Église Saint-Étienne de Cambronne-lès-Clermont

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TypeÉglise
Début de la constructionXIIe siècle
Église Saint-Étienne
Image illustrative de l’article Église Saint-Étienne de Cambronne-lès-Clermont
L'église Saint-Étienne
Présentation
Culte Catholique romaine
Type Église
Rattachement Diocèse de Beauvais
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux XIIIe siècle
Architecte inconnu
Style dominant
  • Roman (Clocher, portail, grandes arcades et bas-côté nord)
  • Gothique (Reste de l'édifice)
Protection Logo monument historique Classée MH (1875)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Ville Cambronne-lès-Clermont
Coordonnées 49° 19′ 50″ nord, 2° 23′ 55″ est
Géolocalisation sur la carte : France
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Église Saint-Étienne
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Église Saint-Étienne
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(Voir situation sur carte : Oise)
Église Saint-Étienne

L'église Saint-Étienne est une église catholique paroissiale commencée au XIIe siècle et terminée au XIIIe siècle de style gothique et roman située à Cambronne-lès-Clermont, dans l'Oise, en région Hauts-de-France en France. L'édifice fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1875[1]. Il se compose de deux parties bien distinctes, la nef avec ses deux collatéraux dissemblables et le chœur avec ses deux collatéraux, séparés par l'un des rares clochers octogonaux à deux étages qui domine le transept, non identifiable extérieurement. Parmi les églises de taille moyenne de l'Oise, c'est l'une des plus considérables sur le plan archéologique et artistique, avec l'église voisine Saint-Lucien de Bury celle de Villers-Saint-Paul. Son intérêt réside dans la visibilité des quatre campagnes de construction successives ; la quasi-absence de modifications depuis sa dédicace en décembre 1239 ; la disposition curieuse du bas-côté sud de la nef où deux rangs de colonnes à chapiteaux ont été superposés ; l'une des premières nefs à avoir été conçues dès le départ pour être voûtées d'ogives, vers 1130 ; l'une des plus anciennes voûtes d'ogives de la région, dans le croisillon nord ; son chœur à l'élévation à trois niveaux avec un étage de galeries ouvertes sur combles ; et sa vaste baie de chevet, qui comporte la première apparition d'un remplage de trois lancettes identiques surmontées d'un trèfle. S'y ajoutent les peintures murales encore assez nombreuses et pour la plupart toujours déchiffrables. Dès la première moitié du XIXe siècle, l'église de Cambronne-lès-Clermont a attiré l'intérêt des archéologues sur elle et a fait l'objet de nombreuses publications, quoiqu'aucune monographie longue ne lui ait encore été consacrée. Elle est affiliée à la paroisse Saint-Martin du Liancourtois.

La façade occidentale, comportant des éléments romans, remaniée vers 1220.
Vue depuis le sud-est ; au premier plan, le chœur gothique.
Chœur, vue depuis la dernière travée du collatéral nord vers le sud.

L'église Saint-Étienne se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, au centre de la commune de Cambronne-lès-Clermont. L'on peut presque faire le tour complet de l'édifice, mais l'élévation septentrionale est mal visible car donnant presque immédiatement sur des propriétés privées. Le parvis de l'église devant la façade occidentale donne sur la rue de Clermont (RD 110), l'axe principal du village. Le chevet est proche de la rue de l'Église. Il est en partie accessible, mais sa partie gauche jouxte l'ancien presbytère. Au sud de l'église, se trouve un petit jardin public qui occupe l'ancien cimetière. L'on peut y voir les restes du calvaire de Cambronne-lès-Clermont du XVe siècle, inscrits monument historique par arrêté du [2].

Histoire

Les origines

Si le toponyme de « Camboriacum » apparaît dans les textes dès le XIe siècle, le village de Cambronne-lès-Clermont est en réalité un village de défrichement remontant au début du XIIe siècle. L'église est mentionnée pour la première fois en 1136 dans une charte publié par Pierre Louvet, historien du Beauvaisis, au début du XVIIe siècle. Dans cette charte, l'évêque de Beauvais Eudes ou Odon II confirme à l'abbaye voisine de Saint-Paul une liste de biens, parmi lesquels se trouve un autel à Cambronne-lès-Clermont. Il avait été donné à l'abbaye par Richilde de Mello et son frère Bernier de Clermont, tous les deux enfants de Hugues II, comte de Clermont. La charte elle-même est aujourd'hui perdue. Elle indique qu'une église doit exister à Cambronne en 1136. Les documents les plus anciens conservés aujourd'hui ne remontent qu'au début du siècle suivant. Pour la période de 1218 à 1311, ils concernent pour la plupart un long différend entre l'évêque de Beauvais et l'abbesse de Saint-Paul relatif à un partage de revenus de l'église et d'une chapellenie fondée en 1217 par l'évêque Philippe de Dreux au moment de sa mort. Le seul acte intéressant pour la construction de l'église est celui de la consécration de l'église par l'évêque Robert de Cressonsacq en décembre 1239. S'agissant d'une période de paix, l'on peut supposer que la consécration a lieu peu de temps après l'achèvement de l'église. Elle demeure la possession des moniales pour encore quatre siècles environ, jusqu'à ce qu'elle ne soit cédée au chapitre Saint-Nicolas de Beauvais au milieu du XVIIe siècle, avec ses revenus[a 1],[b 1].

La construction de l'église

L'étude archéologique du monument permet d'identifier quatre campagnes de construction bien distinctes. La première donne l'église romane qui existe en 1136. Il en subsiste le bas-côté nord de la nef, le portail occidental, les grandes arcades de la nef, le transept, la totalité du clocher octogonal et les parties basses du bas-côté sud, rehaussé au début du XIIIe siècle. Toutes ces parties ont été conçues dès le départ pour recevoir des voûtes d'ogives, comme le prouvent les colonnes et colonnettes engagés dans les piliers des grandes arcades et les murs des bas-côtés, contemporaines des grandes arcades. Or, il paraît que seul le bas-côté nord et croisillon sud du transept sont voûtés pendant la première campagne. La seconde campagne de travaux vers 1145-1150 porte donc sur l'achèvement de la nef et du transept, et les voûtes du bas-côté nord sont déjà remaniées à cette période, bien qu'encore récentes. Comme déjà évoqué, le bas-côté sud est rehaussé vers 1220 environ, pendant la troisième campagne. Sa hauteur est presque dédoublée et il est également élargi, en l'alignant sur le croisillon sud. Le mur du sud est donc démoli, mais les chapiteaux sont en grande partie récupérés, et par mesure d'économie, le rehaussement des grandes arcades se fait par superposition de colonnettes à chapiteaux sur les anciennes, qui restent toutes en place. C'est ici que les chapiteaux des colonnettes engagées dans le mur du sud sont remployés, et les chapiteaux supplémentaires dont l'on a besoin imitent les anciens. Alors que leur sculpture est enracinée dans l'art roman, depuis longtemps dépassé, les nouvelles voûtes et le début du nouveau chœur commencé sous la même campagne sont résolument gothiques. Concernant le chœur, la troisième campagne ne porte que sur les parties basses des deux premières travées jusqu'à l'appui du triforium, y compris les collatéraux. En conséquence, la quatrième campagne de travaux entamée vers 1230 / 1235 porte sur l'achèvement du nouveau chœur, doté d'une élévation sur trois niveaux avec grandes arcades, étage du triforium et fenêtres hautes. L'ensemble du chœur est d'un style rayonnant bien affirmé. Une fois terminée, l'église ne subit plus de transformations notables, si bien qu'elle se présente encore à peu près comme au moment de sa consécration fin 1239[a 1],[b 2]. D'après Eugène Müller, les transformations des années 1220 et le nouveau chœur auraient été financés par Mathilde de Dammartin, épouse du roi Alphonse III de Portugal[3], alors que Maryse Bideault et Claudine Lautier attribuent ces travaux aux libéralités de Philippe de Dreux[b 3].

Les évolutions depuis 1239

Le chevet, terminée en 1239.

Des modifications mineures sont apportées à l'édifice avant le XIXe siècle : Elles concernent les toitures des bras du transept, qui ne sont plus identifiables comme telles depuis l'extérieur, la toiture de la nef et le pignon occidental. Au début du XIXe siècle, la nef est dépourvue de pavage, les fenêtres sont partiellement bouchées, le clocher est déversé, et les arcades du triforium sont également bouchées. L'église est classée monument historique par liste de 1875[1], ou par liste de 1862 selon Maryse Bideault et Claudine Lautier. Le dossier de protection qualifie l'église de ruines, et parle même de vestiges, ce qui semble être une lourde erreur d'appréciation, car pas tous les auteurs du XIXe siècle comme Eugène Woillez et Eugène Müller n'insistent particulièrement sur le mauvais état de l'édifice. Antoine-Joseph Warmé déplore « son triste état d'entretien dans lequel ce bel édifice se trouve depuis un certain nombre d'années [et] l'état de dépérissement dans lequel on le voit, tant à cause de l'humidité qui y contribue puissamment, au point de vue architectural, que sous d'autres rapports, est tel, que l'on se croit dans l'impossibilité, sans doute, de faire face aux dépenses qui seraient à faire maintenant pour sa restauration. »[b 4],[4].

La restauration commence en 1874, un an après la rédaction de ces lignes, sous la direction de l'architecte diocésain Paul Selmersheim. Il fait repaver la nef, réparer le mur du bas-côté nord, remplacer le tympan manquant du portail occidental, déboucher les fenêtres et galeries, reprendre les contreforts et certains doubleaux ou arcades du chœur, restaurer le pignon du chevet et fait installer des arcs-boutants sous les combles des collatéraux du chœur, afin de consolider les murs hauts de celui-ci. En 1898, la suite de la restauration est confiée à Henri Chaine, qui fait enlever les badigeons recouvrant l'intérieur de l'église et reprendre les maçonneries et contreforts de la nef. Après 1920, le troisième architecte qui intervient à Cambronne est André Collin, qui s'occupe notamment de la révision des toitures et de la consolidation du clocher. En 1952, Jean-Pierre Paquet lui succède. Il munit la nef d'étrésillons pour contrer le déversement des murs et effectue des travaux sur les voûtes et leurs supports[b 4].

Description

Notes et références

Annexes

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