Santa Maria della Verità (Sainte Marie de la Vérité) est une église catholique située à Viterbe au Latium, en Italie. Ancienne église monastique et sanctuaire, le couvent adjacent est transformé en musée civique et l'église en église paroissiale.
La première documentation disponible est celle d'une église fondée au XIIIesiècle par des moines de l'ordre des Prémontrés. Le couvent est abandonné en 1231 et attribué à un prêtre de l'ordre des Servites de Marie qui le consacre à Santa Maria della Verità[1].
Au milieu du XIVesiècle, l'abside est agrandie sous le mécénat de la famille Bussi. En 1446, trois enfants signalent une apparition miraculeuse de la Vierge Marie à l'intérieur de l'église[2]. L'église devient alors un sanctuaire et attire des pèlerins et des dons. Le bienheureux Pietro della Croce est également associé à cette église.[N 1]
En 1867, les moines servites sont expulsés et en 1873 le couvent est exproprié. En 1912, l'église abrite un musée archéologique, principalement d'objets étrusques, exposés auparavant, depuis 1888 au palais des Prieurs de Viterbe. Pendant un temps, le couvent abrite également l'Institut royal technique[1]. En janvier 1944, un bombardement allié endommage le bâtiment. En septembre 1955, le musée est rouvert dans le couvent et en 1961 l'église est reconsacrée[4].
Description
Extérieur
La façade extérieure de l'église date des travaux d'après-guerre. I présente un arc en plein cintre au-dessus d'un portail unique du XVIesiècle, surmonté d'une fenêtre en oculus et flanqué de deux statuettes de l'Annonciation du XIVesiècle, tournées vers l'extérieur plutôt que l'une par rapport à l'autre[4].
Annonciation, sur le volet du portail (photo de Paolo Monti, 1970).
Intérieur
À la suite des rénovations des XVeetXVIesiècles, l'église présente un plan en croix latine. La haute nef rappelle la construction gothique, ses murs sont dépouillés de toute décoration. Les chapelles latérales conservent partiellement la décoration à fresque d'origine[4].
Intérieur
Sur la contre-façade droite se trouve une fresque du XVesiècle, endommagée, représentant l' Annonciation entre les saintes Marie-Madeleine, Marthe et Antoine, attribuée à Francesco d'Antonio da Viterbo. Le retable original de la première chapelle à droite était une Nativité peinte par Antonio del Massaro désormais conservée dans le musée civique adjacent. La deuxième chapelle, la chapelle Mazzatosta du XVesiècle, possède une balustrade en fer forgé d'origine et une partie du sol en carreaux de majolique du XVesiècle de Paolo di Nicola. Les fresques représentant la Vie de la Vierge, restaurées après les bombardements alliés sont peintes en 1469 par Lorenzo da Viterbo et ses élèves.
La chapelle Mazzatosta du XVesiècle.
La chapelle «des Germains» ou Theutonicorum, transférée à la corporation corse des tisserands de lin est dédiée aux saints Giacomo et Philippe Benizi (fondateur de l'Ordre des Servites). Le retable de cette chapelle représente le Mariage mystique de Sainte Catherine, peint par Pancrazio Jacovetti et se trouve désormais au Musée Civique[4].
Fresque du Mariage de la Vierge de Lorenzo da Viterbo
L'orgue du transept droit a été installé en 1986. Une toile représentant une Immaculée Conception de la fin du XVIIesiècle est attribuée à Ludovico Mazzanti[4].
Dans le transept gauche terminé par un arc en plein cintre du XVesiècle, avant la sacristie, se trouvent les restes de quelques fresques du XVIesiècle et dans le transept droit des chapelles commandées par diverses corporations[4].
Notes
↑Son histoire est obscure, il s'agirait d'un pèlerin allemand de 36 ans, en route pour Rome, tombé malade alors qu'il était hébergé par les Servites et, face à la mort, aurait demandé à entrer dans l'ordre monastique avant d'expirer en 1522. En 1875, ses reliques sont exilées de cette église, après l'expulsion des Servites et se trouvent désormais au séminaire de Viterbe. Il semble avoir été lié à des prières pour la guérison du paludisme. Sa canonisation n'est pas achevée[3].