Église protestante de Bischwiller
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| Paroisse |
Paroisse luthérienne de Bischwiller (d) |
| Patrimonialité |
Recensé à l'inventaire général |
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| Coordonnées |
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L'église protestante de Bischwiller est un lieu de culte protestant situé dans la commune française de Bischwiller, dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.
L'église avant la Réforme
Le premier lieu de culte connu à Bischwiller est une chapelle édifiée au XIIème siècle par l'évêque de Strasbourg Conrad II, placée sous le vocable de Saint-Nicolas et qui existe toujours aujourd'hui, au centre du hameau annexe de Hanhoffen[1].
Après la destruction du village par des troupes strasbourgeoises lors d'une guerre opposant la ville à son évêque Walther de Geroldseck, le 5 janvier 1263, l'évêque Frédéric de Lichtenberg s'attela à la reconstruction et au développement de la bourgade, et décida d'y construire une nouvelle église sur une butte ultérieurement appelée Kirchberg (la colline de l'église). Ce nouvel édifice fut dédiée à la Vierge Marie et consacrée le jour de la Saint-Gall (soit le 16 octobre) d'une année que l'on situe autour de 1300[2].
L'église devient protestante
Au début des années 1520, les idées de Martin Luther et des autres initiateurs de la Réforme pénétrèrent en Alsace, notamment à Strasbourg. La population bischwilléroise y adhéra d'elle-même et pria Klaus Kniebs alors stettmeister de Strasbourg de leur envoyer un prêtre acquis aux nouvelles idées. Ce fut un certain Gervasius Schuller, proche du réformateur suisse Ulrich Zwingli qui fut envoyé à Bischwiller et il prononça son premier sermon dans l'église le 2 avril 1525[3]. A partir de ce moment, l'ancienne église Notre-Dame (Liebfrauenkirche), fut affectée au culte réformé.
Les ducs de Deux-Ponts
Le duc de Deux-Ponts Jean Ier, seigneur de Bischwiller depuis 1569, fit fortifier le village et le Kirchberg où se trouve l'église devint un point fort de ce réseau de fortifications. L'église fut ceinte d'un mur crénelé et garnie de meurtrières. Elle servait donc non seulement de lieu de culte, mais aussi de place forte et de refuge aux habitants en cas d'attaque[4].
En 1607, le duc Jean II fit rehausser le clocher par un clocheton carré à la pointe en bulbe. Il fit également apposer ses armoiries au-dessus du portail d'entrée et installer des stalles pastorales dans le choeur, qui existent toujours aujourd'hui.
Les trois paroisses
Une première communauté protestante s'était donc formée à Bischwiller en 1525, cette communauté était ce que l'on appelle réformée et était de langue allemande, puis l'arrivée dans le village des huguenots (protestants français persécutés pour leur foi), fonda la communauté réformée française. Enfin, l'arrivée de nombreux luthériens haguenoviens forma la communauté luthérienne vers 1684. Le duc Christian II décida alors d'organiser les dimanches matins : le culte réformé allemand commencerait à 6h30, suivi du culte réformé français et le culte luthérien débuterait à 9h30[5].
Destructions de l'église

En 1620, lors de la guerre de Trente Ans, les Autrichiens attaquèrent la ville. Les cultes furent interrompus, le clocher et le toit furent détruits. L'église servit tantôt de magasin d'approvisionnement tantôt de place forte. En 1623, le pasteur réformé allemand Konrad Roederer entreprit la remise en état des lieux. Mais en 1631, les Autrichiens attaquèrent de nouveau la ville et s'emparèrent de tout le bois présent dans l'édifice pour compléter les fortifications et pour creuser un tunnel reliant l'église au château de Tiefenthal situé en contrebas du Kirchberg. En 1636, le duc Christian Ier de Birkenfeld-Bischweiler, chassa les Autrichiens de la vallée du Rhin et devint seigneur de Bischwiller[6].
Reconstructions de l' église
La duchesse Madelaine-Catherine, femme du duc, ordonna la reconstruction de l'église qu'elle finança de ses propres deniers. Une double charpente fut mise en place sous le toit et le clocher fut renforcé par une quadruple armature de poutres et un poste de guet permanent installé au sommet de la tour. Une nouvelle cloche d'un prix de 1295 florins fut installée[7].
La crypte
En 1644, le duc Christian Ier de Deux-Ponts-Birkenfeld fit construire une crypte sous le chœur de l'église. Plusieurs membres de la famille ducale y furent inhumés jusqu'en 1794, date à laquelle le caveau fut profané par les adeptes de la révolution. Deux épitaphes funéraires se trouvent dans l'église, en mémoire de Clara-Sybille, fille cadette du duc Christian Ier et de Daniel Obernheimer, fils du bailli de Bischwiller. On perdit la trace de la crypte au début du XXe siècle et elle ne fut redécouverte que lors des travaux de restauration en 1984[8].
Des personnages importants de la région furent inhumés dans ce caveau. Avant la révolution, on y trouvait:
- Madeleine-Catherine, sa première épouse;
-Madeleine-Jeanne sa seconde épouse;
-Catherine-Agathe, l'épouse de Christian II, et quatre de leurs enfants morts en bas âge.
L'extension de l'église
Au début du XVIIIe siècle, l'église ne suffisait plus pour accueillir tous les fidèles. Deux solutions s'offraient pour remédier au problème : soit rénover et agrandir la nef déjà existante, soit ajouter deux transepts à l'église pour lui donner la forme d'une croix, c'est cette dernière solution qui fut approuvée par le duc Christian III de Deux-Ponts-Birkenfeld. Le devis s'éleva à 6649 florins. Une collecte fut organisée et elle rapporta un montant de 5538 florins et le duc versa 200 florins pour la construction du transept Sud qui devint la loge seigneuriale depuis laquelle les notables assistaient au culte. Les travaux commencèrent le 7 avril 1721 et l'église agrandie fut inaugurée le 4 octobre 1722[9].
La fusion des paroisses
En 1857, les communautés réformées allemande et française fusionnèrent pour ne former qu'une seule paroisse réformée. Après la Seconde Guerre mondiale, qui avait fait subir de nombreux dégâts à l'église, eut lieu un rapprochement avec la communauté luthérienne et en 1980, eut lieu la fusion luthéro-réformée. Désormais, il n'y a plus qu'un seul registre paroissial, un seul bulletin paroissial, un seul culte le dimanche matin et les finances sont communes[10].
