Église du Saint-Esprit de Talachkino

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Église du Saint-Esprit de Talachkino
Présentation
Type
Style
Patrimonialité
Localisation
Pays
Fédération de Russie
Subdivision administrative
Coordonnées

L'église du Saint-Esprit de Talachkino est une église de style néo-russe, située dans le village de Flionovo, dans le district fédéral central, oblast de Smolensk en Fédération de Russie. Elle a été construite et ses murs peints de 1900 à 1915, dans le domaine de la princesse Maria Tenicheva comprenant Talachkino, qui faisait partie du village de Flionovo.

Il existe encore aujourd'hui des débats sur le nom du créateur du projet architectural de cette église. Parmi les versions les plus répandues, celle de l'attribution de la création à la princesse Maria Tenicheva elle-même, celle de l'attribution à l'artiste portraitiste russe puis soviétique Sergueï Malioutine et celle de l'attribution à trois auteurs : Maria Tenicheva, Sergueï Malioutine, et le fondateur de la photographie d'architecture en Russie, Ivan Barchtchevski (ru). L'auteur des fresques mal conservées de l'intérieur de l'église et de la mosaïque de la façade sur la partie surmontant l'entrée est Nicolas Roerich, le philosophe, artiste et voyageur russe bien connu.

Les lieux n'ont jamais été consacrés. Les historiens d'art trouvent dans cet édifice des traces des traditions religieuses populaires et de l'architecture en bois russe, une influence des courants orientaux et de l'imagerie catholique.

Cette église est un édifice de petite dimension, qui lui donne une impression de monumentalité. Elle est un exemple de style néo-russe du début du XXe siècle. À cette époque on ne trouve plus à l'avant-plan des détails copiés minutieusement de l'architecture russo-byzantine, comme dans les ouvrages de l'architecte Constantin Thon et de ses successeurs, mais la « féérie-émotionnelle » traditionnelle de la culture russe. Les façades des églises sont ornées de céramiques en smalt et les intérieurs de fresques[2].

Le bâtiment de l'église est carré, à une seule abside, (de chaque côté du carré sont adjointes des absides de taille et de hauteur plus petites). Il est couronné d'une coupole dont la forme est proche de celle d'une sphère, mais surmontée d'une pointe en son sommet. Des kokochniks en gradins composent un talus soutenant l'ensemble. Sur trois des quatre côtés est disposée une galerie. Au centre de chacune des façades est disposé un porche de plus grande hauteur, précédé d'un escalier en granit. Dans les façades, au nord et au sud, sont percées de grandes fenêtres à arcades. L'espace intérieur est couvert par un dôme dominant des pendentifs. Dans la galerie, des voûtes en berceau reposent sur des arcades de soutien. Du côté nord-est de la galerie se trouve un escalier en forme de podklet[3].

L'architecture de l'église s'est éloignée des canons de l'architecture ecclésiastique russe. Elle tente de relier « les images de l'antiquité russe, provenant de voyages dans le grand Nord russe, les silhouettes naturelles locales et en même temps les différentes structures cultuelles ». La construction rappelle les pyramides, les chatiors (les traditions de l'architecture en bois russe ont été utilisées somme les trois rangées de kokochniks, une petite coupole) et la pagode boudhique[4].

église du Saint-Esprit de Talachkino

Dans l'espace intérieur de l'église du Saint-Esprit, l'autel, selon les plans du constructeur, est presque entièrement visible pour les fidèles[5]. Selon Lioudmila Korotkina (ru), docteur en sciences, l'église devait exprimer l'idée de la complexité et de l'unité du monde, mais la peinture de l'intérieur de l'église possède une signification différente. Celle-ci transmet l'idée de l'éternité des valeurs spirituelles et affirme que le sens de la vie est la domination du monde par le Bien[6]. Ainsi la composition de l'autel Reine du ciel n'incarne pas un canon de la confession religieuse des chrétiens, mais apparait comme « personnifiant de manière collective, le début de la création du Bien dans les différentes religions »[7].

Projet de construction de l'édifice

Le village de Flionovo (également connu sous les noms de Kholiabchtchino et Khlionovo) est connu depuis les années 1770, d'abord comme domaine du dragon A. Е. Joltovski, puis au début du XIXe siècle, il a appartenu à l'assesseur collégial К. Joltovski, plus tard au lieutenant (porouchnik) A. L. Krasnolenski. En 1894, Flionovo a été acquis par la princesse Tenicheva et est devenu une partie de la propriété Talachkino[8]. En ce qui concerne les paroisses, le village de Flionovo[9],[10],[11] était rattaché à la paroisse de Znamenski, mais se trouvait à une distance de cinq verstes de celle-ci. Quant à Talachkino, bien que situé à proximité, il faisait partie de la paroisse de Bobyriovo. Mais l'église de Znamenski était à même distance que celle de Bobyryovo. Les élèves de l'école de Maria Tenicheva (école créée par la princesse pour les enfants des paysans où ceux-ci apprenaient non seulement la lecture mais aussi les arts appliqués)[11] allaient chanter à l'église de Znamenski tous les dimanches et les jours de fête, ce qui n'était pas commode vu la distance. Maria Tenicheva écrivait: « Mon école de Flionovo a pris tellement de forces, de sympathie et de dévouement que j'ai voulu la couronner par un temple de Dieu »[9],[10].

Le professeur d'architecture Igor Belogortsev (ru), a attribué l'idée de l'église du Saint-Esprit à l'année 1896 et estimait aussi que Tenicheva avait utilisé l'expérience d'Abramtsevo, où l'église a été construite selon le projet de Viktor Vasnetsov dans le style des villes de Pskov et Novgorod. Belogortsev considérait que la princesse Tenicheva s'était basée pour son plan sur des photos d'églises russes, réalisées et publiées par le fondateur de la photographie architecturale Ivan Barchtchevski (ru). En 1898, en compagnie de Barchtchevski elle a entrepris un voyage à travers la Russie pour découvrir l'architecture de la Rus' de Kiev du point de vue archéologique et ethnographique. Selon Belogortsev c'est à cette époque que la princesse a remarqué pour la première fois la proximité et l'unité existant entre l'architecture russe et les paysages naturels russes[12].

Le prince Viatcheslav Tenichev (ru), époux de Maria Tenicheva, s'est opposé à la construction de cette église. Tenicheva a alors demandé le soutien du gouverneur de Smolensk Vassili Sosnovski (ru), qui était ami du prince. Ce n'est qu'après cela que le prince a alloué l'argent nécessaire à la construction. Tenicheva écrivit : « Nous avons longtemps cherché un emplacement pour l'église. On a été à Flionov, on a discuté de la question de tous côtés et finalement on a trouvé. C'était un endroit merveilleux, le meilleur que l'on puisse réserver à l'église. Il était prédestiné à cela. Là, à côté de l'école, sur une haute colline magnifique, couverte de pins, de sapins et de tilleuls, avec un horizon inimaginable, et l'église a été dédiée au Saint-Esprit »[13],[14].

Conception du projet en 1899

Tenicheva a mis par écrit ses propres réflexions sur l'apparence de la future église :

«  Quand j'ai cherché la forme à donner à mon église, j'avais déjà beaucoup réfléchi et j'étais profondément imprégnée de l'antiquité russe. Je voulais créer un édifice non pas en matériaux précieux mais uniquement en pierres locales, en bois de la région. Après mon voyage en Russie il m'est apparu clairement, que les églises des régions septentrionales avaient été créées en fonction des conditions et des exigences climatiques. Toutes nos grandes fêtes ont lieu en hiver ou au début du printemps, ou en automne. Pour les processions qui ont lieu lors de ces fêtes, nos églises étaient construites avec un paperte de protection autour de l'édifice. »

Premiers projets

Absides de l'église du Saint-Esprit à Talachkino

Il y eut en tout 15 projets différents pour l'église. Se sont essayés à ces projets Ilia Repine, Victor Vasnetsov, Konstantin Korovine, qui a proposé quatre variantes (de même que Barchtchevski[15]). Leurs projets n'ont pas été conservés. Par contre, des croquis représentant différentes variantes possibles de l'église ont été conservés[16]. Belogortsev explique que Tenicheva avait organisé un concours du meilleur projet et qu'elle avait elle-même dessiné un croquis au crayon de la future église[17]. Ce concours est mentionné dans son article et la critique d'art Svetlana Mikhaïlovna rapporte à ce sujet, que Tenicheva avait présenté son propre projet[18]. Selon une autre version, les croquis gagnants du concours ont été synthétisés, savoir ceux de Sergueï Malioutine, Maria Tenicheva, Vladimir Souslov (ru), et d'Ivan Barchtchevski (ru)[19].

  • Au début de son projet, la princesse s'est adressée à l'historien et archéologue Adrian Prakhov. Celui-ci, à la demande de la princesse en 1899 ( selon d'autres sources 1900)[4]) s'est installé à Talachkine et a créé un modèle de l'église, qui représentait une immense cathédrale à cinq dômes, semblable à la cathédrale Saint-Vladimir (Kiev) de Kiev. Tenicheva a rejeté ce projet[20],[21][15],[22]. L'irritation de la princesse à propos de ce modèle était provoquée par l'utilisation de marbres italiens qu'elle considérait de mauvaise qualité. La princesse voulait construire l'église uniquement à partir de matériaux locaux[4].
  • Le projet le plus modeste fut celui éléboré par Barchtchevski et inspiré des techniques de l'architecture de Pskov et de Novgorod[Note 1]. L'église, aux formes massives, s'élevait en même temps en douceur grâce à des grands kokochniks. Maria Tenicheva à transmis le projet de Barchtchevski à l'académicien de l'architecture Vladimir Souslov pour qu'il le développe[23].
  • Vladimir Souslov, chercheur en architecture russe en bois fut un autre concepteur de projet (ses esquisses, réalisées à l'encre et à l'aquarelle sur papier: СОМ 436, СОМ 11662/ 9, 14, 15, 16, 17, se trouvent au musée-réserve national de Smolensk (ru) provenant de la collection de Tenicheva en 1919. Sa maquette de la cathédrale à sept coupoles fut selon les propres dires de Tenicheva rejetée par elle[24],[25]. Elle écrivit avec indignation : « Souslov ne m'a pas comprise et m'a proposé ni plus ni moins qu'une cathédrale à sept coupoles !!! »[26]. Belogortsev, cependant, affirma, que c'était précisément la projet de Souslov, basé sur les esquisses de Tenicheva et de Barchtchevski qui avait été soumis à l'approbation de l'architecte provincial à la fin de l'année 1898. Après l'approbation de cette esquisse, Souslov a élaboré un projet technique, qui a lui aussi été approuvé à l'été 1902 par l'architecte provincial. À partir de ce moment, selon Belogortsev, c'est précisémen sur base du projet de Souslov que la construction de l'église a commencé[23].
Selon Belogortsev, c'était Souslov qui exercait les fonctions d'architecte en chef, mais en son absence ces fonctions étaient assurées par Sergueï Malioutine et Barchtchevski[27]. On a attribué la paternité du projet réalisé pour l'église à Souslov, ainsi qu'aux deux auteurs d'une monographie sur son oœuvre, publiée en 1976 : la fille de l'architecte Anna Souslova et l'académicien—architecte Tatiana Slavina (ru)[28]. Lodmila Korotkina a écrit prudemment, que l'église avait été construite par Souslova d'après les dessins de Sergueï Malioutine[6]
  • Durant l'été 1899, Mikhail Vroubel, lors d'une séjour de deux semaines à Talachkino, réalisa des esquisses de l'église (le projet comprenait une cathédrale, un clocher et un réfectoire[17]), qui ne satisfirent pas non plus Tenicheva (dans la collection graphique du musée-réserve de Smolensk sont conservées deux de ses esquisses -СОМ 432, 433- qui représentent les façades nord et ouest de l'édifice. Réalisées à l'aquarelle, à l'encre brune, sur du papier collé à du carton[Note 2],[29]. Belogortsev considérait ce dernier projet comme le plus intéressant. De somptueux ornements, des arcs allongés en forme de kokochniks, aux extrémités triangulaires, de hauts perrons et une multitude de petits détails artistiques lui conférait une splendeur digne d'un palais. Le projet de Vroubel, à l'époque soviétique fut exposé au musée régional de la ville (le musée Nadejda Kroupskaïa)[17].
  • Le projet de Nicolas Roerich — un édifice à cinq coupoles de style chatior, doté d'un clocher à deux étages et d'un perron, richement décoré de fenêtres étroites avec arc, qui s'inscrivent dans une arcade. Dans le registre des acquisitions de la collection graphique du musée-réserve de Smolensk a été consignée une note concernant les esquisses au mois de novembre 1929 : « Façade nord et ouest. Esquisses d'une église de style russe du XVIIe siècle »[16].
  • La collection graphique du musée-réserve de Smolensk conserve également trois esquisses de l'église du Saint-Esprit de Flionovo réalisées à l'encre et à l'aquarelle sur papier datée de 1897 (СОМ 11662 / 8, 10, 11). L'auteur est un artiste étrnager inconnu[16]. Larissa Jouravliova a émis l'hypothèse qu'il pourrait s'agir d'esquisses de Techineva elle-même[30].

Travaux de Sergueï Malioutine sur le projet

Entrée vers la galerie intérieure de l'église du Saint-Esprit destinée aux processions

En 1899, Mikhail Vroubel écrivit à Sergueï Malioutine à la demande de la princesse Tenicheva:

«  « Très honoré Sergueï Vassilievitch, quand j'ai lu votre lettre, elle (М. К.) a beaucoup regretté de ne pas avoir eu l'occasion de faire votre connaissance et de s'entretenir avec vous d'un sujet dont elle m'a chargé de vous exposer dans cette lettre. Elle vous prie de lui faire une esquisse à l'encre d'une petite église, mais qui répondrait aux exigences suivantes : 1) un paperte chauffé, 2) un étage de crypte , 3) des galeries de contournement ou des entrées pour les processions, lorsque le temps ne permet pas de les organiser à l'extérieur. Le style est celui de Iaroslav. Ensuite libre cours à votre imagination décorative… Ne manquez pas de me répondre au plus vite pour me faire savoir si vous acceptez cette commande, et quel est son coût. Je vous serre la main. M. Vroubel  »

 »[31],[32],[33].

Malioutine ne s'était jamais intéressé auparavant à l'architecture. Au printemps 1900, l'artiste s'installa avec sa famille à Talachkino, venant de Moscou (l'historienne d'art soviétique Alina Abramova affirmait dans son ouvrage consacré à son œuvre, que Malioutine avait apporté avec lui à Talachkino plusieurs esquisses de la future église[34]). Malioutine y vécut trois ans et trois mois. La collection graphique du musée-réserve de Smolensk conserve environ 1200 esquisses décoratives de Malioutine. En 1901, Sergueï Malioutine proposé la construction d'une église à croix inscrite surmontée d'un clocher à bulbe et de kokochniks en forme de quille, au sommet d'une colline en gradins. L'église serait richement décorée de céramiques ornées de motifs végétaux; sur la façade ouest, au-dessus de l'entrée se trouverait une icône de « Mandylion »[35]. Malioutine proposait de décorer l'extérieur de l'église de peintures éloignées de la thématique religieuse. Parmi ses motifs figuraient des fleurs des champs et des patins à glace de contes de fées. Selon Jourvliova, l'église représentée dans ses croquis ressemblait à un pain d'épices décoré[36].

Dans la collection du musée-réserve de Smolensk sont conservés six projets graphiques de l'église du Saint-Esprit, réalisés par Sergueï Malioutine à l'aquarelle sur carton, avec utilisation de blanc de plomb, de peinture à l'aluminium et de peinture bronze (СОМ 7512-7517). Sur les esquisses sont représentées les trois façades orientales, deux façades occidentales et une façade nord[35]. Les esquisses conservées de l'église, appartenant à Malioutine, permettent aux spécialistes actuels d'affirmer que l'église a été construite effectivement selon son projet[37].

Sergueï Malioutine. Éléments du décor de l'église.

Bien que l'église ait été construite d'après les plans de Malioutine et sous sa supervision directe, sa réalisation a longtemps été attribuée à d'autres auteurs[38] [Note 3],[39]. Dans son ouvrage sur l'église de Talachkino, publié en 1938 (après la mort de la princesse), Maria Tenicheva s'attribuait même la conception du projet de construction. L'historien d'art soviétique A. N. Zelinsky lui attribuait également la paternité du projet[40]. Ce point de vue a été soutenu par la candidate en histoire de lart Natalia Tioutiougina, qui a désigné Tenicheva comme l'architecte principale de l'église[41],[42],[43]. L'historienne de l'art Alina Abramova, dans son ouvrage de 1978, rejetait la paternité de Berchevski, Tenicheva et Souslova et considérait Sergueï Maliotine comme le seul architecte (un point de vue identique avait été formulé vingt-cinq ans plus tôt par l'historien soviétique, auteur d'une monographie sur l'oeuvre de Malioutine, I. Iliochine[44]),[38]. La chercheuse, historienne, spécialiste de l'œuvre de Malioutine Galina Golynets, dans son ouvrage daté de 1974, ne mentionne pas l'église du Saint-Esprit à Talachkino parmi les constructions attribuées à Malioutine[45], mais dans la préface de l'album consacré à l'artiste, édité en 1987, elle attribue sans équivoque la construction à Malioutine[46]. Larisa Jouravliova a écrit que le projet de l'église était le fruit de la collaboration de Malioutine, Tenicheva et Barchtchevski[36]. Ce point de vue a été largement repris dans les ouvrages publiés au cours de la première décénie du XXIe siècle[47],[8]. Lioudmila Mikhaïlova a émis l'hypothèse que la princesse avait effectivement participé à la construction de l'église, mais seulement à la siuite du décès de son époux, lorsqu'il est devenu nécessaire d'aménager un mausolée dans l'église[37].

À l'automne 1903, Sergueï Malioutine partit pour Moscou, où il obtint un poste permanent d'enseignant à l'École de peinture, de sculpture et d'architecture de Moscou[48]. Tenicheva exigea de Malioutine qu'il signe une acte qui officialise juridiquement la rupture de leurs relations artistiques, ce qui, selon Alina Abramova, équivalait aux yeux de la princesse à une renonciation aux droits d'auteur pour le projet de l'église du Saint-Esprit[49], [Note 4],[50],[44].

Création d'une maquette de l'église

Images externes
Projet de Vladimir Souslov rejeté par la princesse
Projet approuvé de Sergueï Malioutine (façade ouest)
Maquette initiale de l'église avec son clocher, rejeté par Tenicheva
La princesse Maria Tenicheva peinture de Ilya Répine (1896)

Les esquisses de Sergueï Malioutine correspondaient à la conception générale de la princesse Tenicheva, qui, avec l'aide d'Ivan Barchtchevski, entreprit la réalisation d'une maquette de l'église utilisant des éléments des projets antérieurs, mais en s'inspirant ( selon les hypothèses des historiens d'art) du projet de Malioutine[51]. Tenicheva a écris dans ses mémoires Impressions sur ma vie : « Sous ma dictée, pas à pas, petit à petit, nous collions, cassions, recollions, modelions, jusqu'à obtenir la forme qui me satisfasse. Deux maquettes ont été réalisées. La première je l'ai finalement complètement rejetée, tandis que la seconde correspondait de plus en plus à mon sentiment, y répondait et, finalement, corrigée et complétée, a pris forme, et a rencontré l'approbation même des personnes les plus indifférentes … »[52],[51]

La princesse a rejeté la maquette sur laquelle le clocher était placé du côté est, ce qui est contraire à la tradition canonique. Les maquettes réalisées par la princesse n'ont pas été conservées[51]. En 2011, le musée-réserve de Smolensk a reçu une photo de la maquette de l'église, sur laquelle était inscrit au crayon en allemand : « …in Phlonowo (Talasckino) », et au-dessus — une inscription en russe au crayon: « Maquette de l'église du Saint-Esprit à Fionova ». La conservatrice de la collection d'arts décoratifs et appliqués du musée A.L Karnaukhova a découvert un détail de la maquette de l'église une coupole sculptée en bois. Il a ainsi été possible de déterminer la taille de la maquette de l'église. La hauteur de la coupole en bois est de 26,5 centimètres, et comme sur la photo elle représente 3,3 fois la hauteur de la maquette jusqu'à son dôme, si bien que la hauteur de la maquette en carton, coupole comprise a été estimée à 113,95 centimètres. En décembre 2011, Ozer Djesko[Note 5] a remis au musée-réserve de Smolensk l'album « Église du Saint-Esprit de Talachkino », publié par la Société russe d'histoire et de généalogie en 1938 à Paris. On y trouve trois photographies de la maquette de l'église du Saint-Esprit à Flionovo, vue de l'ouest, du sud-est et de l'est, réalisée par Maria Tenicheva avec l'aide d'Ivan Barchtchevski[53].

Il existe une version selon laquelle Tenicheva, Barchtchevski et plus tard Malioutine auraient travaillé ensemble à la maquette. Selon cette version deux maquettes auraient été réalisées. La princesse a rejeté la première et approuvé la seconde[4].

Construction de l'église

Pose de la première pierre de l'église du Saint-Esprit à Talachkino. Photographie tirée du « Smolensky Vestnik » du 12 septembre 1900

La construction de l'église a été lançée le 7 septembre 1900[Note 6][54] au nom de la Transfiguration (christianisme)[55]. Le journal Smolensky Vestnik en 1900 écrivait : le jeudi 7 septembre, dans le domaine de Talachkino à 15 verstes de Smolensk, a eu lieu la pose de la première pierre d'une nouvelle église dédiée à la Transfiguration du Seigneur[41].

La construction de l'église s'est déroulée de 1900 à 1905 (Jouravliova situait la pose de la première pierre en 1900 et l'approbation du projet en 1902 par le gouvernement de Smolensk ainsi que le début des travaux[36]). La construction de l'église avançait lentement, l'architecte local de Smolensk, chargé de l'aspect technique du chantier, s'avéra, selon les dires de la princesse, être un homme « indifférent et malhonnête », si bien que dès 1903 les murs se fissurèrent alors que les travaux étaient encore en cours[56]. Le professeur Vladimir Sokolovsky (ru) est arrivé à Talachkino. Il a conseillé de suspendre les travaux pendant un an pour s'assurer que l'état de l'église ne se détériorait pas. Sokolovky constata que les murs avaient été maçonnés négligemment, qu'ils présentaient des épaisseurs variables selon les endroits, et que « les voûtes n'avaient pas une courbe régulière »[4], que les fondations s'étaient affaissées[19].

église de Parkhomovka dans l'oblast de Kiev dédiée à l'Intercession de la Mère de Dieu et construite dans les années 1904-1907

Les travaux ont été suspendus et l'église a été temporairement condamnée[57].

tombeau de Viatcheslav Tenichev dans l'église du Saint-Esprit. État actuel

Tenicheva est revenue de l'étranger après la Révolution russe de 1905[4], mais même en 1908, alors que les murs avaient été renforcés, la princesse lorsqu'elle se trouvait dans l'église « avait très peur » — « Les voûtes pouvaient s'effondrer et nous tuer tous. Je tremblais tout le temps et je n'ai poussé un soupir de soulagement que lorsque tout fut terminé et que tout le monde fut sorti de là »[56]. L'historien régional soviétique Belogortsev, écrivait que même Tenicheva accordait déjà davantage d'attention à la construction de bâtiments d'intérêts publics : hopitaux, écoles de dessin, musée à Smolensk. Ce n'est que durant le cours de la Première Guerre mondiale que la construction du tombeau-mausolée fut achevée et qu'une crypte fut aménagée dans un caveau du bâtiment où fut installé le cercueil du mari de la princesse décédé avant la guerre[27]. L'hypothèse a toutefois été émise suivant laquelle dès 1908, la construction de l'église du Saint-Esprit était devenue un objet de rivalité entre les mécènes de la famille dont Lev Goloubev, qui avaient achevé à cette époque la construction de l'Église de l'Intercession de la Mère de Dieu (ru), de style Art nouveau avec caveau funéraire à Parkhomovka) (ru) dans l'oblast de Kiev.

Caractéristiques architecturales du bâtiment

Vidéo externe
Excursion à l'église du Saint-Esprit de Talachniko

Malgré ses dimensions modestes, l'église semble monumentale. Cet effet est obtenu grâce à l'absence de fragmentation et de segmentation des formes. La construction repose sur une structure extrêmement simple : le cube de l'église est ceinturé d'une galerie et l'édifice n'a pas de piliers. Il a été construit en briques de fabrication locale, produites à Talachkino spécialement pour cette construction. La brique de petite taille utilisée appartient au type brique romaine[37]. Ce type de brique semblable à des plaques était largement utilisée dans la construction de temples en pierre aux XIe et XIIIe siècles en Russie. Dans les mêmes ateliers on fabriquait pour l'église de la majolique et des carreaux en faïence décoratifs, et on procédait au polissage des pylônes en granit importé de Poretchia (aujourd'hui appelée Demidov). Pour les toitures à plusieurs pentes ont été fabriquées des tuiles en terre cuite[58].

Malioutine a accordé une attention particulière aux éléments décoratifs de l'édifice. Une petite coupole s'élève au-dessus du toit à quatre pans. Elle est surmontée d'une flêche et non d'une croix, ce qui est rare dans l'architecture religieuse. La transition entre les murs et la coupole s'effectue grâce à trois rangées de kokochniks. Dans cette église la religiosité n'est pas présente dans le sens où l'entendent les autorités ecclésiastiques officielles qui respectent les canons. Selon Mikhaïlova, l'église représente une religion populaire et donne une représentation artistique de la foi populaire[59].

Le nom de l'église — église du Saint-Esprit — et sa fonction ( mausolée de l'époux de Tenicheva) ont, selon Mikhaïlova , sensiblement influencé la création de son image artistique. L'église est perçue comme image de la « joie éclairée», qui «descend sur les hommes ». Les kokochniks sont alors perçus comme des « marches vers le ciel et vers la terre », tandis que l'église est vue comme « lien entre Dieu et les hommes ». En même temps, l'édifice dégage un caractère de féérie populaire. Il n'existe pas d'analogie directe dan l'architecture russe. Mikhaïlova y voyait des échos de l'architecture russe en bois. Elle y voyait aussi les formes classiques des tombeaux pyramidaux et des mausolées[59].

Galina Golynets, docteur en histoire de l'art et professeure à l'Université d'État de l'Oural Gorki, membre correspondante de l'Académie russe des beaux-arts a également écrit qu'il n'existait pas de modèle concret pour cette église. Selon elle, cette église est un souvenir poétique, une réflexion de l'architecture sur le Moyen-Âge russe par un homme du début du XXe siècle. Cette façon de voir se caractérise, selon elle, par la mise en valeur du graphisme linéaire des contours, par la densité matérielle des volumes, par le caractère grotesque et pointu des kokochniks[60].

Peintures et mosaïques de l'église

Fichier:Peinture de l'autel de l'église du Saint-Esprit à Talashkino.webm
Nicolas Roerich. Peinture de l'autel de l'église du Saint-Esprit à Talachkino, « La Reine céleste ». État actuel
Nicolas Roerich. La Reine des cieux peinture dans son état actuel presque disparue

En 1903, Roerich et son épouse se rendirent pour la première fois au domaine de la princesse Tenicheva[61]. Roerich devait aménager l'intérieur de la maison de maître : réaliser des croquis de mobilier, de tissus décoratifs et de panneaux[62]. En 1905, Nicolas Roerich écrivait à propos de l'église de Talachkino :

« On construit une église à Talachkino. Elle est encore loin d'être achevée. On y apporte tout ce qu'il y a de mieux. De la croix supérieure aux petits bandeaux des livres de prières spécialement calligraphiés, tout est mûrement réfléchi, contrairement à bon nombre de nos nouvelles cathédrales. Dans cet édifice, l'héritage miraculeux de la vieille Russie, avec son sens aigu de la décoration, peut s'incarner avec bonheur. Que ce soit l'ampleur démesurée des reliefs des murs extérieurs de la cathédrale Iouriev-Polski, la fantasmagorie des églises de Rostov et de Iaroslavl, ou la majesté des Prophètes de la Cathédrale Sainte-Sophie de Novgorod — tout ce trésor de la Divinité ne doit pas être oublié. Même sur les chemins lointains. Même les églises d'Ajanta et de Lhassa. Que les années s'écoulent dans un travail serein. Qu'il incarne peut-être plus pleinement les préceptes de la beauté. »

Église du Saint-Esprit et l'église orthodoxe russe

Les peintures murales de l'intérieur de l'église

En 1908, Tenicheva proposa à Roerich de se charger de la décoration de l'église du Saint-Esprit, car les projets de peintures murales de Sergueï Malioutine n'avaient pas été réalisés[63]. Elle racontait dans ses mémoires :

« Je n’ai fait que lancer un mot, et il a répondu. Ce mot, c’est « église ». Ce n’est qu’avec lui, si Dieu le veut, que je l’achèverai. C’est un homme qui vit par l’esprit, un élu de l’étincelle divine, à travers lequel s’exprimera la vérité de Dieu. L’église sera achevée au nom du Saint-Esprit. Le Saint-Esprit est la force de la joie spirituelle divine, une puissance mystérieuse qui relie et englobe l’existence. Quelle tâche pour un artiste ! Quel vaste champ pour l’imagination ! Combien de choses peut-on apporter à l’esprit du temple de la création ! Nous nous sommes compris, Nikolai Konstantinovich est tombé amoureux de mon idée, il a saisi le Saint-Esprit. Amen. Tout au long du trajet de Moscou à Talashkino, nous avons discuté avec ferveur, nous laissant emporter par nos projets et nos pensées vers l’infini. Des moments sacrés, bénis. Maria Tenicheva . »

,[64],[65].

Avant de commencer à travailler à Talachkino, Roerich avait déjà une expérience dans la réalisation de cycles de peintures religieuses. En 1904, l'artiste reçut une commande d'Ivan Kamenski (ru), membre du Conseil de l'Empire, pour la réalisation d'une iconostase destinée au caveau familial du couvent de l'Assomption à Perm. En 1906, il réalisa des esquisses pour église de la Protection de la Très Sainte Vierge (ru) à Parkomovka (ru) (domaine des Goloubev près de Kiev) et pour l’église de Chlisselbourg, ainsi que pour la chapelle de Pskov, L. S. Livshits demanda à l’artiste de réaliser des esquisses pour la chapelle de sa villa à Nice [59].

Intérieur de l'église du Saint-Esprit à Talachkino. 2019

À différentes époques, les fils de Nikolaï Roerich, Sviatoslav et Youri, ainsi que son épouse Éléna et son frère architecte, Boris Konstantinovich se sont rendus à Talachkino[66]. Boris Roerich fut invité pour tenter de préserver la décoration intérieure de l'église après que la qualité des travaux de construction s'était avérée insatisfaisante[67]

À l'origine, Tenicheva a demandé à Roerich de ne peindre que l'autel de l'église[68],[69]. Tenicheva et Roerich ont essayé de faire revivre une ancienne tradition suivant laquelle l'autel était presque entièrement visible par les croyants. L'apparition de l'iconostase haute et cachant entièrement l'autel ne remonte, en effet, qu'au XVIe siècle[68]. Roerich et Tenicheva ont choisi une version intermédiaire, dans laquelle l'iconostase empêche l'accès à l'autel, mais ne le cache pas complètement[65]. Sur le fait que dans l'église de Talachkina, selon le plan des constructeurs, il ne devrait y avoir qu'une iconostase réduite, Maximilian Volochine a écrit : «il est profondément intéressant de savoir, quelle impression La reine du Ciel (la peinture d'autel) fera, quand elle remplira tout l'espace de la nef principale de l'église, au-dessus de l'iconostase basse en bois »[70]. Roerich a réalisé la peinture de l'autel et de l'une des arches de l'entrée (selon une autre version - l'autel et l'arche droite avec Nicolas de Myre[71]). Dans la partie de l'espace au-dessus de l'autel, Notre-Dame bénissait la rivière à ses pieds, sur laquelle flottaient des navires (le nom complet et définitif de la composition de l'autel est «la Reine des Cieux sur la rive de la Vie». Ce n'est pas une composition religieuse traditionnelle, mais une œuvre philosophique exprimée dans le langage des beaux-arts. Toutefois, selon Larissa Jouravleva, elle ne peut pas être considérée comme un collage à partir d'éléments de différentes religions[72]). Natalia Tioutiougina a perçu la Reine des Cieux comme un Principe Féminin, qui, à la suite de Vladimir Soloviev, a été interprété par l'artiste comme la substance même du Saint-Esprit[Note 7],[73].

Autour de la Reine des Cieux sont représentées des villes protégées par des anges, des saints. Au-dessus c'est la procession des prophètes adorant la Croix[74]. L'édition soviétique de la biographie de Roerich, dans la série Vie de personnes remarquables affirmait que, encore durant le stade de la réalisation, l'idée de cette peinture était en opposition avec les idées du clergé du diocèse de Smolensk en raison du désir de Roerich et de Tenicheva de représenter Marie (mère de Jésus) au-dessus de l'autel. Cet obstacle a été contourné grâce au fait que l'église était construite sur les fonds personnels des Tenicheva. Pavel Belikov (ru) et la Kniazeva Valentina Pavlovna (ru) décrivent ainsi la peinture: La reine du Ciel est représentée assise sur son trône sans l'enfant Jésus traditionnel dans ses bras. Son image s'organise autour d'une composition symbolique complexe. Les fondations du trône reposent sur le firmament de la terre que baigne le fleuve de la vie. Aux pieds de la reine, luttant contre les vagues d'une tempête, des gens s'élancent dans des pirogues fragiles. La tête de la reine atteint les hautes sphères du ciel où des anges chantent ses louanges. La procession des prophètes adorant la croix couronne la peinture. En utilisant les détails architecturaux de l'église, Roerich résout avec compétence la composition complexe à trois niveaux. La beauté de la décoration particulière confèrent à l'édifice une ornementation très riche basée sur l'art populaire russe. Dans l'image de la reine du Ciel transparait clairement le panthéisme des religions de l'orient qui ne reconnaissent Dieu que dans sa création[75]. Kniazeva et Belikov, selon Loudmila Korotkina, considéraient que l'apparence de la Reine du Ciel rappelait la beauté type de l' Inde [cette affirmation n'apparait pas clairement dans leurs ouvrages][76], mais cette idée concernant la composition est apparue dans le travail de l'artiste lorsque son intérêt pour la culture indienne est devenue déterminante[77][76].

En mai 1909, Maria Tenicheva a écrit à l'artiste qu'elle attendait avec impatience les croquis des peintures murales projetées[78]. À ce jour quatre d'entre eux ont été conservés[79], et parmi eux un croquis de la peinture murale Reine des Cieux (1911, papier sur carton, gouache, crayon de couleurs, aquarelle, 47 х 31 cm, se trouve dans une collection privée aux États-Unis)[80].

En 1910, Roerich a directement commencé à peindre, a pris les mesures nécessaires et a tracé les contours, il a également réalisé quelques études de peintures ç Smolensk. Durant l'été 1912 il poursuit son entreprise[78]. Il est aidé par le peintre Pavel Naumov (ru) (1884-1942). Ce dernier a étudié en 1899—1901 à l'école privée de dessin de Kiev N. Mourachko et en 1901-1904 à l'école des beaux-arts de Kiev. En 1904, il est entré comme élève libre à l'école supérieure d'art de la peinture, de la sculpture et de l'architecture de l'Académie Impériale, dans la classe de Dmitri Kardovski ; en 1911 il a reçu le titre d'artiste peintre. Il a vécu à Saint-Pétersbourg ; il a peint des natures mortes, des paysages, des tableaux sur des sujets mythologiques et bibliques. En 1912, il a réalisé avec d'autres artistes les décors de la pièce Peer Gynt, d'après les croquis de N. Roerich, pour le théâtre d'art des Moscou et avec les élèves de la Société impériale d'encouragement des beaux-arts[Note 8], Alexandra Tchekatikhina-Pototskaïa (ru), Tchernov et Dmitriev[81],[82],[83],[84]. La première couche de peinture a été appliquée sur une toile collée à du stuc. Jouravliova considérait que Roerich essayait dans cette oeuvre d'incarner la synthèse « non seulement des meilleures réalisations de l'architecture russe ancienne, mais aussi des motifs décoratifs des temples de l'Inde d'Ajanta et de Lhassa», ce pourquoi Tenicheva a été son alliée fidèle[78].

On supposait qu'en plus de la peinture murale de l'autel (la Reine du Ciel), Roerich exécuterait aussi les compositions Le Trône du Dieu invisible (au-dessus de l'arc de l'abside de l'autel[85]), Les Princes (sur la voûte de l'abside [81]), Garçons, Nicolas, Écoute l'ordre de Dieu (le croquis est mentionné dans le catalogue des œuvres de l'artiste, complié par Sokolovski[86]),[87].

  • Le croquis de la composition la Reine du Ciel sur les rives du fleuve a suscité l'admiration de Maximilien Volochine. Il a écrit à ce propos

    «  : Flamboyant, écarlate-doré, pourpre, rouge, rouge sang, écarlate. L'assemblée réunie, les forces célestes, les murs qui montent jusqu'aux nuages, au milieu d'eux la Reine du Ciel dans une robe blanche, et au fond le jour nuageux et terne sur la terre, et les eaux gelées de la vie de chaque jour… Les vêtements blancs de Notre-Dame parmi la foule de couleur pourpre, dans cette icône on ressent quelque chose de très ancien et d'oriental »

    ,, [88]). L'image de la Reine du ciel est apparue pour la première fois à Roerich en 1906[89],[90], lorsque le voyageur orientaliste Victor Goloubev lui a proposé de peindre l'église de l'Intercession de la Vierge, dans le village de Parkhomovka. Le peintre a créé un premier croquis de la Reine du Ciel pour cette église, mais il n'a pas réalisé la peinture finale. Le frère de Goloubev (Léon Goloubev (ru)) a refusé les croquis de l'artiste pour l'église de Talachkino (Léon Goloubev (ru)), sous prétexte qu'ils ne correspondaient pas aux canons de l'église orthodoxe[91]. Roerich a décoré les vêtements de la vierge à Talachkino avec des figures zoomorphes et végétales, des ornements de la sculpture de la Cathédrale Saint-Dimitri de Vladimir à Vladimir (Russie),[84].
  • Dans la réserve du musée national de Smolensk, un croquis du Trône du Dieu invisible ( Adoration de la Croix) a été conservé (1909, papier sur carton, encre, tempera, 58,5 х 91 cm). Sa composition est similaire à celle des célèbres images canoniques du Jugement dernier. Un trône est représenté au-dessus duquel s'élève une Croix de Novgorod (ru) au centre de laquelle figure le Christ pantocrator. Su le côté du trône est représentée la Passion du Christ, puis agenouillés, en vêtements blancs surmontés de nimbes Adam et Ève, et plus loin encore, les archanges

Gabriel, Michel, ainsi que les douze apôtres[92],[93].

  • Le fond de la peinture est noir, la construction est linéaire et permet de transmettre la profondeur de l'espace grâce au rythme des figures et des détails expressifs. Sur le fond noir formé par la végétation sombre, des cimes stylisées d'arbres ressemblent à des miniatures d'anciens manuscrits. Les visages et les nimbes de tous les personnages sont peint en couleur ocre tandis que les contours sont dessinés en vert, les vêtements blancs sont représentés avec une abondance de plis[94].

Mosaïque Mandylion

Nicolas Roerich. Mandylion de Talachkino, années 1910

La mosaïque de Roerich placée au-dessus de l'entrée a été créée suivant les techniques de peintures russes des XIIe siècle et XIIIe siècle siècles[27]. La face du Sauveur est réalisé dans des tons sombres. « Le regard est énorme et immobile au fond de la dépression des yeux », au milieu du visage épuisé par la douleur et la souffrance. Le visage est placé par le peintre sur fond de ciel sinistre aux nuages lourds et enflammés en surplomb. Evgeni Matochkin (ru), docteur en histoire de l'art, considérait cette image comme une personnification symbolique de l'époque. Selon ce chercheur, l'expression de la couleur, les tons expressifs, les éclairs doivent être perçus comme des précurseurs dramatiques de l'avenir et du Jugement dernier[95].

Belogortsev considérait que, par sa technique, le travail en mosaïque de Roerich était l'une des œuvres les plus achevées de la période russe des arts appliqués d'avant la révolution d'octobre [27]. Roerich a travaillé à son exécution de 1908 à 1914 год[59]. Il a réalisé des croquis pour cette mosaïque en 1910 (l'un d'entre eux est conservé au musée-réserve de Smolensk. Il est réalisé à tempera sur un support papier et provient de la collection de Tenicheva (sous n°2305)). Roerich a ensuite signé un contrat pour l'exécution de la mosaïque avec l'atelier de l'Académie russe des beaux-arts et Vladimir Frolov à Saint-Petersbourg[96]. Ce contrat qui a survécu jusqu'à aujourd'hui prévoyait la définition de la zone de réalisationт (sur 90 mètres carrés environ), le prix pour lequel le contrat est conclu (7000 roubles), une garantie d'achèvement de la mosaïque de 3 ans, le suivi par des maîtres-mosaïcistes de l'exécution des travaux[97].

Parkhomovka. Chapelle de Saint Victor de Damas avec la mosaïque d'après croquis de Roerich
Vue rapprochée du Mandylion de Saint-Victor de Damas à Parkhomovka

Nicolas Roerich a écris à son propos : « La mosaïque est comme un éclat d'étérnité. Après tout, toute notre vie est une sorte de mosaïque. Nous ne pensons pas qu'il soit possible d'écrire un récit de vie ou une biographie qui ne soit pas une mosaïque.»[98].

Au début des travaux à Talachkino, Nicolas Roerich avait déjà de l'expérience dans la création d'œuvres sur le thème du Mandylion selon la technique de la mosaïque. C'est selon son croquis de l'atelier de Vladimir Frolov qu'a été créée la mosaïque de la chapelle Saint-Victor à l'église de l'Intercession de la Sainte vierge au village de Parkhomovka près de Kiev en 1906 par l'architecte Vladimir Pokrovski[99],[100]. Le Manylion, dans le symbolisme russe ancien représentait la victoire sur la mort et la guérison spirituelle. Longin le centurion , Marie Madeleine, Jean l'apôtre et Notre-Dame étaient généralement représentés dans l'art russe ancien dans la scène de la Crucifixion et Roerich a repris cette tradition. Tioutiougina considérait que Roerich n'avait donc pas violé les canons, mais qu'il avait « créé sa propre variation de la tradition iconographique et sa propre lecture de l'image [101]. Un Mandylion, entouré de saints guerriers a également été réalisé en mosaïque par Roerich pour la Laure de Potchaïv (1906—1912, elle orne l'entrée sud de l'église[102].

Le smalt de la mosaïque du Mandylion de l'église du Saint-Esprit a été préservé [59]. Le Sauveur de la mosaïque observe ceux qui entrent dans l'église, leur rappelant la nécessité de se purifier, de tourner leurs pensées vers le sublime[103]. Alexandre Alekhine remarque que Roerich a réussi à inscrire chaque ligne de la mosaïque dans le système général de la composition et à l'harmoniser avec les caractéristiques architecturales de l'église ainsi que de son environnement naturel. Les couleurs de l'œuvre sont également en parfaite harmonie avec celles de la nature environnante[104].

Frolov, qui travaillait à Talachkino; a décrit la mosaïque comme suit : « … c'est l'un des plus grands visages du Christ, jusqu'à 6 archines, et par son dessin et ses couleurs l'une des œuvres religieuses les plus brillantes et les plus belles de ces derniers temps. La gamme de couleur est chaude, rouge-vert-noir. Les anges rouges portent le visage majestueux du Christ sur un motif en soie. Les anges placés en bas jouent de la trompette. A l'arrière la ville s'étend avec ses toits d'or. ». Tioutiougina complète ainsi la description : « Les anges joueurs de trompette de l'Apocalypse avec leurs ailes de rubis entourent le visage ascétique du Sauveur. Les grands yeux bleus du Christ, profondément enfoncés dans leurs orbites, transpercent celui qui entre dans l'église d'un regard affligé. L'éclat intense de la couleur de la ville sainte, des ailes des anges , du ciel accentue l'impression d'une profonde tristesse dans le visage bruni du Sauveur »[105].

Église du Saint-Esprit et église orthodoxe russe

Natalia Tioutiougina date l'année de l'idée de donner le nom du Saint-Esprit à l'église de 1906, c'est-à-dire l'année du décès du mari de Maria Tenicheva[42],[106]. Ce choix est particulier en ce sens qu'ils n'est pas dédié à la Pentecôte mais au Saint-Esprit lui-même. Les chercheurs ont des raisons d'affirmer qu'il s'agit de la première église à avoir une consécration similaire.[107].

Maestro di Marradi (Maître de Marradi), Madonne de gloire, fin XV s, musée de l'Ermitage de Saint-Petersbourg
Christ pantocrator. San Miniato al Monte, 1018

Evgeni Matotchkin (ru), docteur en histoire de l'art, a vu dans la peinture murale de Roerich la connexion des idées populaires des orthodoxes et des catholiques sur les forces naturelles. Ainsi, l'image de la Vierge est à rapprocher de l'image de la Vierge en gloire du maître italien Marradi ( Maestro di Marradi 1498-1513 ), oeuvre créée à la fin du XVe siècle, dont le trône est analogue à celui de la mosaïque de 1297 à Florence dans la basilique San Miniato al Monte [108]. L'artiste a placé l'image de la Reine du Ciel entre deux fenêtres ce qui est caractéristique des peintures de Léonard de Vinci [109]. Sur la robe de la Vierge, Matotchkin remarque l'utilisation d'élements décoratifs païens [110]. Selon lui, Roerich a associé l'image de Notre-Dame à l'idée du Saint-Esprit, auquel l'église est dédiée[111].

L'éloignement des canons orthodoxes lors de la création de la peinture a servi de raison au refus de consacrer l'église selon Mikhaïlova[59]. Alexander Alekhine, auteur d'un essai scientifique et de vulgarisation sur le travail de Roerich, considère que ce dernier ne suivait pas les canons de l'église orthodoxe, mais cherchait à entrer dans l'esprit de l'art religieux russe ancien et à exprimer son attitude propre envers la religion. Selon Alekhine, l'artiste ne considère pas les dieux et les saints comme les créateurs de l'univers, mais plutôt comme des dérivés de celui-ci qui « ont réussi à s'élever au-dessus de leurs semblables par leur sagesse suprême et leur amour de la vérité ». Roerich appelait d'ailleurs parfois la Vierge la Mère du Monde{{[Note 9].}}, [112].

Larissa Jouravliova ainsi que E.S. Kulakova[113], estiment, à partir des souvenirs laissés par Roerich, que c'est bien la Mère du Monde qu'il a voulu placer au centre de sa peinture, quand il écrit: «…la représentation de la Mère du Monde devait occuper une place centrale dans la peinture ». C'est une image qui remonte à l'iconographie orientale: elle porte une coiffe orientale et tient les mains jointes sur la poitrine dans un geste traditionnel en Inde appelé namasté[74]. Larissa Jouravliova observe que la peinture initiale du visage de la Vierge était un masque de Bouddha, c'est-à-dire un visage masculin. Et ce n'est que dans la version finale que l'artiste a rapproché les traits du visage de modèle iconographique[87]. Le fleuve qui coule au pied de la peinture est représenté dans un paysage qui n'est pas typique de la nature habituelle en Russie. Les ornements et les constructions représentées sont également d'origine orientale. Roerich a écrit une présentation littéraire de son projet de peinture murale. Selon lui, certains des voyageurs sur la rivière périssent parce qu'ils ne peuvent pas discerner le bien du mal. Ce n'est pas le Christ qui peut les aider, mais la Reine du Ciel où comme il l'appelait la Mère du Monde (parente et symbole de tout ce qui est vivant sur terre)[114]. Jouravliova a insisté sur la réaction négative du clergé orthodoxe quant à l'emplacement de la composition de la Reine du Ciel au-dessus de l'autel de l'église du Saint-Esprit[115]. Maximilien Volochine a écrit à ce sujet que « bien que tous les éléments en elle semblent être byzantins, elle est purement bouddhiste, et a un caractère tibétain. »[74].

Natalia Tioutiougina considère cette conception de Jouravliova et Kulakova comme erronée. Elle juge que cette église du saint-Esprit est à considérer comme étant exclusivement orthodoxe et a été pensée comme telle par Maria Tenicheva. Les croquis préliminaires de la peinture intérieure de l'église de Roerich ont été discutés avec des représentants de l'éparchie de Smolensk; puis approuvés par eux de manière officielle. Tiotiougina insiste sur le fait que l'église du Saint-Esprit n'a pas été consacrée uniquement à cause du début de la Première Guerre mondiale, qui a empêché l'achèvement des peintures murales, puis de la Révolution d'Octobre, après laquelle la princesse Tenicheva a du émigrer à Paris[42]. La Reine du Ciel était souvent identifiée avec la Sagesse divine, la Sophia. C'est un avis partagé par le philosophe de l'Âge d'argent, Paul Florensky Le lien étroit entre la Sophia et la Vierge apparaît clairement dans les chants de l'église »). Il souligne également que sur l'une des icônes de la cathédrale de l'Assomption de la Laure de la Trinité-Saint-Serge à Serguiev Possad existe une inscription qui parle de « l'image de la Sagesse, la Sagesse de Dieu (Sophia), qui montre la pureté de la Vierge immaculée »[116].

L'image de la Reine du Ciel a été placée dans l'abside de l'autel. Cela a ravivé la tradition des premières cathédrales de la Rus' (par exemple, la Cathédrale Sainte-Sophie de Kiev du XIe siècle siècle). Selon Tioutiougina, elle ne contredit pas les canons orthodoxes avec sa robe royale de Reine du Ciel. L'historienne d'art en veut comme preuve le texte du Psaume 44[117][118]. Sur les icônes du XVIIe siècle siècle à la «Pentecôte» la Mère de Dieu est représentée sur le trône avec les paumes tournées vers l'extérieur, comme sur la peinture de Roerich[119].

Viktor Vasnetsov. Golgotha, 1905

Tioutiougina a écris: « Les esquisses des peintures murales de l'église du Saint-Esprit ont fait l'objet de discussions avec les représentants de l'église qui ont finalement donné leur approbation »[119]. Elle mentionne le fait que Roerich a écrit à la peinture un verset appelé Reine du Ciel dans lequel il présente la Vierge Marie comme intercesseur pour le genre humain [120]. Tioutiougina écrit encore, que dans le travail sur cette église du Saint-Esprit, Roerich et Tenicheva ont ouvert une nouvelle facette de la compréhension du principe féminin de la Reine du Ciel, de l'image du Saint-Esprit et, de manière générale, de la Sainte Trinité dans l'art orthodoxe. Le Saint-Esprit dans la Sainte Trinité commence à être compris comme le Principe Féminin de Dieu »[120].

Vierge à l'enfant de Mikhaïl Vroubel au Monastère Saint-Cyrille-de-Dorogojitch

Poliakova considère que si les contemporains de Roerich Viktor Vasnetsov et Mikhaïl Vroubel s'éloignaient des canons de la peinture ancienne, Roerich quant à lui revenait au contraire aux canons des beaux-arts byzantins et a représenté, dans la composition de l'église du Saint-Esprit, la Reine du Ciel dans la stricte tradition iconographique byzantine. Selon cette historienne, l'église a approuvé les peintures murales de Roerich contrairement à celles de Mikhail Vroubel.[121].

Valentina Kotchanova partageait le point de vue de Poliakova. Roerich lui-même a rappelé qu'il y avait certianes objections de la part des autorités religieuses. Mais sa référence au point de vue canonique des autorités de l'église de Kiev a mis fin à une querelle devenue inutile[107]. La masse de personnages au-dessus de Notre-Dame est précédée de bâtiments dessinés en coupe et en volume. Sur sa robe sont représentés des arbres et des oiseaux. La couleur passe des tons jaune-rouge-carmin au blanc et à l'or. Sur l'image qui se présentait de manière plane, ont été appliquées de grandes taches et le dessin des contours, des plis et des détails. Le contemporain de Roerich, le critique d'art Serge Ernst a laissé une description de la Reine du Ciel: « Sa coloration est la suivante: au centre — du blanc, de l'or, du vert, du jaune avec des transitions en rouge et turquoise. La même gamme se poursuit au-dessus et passe au brun vers les coteaux. Étant donné la taille de l'église il était nécessaire, pour la richesse et la clarté des tons d'utiliser des couleurs fortes: Terre de Sienne, garance, bleu outremer, du pur cadmium et du pur cinabre »[122].



Destin de l'église

Au début de la Première Guerre mondiale les travaux à l'église ont dû être interrompus[107]. En même temps des lacunes techniques ont été découvertes au niveau de la construction déjà réalisée[42]. En 1919, Maria Tenicheva a quitté la Russie[107].

L'église après la restauration des années 2000. Une croix orthodoxe domine maintenant l'édifice.

Au début de l'année 1924, trois miliciens sont arrivés à Flionovo. Ils ont fracturé l'accès à la crypte et ont ainsi eu accès au cercueil dont ils ont sorti le corps du défunt Vyacheslav Tenichev (ru) (1844-1903), l'époux de Maria Tenicheva. Le cercueil a été ouvert en présence des habitants, le corps a été planté sur un bouleau, puis les miliciens lui ont mis un journal dans les mains ainsi que du papier à cigarette dans la bouche. Selon l'hypothèse d'un contemporain, ils voulaient copier ainsi des images de bourgeois provenant de la revue satirique Rosta (Croissance) (РОСТА)[123]. Selon une autre version, basée sur le récit d'un témoin oculaire des évènements, N. V. Romanov, la sépulture de Tenichevo a été vandalisée et pillée. Les miliciens recherchaient des bijoux. Ensuite le corps a été transporté au cimetière local où un trou a été creusé dans lequel le corps a été jeté, puis recouvert sommairement de terre[124].

En 1938, à Paris, a été publiée une édition posthume d'un petit livre de la princesse Tenicheva intitulé l'Église du Saint-Esprit à Talashkino[125], dans lequel il est même prétendu que l'église n'existait plus[126]. À l'époque soviétique, l'église était utilisée comme grenier et, dans les années 1950, comme entrepôt d'engrais[127]. On a aussi parfois affirmé que pendant la Seconde Guerre mondiale le clocher de l'église avait disparu[128]. Le Conseil des Ministres de la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR) a classé l'église de Talachkino, en 1948, comme monument de l'architecture russe d'importance panrusse, et bénéficiant de ce fait de la protection et de la restauration aux frais de l'État[27].

Dans les années 1970, une restauration a été entamée dans l'église mais elle n'a jamais été terminée[42]. Dans les années 1980-1990, il a été question d'une nouvelle restauration. Lors d'une réunion locale, les habitants ont même remis leur pension de retraite mensuelle pour que l'église puisse être restaurée[129]. En 2006, l'historienne spécialiste de l’œuvre de Roerich, Natalia Tioutiougina, s'est rendue à Talachkino où elle a pu voir « les vitres brisées, des tuiles recouvertes de mousse… des murs moisis, des sols recouverts de terre, de briques cassées, des trous, la crypte ouverte »[130]. En 2010, une nouvelle restauration de l'église a eu lieu, son financement a été arrêté en 2012, les extérieurs étant restaurés mais les fresques intérieures ont pratiquement entièrement disparu[19].

En avril 2016, après l'appel lancé par le gouverneur de l'oblast de Smolensk au vice-président du gouvernement (Russie), Olga Golodets est venue visiter Talachkino. Le ministère de la culture de la Fédération de Russie a ensuite alloué 40 millions de roubles pour la restauration de l'église. Un an plus tard, plus de 6 millions de roubles ont été consacrés à la rénovation de la mosaïque du Mandylion. La maçonnerie a été restaurée, de même que le sous-sol. Les restaurateurs ont conservé les quelques peintures murales subsistant et ont l'intention d'utiliser les photographies prises par Tenicheva et la famille Roerich ainsi que les originaux des croquis réalisés par l'artiste qui se trouvent à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis. Il est prévu d'ouvrir une exposition racontant l'histoire de l'église[131].

L'église en cartes postales

Images externes
L'église en carte postale /Храм на почтовых карточках
Почтовая карточка 1976 года
Почтовая карточка 1977 года

À l'époque soviétique, l'église du Saint-esprit avec sa mosaïque au-dessus de l'entrée a été imprimé sur deux cartes marquées en couleur émises par le ministère des communications de l'URSS, le 27 juillet 1976 et 17 février 1977[132],[133],[134].

Un croquis de 1911 de la peinture de la Reine du Ciel est sorti sur une carte postale colorée aux États-Unis en 1931 (l'inscription au dos se lisait: ""la Reine du Ciel", une fresque de Nicolas Roerich dans l'Église du Saint-esprit dans le domaine de la défunte princesse Tenecheva. Tous les revenus sont dirigés vers Le fonds de l'Union Des femmes de la société Roerich)[135].

Notes et références

Bibliographie

Articles connexes

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