Église de la Conversion de saint Paul de Mont-sur-Marchienne
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| Église de la Conversion de saint Paul de Mont-sur-Marchienne | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | Catholique romain |
| Type | Église |
| Rattachement | Diocèse de Tournai |
| Début de la construction | XVIe siècle |
| Protection | |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | |
| Département | |
| Ville | Charleroi |
| Coordonnées | 50° 23′ 26″ nord, 4° 24′ 22″ est |
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L'église de la Conversion de saint Paul est un édifice religieux classé situé à Mont-sur-Marchienne, section de la ville belge de Charleroi, dans la province de Hainaut.
Une charte communale du XIVe siècle indique que l'église existait à une époque ancienne et mentionne la paroiche de Mons. À part la tour, il ne subsiste rien de l'église primitive, qui devait probablement avoir la forme d'une nef rectangulaire jouxtant un clocher carré. Ce dernier servait sans doute aussi de poste de guet et de tour fortifiée en période de conflit[1].
Les comptes de Renart, couvrant la période de 1708 à 1722, rapportent qu’en 1713, le curé fit retirer le sommier du chœur et le remplaça par trois pièces de bois pour soutenir la charpente du toit du chœur. Par la suite, il se rendit à la Cour de Dinant et à la Chambre des Comptes de Liège afin d’obtenir l’autorisation d’installer une verrière au-dessus du grand autel[2].
Quelques années plus tard, sous l'initiative de Bernard d'Ath, bailli de Mont-sur-Marchienne, greffier et échevin de ce lieu, ainsi que de Marchienne-au-Pont et Montigny-le-Tigneux, une chapelle fut édifiée en l'honneur de saint Bernard, du côté sud. Pour cela, la Chambre des Comptes autorisa en 1721 la démolition de la muraille du chœur et les ajustements nécessaires au toit pour bâtir une chapelle, dont l'entretien serait à la charge de la Fabrique et des paroissiens. La construction fut achevée en 1723. La sacristie semble avoir été construite à la même époque que la chapelle Saint-Bernard, d'après les comptes de 1723[2].
Les nouveaux travaux et le projet de construction d'une nef basse au sud ont exigé l'acquisition de quelques pieds de terrain appartenant à Étienne Bastin, dont la maison était attenante à l'église, pour permettre aux processions de circuler dans le cimetière entourant le bâtiment[2].
Par un acte de vente daté du , Étienne Bastin vendit à la communauté une petite parcelle de jardin potager de 62 pieds de long, attenante au cimetière (environ 18 mètres). En contrepartie, la communauté s'engagea à démolir l'ancienne muraille de clôture et à en reconstruire une nouvelle à la limite, en réutilisant les anciens matériaux. Elle accepta également de surélever le nouveau mur d'un pied, sauf au niveau de la verrière et de la sacristie[2].
En mai 1754, la tour et le clocher ont été restaurés par Philippe Delvaux, maître-maçon, et l'ardoisier N. Dumont[3].
En avril 1763, après la visite des délégués des gros décimateurs qui constatèrent que l'aspect de l'église devait être profondément modifié, il fallut attendre jusqu'au pour que la construction d'un nouveau chœur, confiée à un architecte de Fontaine-l'Évêque, soit mise en adjudication[3].
Au début de l'année 1772, rien n'avait encore été fait en raison du manque de crédits. Le curé Deperit prit alors l'initiative d'envoyer une supplique au prince-évêque, lui rappelant qu'il attendait les réparations depuis presque dix ans puis il renvoya le dossier à Houldoux, son receveur du quartier de Thuin[4].
Sylvain Thibaut prétend qu'à l'emplacement du chœur actuel s'élevait la chapelle ou église primitive. Cette assertion est dépourvue de fondement. À cet endroit s'étendait en effet le cimetière entourant l'église primitive. Le , comme l'espace nécessaire à la construction d'un nouveau chœur entouré d'une portion de cimetière faisait défaut, le curé Deperit résolut d'acheter à Jean-Baptiste Bosseau, devant le notaire Marchot, une parcelle de jardin profonde de 3,60 m et s'étendant en largeur depuis le jardin du clerc jusqu'à la ruelle Lapit[5].
Après la Révolution et l'Empire, des réparations furent nécessaires en 1819. Le maire et les échevins confièrent au plus offrant la rénovation de l'angle de la tour, ainsi que la création de deux ouvertures de deux pieds de haut sur trois pieds de large, l'une au nord et l'autre au sud. L'entrepreneur devait également recrépir la façade de la tour du haut jusqu'en bas, ainsi que la partie au-dessus de la chapelle de Font. Le mortier requis pour les travaux devait être composé pour moitié de chaux vive et pour moitié de sable de qualité. En outre, un autre mélange de mortier devait contenir deux cinquièmes de sable et un cinquième de maille de fer battu[6].
L'église se détériora quelques années plus tard. La tour, dont la façade était en mauvais état, avait perdu plusieurs pierres de parement, ce qui faisait craindre un accident. La toiture, les parements et les fenêtres de l'église étaient également endommagés. De plus, les murs côté midi et une partie de ceux du cimetière nécessitaient des travaux de rejointoiement. Le devis de l'architecte s'élevait à 2 995 francs et 3 centimes. Après les approbations habituelles du cahier des charges par la Députation permanente du Conseil Provincial et le Conseil Communal, les travaux furent réalisés en 1850[7].
Quelques années plus tard, en , un rapport dressé par l'architecte O. Hiernaux constatait que la partie inférieure des deux versants du toit de l'église devait être complètement renouvelée sur une hauteur d'environ deux mètres, les voliges étant pourries. L'architecte préconisa un renouvellement complet et progressif des ardoises de l'église, ainsi que le remplacement d'une partie des ardoises du clocher[7].
En 1889, la sacristie orientée au nord était dans un état de délabrement total : la toiture était pourrie et les voûtes de l'édifice tenaient grâce à deux colonnes pour éviter l'effondrement. Des infiltrations d'eau provenant du cimetière et des terrains voisins la rendaient froide, humide et dangereuse pour la santé des curés. Il fut donc décidé de la restaurer pour un montant de 243 34 francs. Les voûtes furent démolies, la maçonnerie rehaussée, et un gîtage ainsi qu'une nouvelle toiture avec plafonnage sur lattes furent installés. Une seconde sacristie, mieux orientée à l'est et au sud, fut également construite. Les travaux, d'un coût de 1143 francs, furent confiés à Omer Georgery, entrepreneur à Mont-sur-Marchienne[8].
En 1895, il fallut à nouveau effectuer de grosse réparations au toit de l'église pour un coût de 800 francs. La même année, le don d'un bienfaiteur anonyme permit la construction d'une chapelle en forme de grotte en l'honneur de Notre-Dame de Lourdes dans le fond à droite de l'entrée principale de l'édifice. Un peu plus tard, lors des années 1896 et 1897, d'importants travaux renouvelèrent l'aspect de l'église[5].
La construction de l'ouvrage fut confiée à la Société Anonyme des Ateliers de Construction Pâris à Marchienne-au-Pont pour un coût de 8395 francs, soit 270 francs de plus que le devis initial. Une fois les travaux terminés, la tour mesurait quarante-deux mètres de haut, avec un vitrail installé sur la façade pour marquer l'événement[5].
Les vieilles fenêtres de la nef furent remplacées, l'ancien vitrage étant détérioré et terni par le temps. De plus, 500 francs furent alloués pour la remise en peinture de l'intérieur de l'église en 1898[9].
Les orgues ont été remplacées en 1907. À partir de 1916, et pendant plusieurs années, un important litige a opposé la Fabrique et l'administration communale au sujet des frais de réparations à effectuer à l'église, à la suite des dégâts causés par deux ouragans successifs en 1916. Ces derniers avaient enlevé une grande partie des ardoises du clocher, laissant l'eau s'infiltrer dans l'église, abîmer le plafonnage et même mettre en danger les nouvelles orgues[9].
Le 16 juillet 1943, les autorités allemandes s'emparèrent de deux des trois cloches de l'église. La plus petite, nommée Angélique, mesurant 84 centimètres de diamètre et pesant 384 kg, fut déposée dans l'église du Sacré-Cœur à Binche. La cloche moyenne, d'un diamètre d'un mètre et d'un poids de 510 kg, fut fondue et détruite à Hambourg, en Allemagne. Angélique retrouva sa place dans le clocher en 1948, et une nouvelle cloche vint remplacer celle de 510 kg quelques années plus tard[9].




