huit statues de prophètes du dernier étage). Une souscription publique est lancée qui réunit en à peine un mois assez d'argent pour le rachat des pièces retrouvées, c'est-à-dire cinq des huit statues. Elles sont exposées dans le jardin du musée départemental des Antiquités à Rouen.
Lors des bombardements alliés sur Rouen pendant la semaine rouge, le , le mur ouest est soufflé, entraînant l'effondrement d'une partie de la charpente et de la voûte de la nef principale. La charpente restante est mise à l'abri. L'effort de reconstruction est long, le quartier environnant change totalement, la rue des Cordeliers disparaît. L'église n'est pas reconstruite sur le moment.
En 1951, pendant un percement de la voirie rue Saint-Saëns par le service des ponts et chaussées, certaines pierres de l'abside sont endommagées et toute l'abside doit être démontée. Malgré la reconnaissance des responsabilités par le service, le remontage de l'abside n'a jamais été entrepris, cependant que les pierres demeurent entreposées.
En 2019, l'église, achetée par la Ville de Rouen en 1958, est mise en vente[6],[7] avec comme condition pour l'acquéreur de remettre l'église en état et avec l'obligation d'utiliser la charpente et les travées conservées pour refaire la toiture et la voussure des nefs.
Le , la ville de Rouen a dévoilé le lauréat de l'appel à projet lancé en mai. Ce projet, porté par la société spécialisée La Métropolitaine, comporte la rénovation des ruines actuelles pour y incorporer un restaurant, trois chambres d'hôtel de charme et un toit-terrasse au sommet de la tour-clocher. Dans le projet, les architectes reconstituent la charpente d'origine[8] et ils imaginent un bâtiment en verre et en acier construit à l'intérieur des murs existants afin de soutenir ce qu'il reste de l'église[9].
La viabilité du projet est à mettre en balance avec le coût annoncé de 3,8 millions d'euros[10] compliqué par les fouilles préventives qui réservent des surcoûts.
L'Inrap réalise des fouilles préventives fin 2024[11],[12].
↑Daniel Lavallée, L'Eglise Saint-Pierre du Châtel in Bulletin des Amis des Monuments Rouennais 1946-1950, réimprimé dans Eglises, Hôtels, Vieilles maisons de Rouen, Rouen, Amis des Monuments Rouennais, , 518p., p.497-501
↑Pascale Bertrand, «La Ville de Rouen en quête d'acquéreurs pour quatre des églises dont elle est propriétaire», Paris-Normandie, (lire en ligne, consulté le ).
Daniel Lavallée, «L'Église de Saint-Pierre-du-Châtel, description et historique», dans Églises, hôtels, vieilles maisons de Rouen, Rouen, Société des Amis des Monuments Rouennais, , 518p. (OCLC758618632), p.489-501.
François Lemoine et Jacques Tanguy (préf.Guy Pessiot), Rouen aux 100 clochers: Dictionnaire des églises et chapelles de Rouen (avant 1789), Rouen, Éditions PTC, , 200p. (ISBN978-2-906258-84-6, lire en ligne).