Église Saint-Pierre de Hambourg
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Église Saint-Pierre | |
L'église Saint-Pierre à Hambourg. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Nom local | Hauptkirche Sankt Petri |
| Culte | Culte luthérien |
| Dédicataire | Pierre (apôtre) |
| Type | Église |
| Rattachement | Église protestante luthérienne en Allemagne du Nord |
| Début de la construction | XIe siècle ; reconstruction à partir de 1843 |
| Fin des travaux | 1878 |
| Architecte | Alexis de Chateauneuf, Hermann Peter Fersenfeldt, Johann Hermann Maack |
| Style dominant | Gothique de brique, néogothique |
| Site web | Site officiel |
| Géographie | |
| Pays | |
| Land | Land de Hambourg |
| Ville | Hambourg |
| Coordonnées | 53° 33′ 01″ nord, 9° 59′ 47″ est |
| modifier |
|
L'église Saint-Pierre (en allemand : Hauptkirche Sankt Petri) est une église luthérienne de Hambourg, en Allemagne. Elle est la plus ancienne église paroissiale de la ville[1]. L'édifice actuel date pour l'essentiel du milieu du XIXe siècle[2]. Sa flèche atteint 133 m ; un escalier de 544 marches mène à un point de vue situé à environ 123 m de hauteur[3],[4].
L'église est située au 2, Bei der Petrikirche, dans le centre de Hambourg[4].
Histoire
Origines
La fondation de l'église remonte probablement à la première moitié du XIe siècle, en lien avec la formation du premier noyau urbain marchand de Hambourg. Les premières mentions écrites conservées apparaissent à la fin du XIIe siècle : l'église du marché est attestée en 1195, le nom de Saint-Pierre apparaît en 1220, le cimetière est mentionné en 1269 et un autel secondaire en 1312[1].
Église médiévale
Au XIVe siècle, l'église connaît une importante phase de construction. Des briques sont livrées en 1321, une consécration a lieu en 1327 sous le double patronage de saint Pierre et saint Paul, les fondations de la tour sont posées en 1342 et l'église est reconsacrée en 1352[5]. Dans la seconde moitié du siècle, plusieurs vicairies et autels latéraux sont fondés, tandis que des chapelles et annexes sont ajoutées autour du chœur et sur le côté sud. En 1377, une nouvelle flèche est entreprise et sa couverture en plomb est achevée en 1383[5].
Au début du XVe siècle, l'édifice est agrandi par la création d'un deuxième bas-côté sud, attesté en 1425. Au début du XVIe siècle, de nouvelles chapelles sont construites, notamment la chapelle Rodenborg et la chapelle des Islandais. En 1503, une chapelle avec autel est fondée ; à partir de 1513, la confrérie Sainte-Anne des marchands islandais fait édifier une autre chapelle, achevée au plus tard en 1520. Entre 1513 et 1516, une nouvelle flèche, plus élevée, est construite[6],[7].
Époque moderne
Du XVIe siècle au début du XIXe siècle, l'église fait l'objet de remaniements réguliers. Une salle annexe est mentionnée en 1582 ; la tour est réparée en 1591 ; un portail en grès sculpté est construit au sud en 1604-1605. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les travaux concernent notamment les tribunes, les ossuaires, la toiture, les portails, les contreforts et la sacristie. En 1814, sous l'occupation française, l'église est utilisée comme écurie avant d'être remise en état après le départ des troupes[8].
Incendie de 1842 et reconstruction
Le 7 mai 1842, l'église médiévale est presque entièrement détruite par le grand incendie de Hambourg[9]. La reconstruction est décidée dès l'été 1842 et confiée aux architectes Alexis de Chateauneuf et Hermann Peter Fersenfeldt ; le peintre Martin Gensler participe également au projet[2],[10]. L'église est rouverte au culte le 7 mai 1849[2].
La tour, laissée inachevée après la réouverture, est reprise dans la seconde moitié du XIXe siècle. Les travaux progressent surtout à partir de 1866 ; la nouvelle flèche, conçue d'après les plans de Johann Hermann Maack, est achevée en 1878[11],[12].
Destructions de guerre et restaurations
Le 10 mai 1941, pendant la Seconde Guerre mondiale, des bombardements détruisent le chœur, provoquent l'effondrement de ses voûtes et endommagent la toiture[11]. Le vaisseau central reste toutefois utilisable grâce à une fermeture provisoire. Entre 1943 et 1946, une première campagne de remise en état est menée. L'église est de nouveau consacrée le 25 mai 1947, alors que le chœur n'est pas encore entièrement rétabli. Entre 1949 et 1950, celui-ci est reconstruit avec un plafond en bois ; les restaurations se poursuivent ensuite dans les années 1950 et 1960 avec la reprise des voûtes, la pose de nouveaux vitraux et plusieurs réaménagements intérieurs[11].
À l'extérieur, au nord-est du chœur, se trouve un monument à Dietrich Bonhoeffer réalisé par Fritz Fleer et inauguré le 23 novembre 1979[13].
Architecture
L'ancienne église Saint-Pierre est une église-halle en brique, initialement à trois nefs et à quatre travées, avec un chevet oriental tripartite et une tour occidentale carrée saillante. Son développement architectural montre que la partie orientale est la plus ancienne, tandis que la partie occidentale de la nef et la tour sont plus tardives. Au cours du Moyen Âge, l'édifice est agrandi par des chapelles latérales et par un second bas-côté sud[6].
L'église actuelle reprend l'implantation générale de l'édifice médiéval, mais résulte largement de la reconstruction du XIXe siècle. Elle relève du néogothique, tout en conservant la tradition hambourgeoise du gothique de brique. La recomposition intérieure recentre l'espace vers la chaire[14]. La tour emploie, à côté de la brique courante, des briques vernissées disposées régulièrement dans le parement[15].
Le portail ouest conserve un heurtoir en forme de tête de lion daté de 1342, attribué à l'atelier lübeckois du sculpteur et fondeur Hans Apengeter[16]. Le portail sud baroque, réalisé en 1604-1605 par le sculpteur Georg Baumann, a été remonté en 1922 dans la cour du Musée d'histoire de Hambourg[8].
Mobilier
L'église conserve deux représentations d'Anschaire, provenant de l'ancien Mariendom : un panneau peint de Hans Bornemann, daté vers 1457, et une statue en bois issue de l'atelier de Bernt Notke, datée de 1480-1483[17],[18].
Le retable de Grabow, attribué à Maître Bertram, provient de Saint-Pierre ; offert en 1731 à l'église de Grabow, il échappe ainsi à la destruction de 1842 avant d'être acquis en 1903 par la Hamburger Kunsthalle[19].