Églises vieilles-catholiques
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Les Églises vieilles-catholiques[1] et catholiques-chrétiennes[2] sont des groupes de chrétiens qui, depuis 1870, s'affirment catholiques mais refusent plusieurs dogmes catholiques, dont celui de l'infaillibilité pontificale et de la juridiction suprême et universelle de l'évêque de Rome.
Les vieux-catholiques sont souvent rassemblés en Églises autocéphales dont certaines se sont regroupées en communion. En 1889, certaines Églises vieilles-catholiques forment une communion appelée l'Union catholique internationale d'Utrecht, aussi appelée Union d'Utrecht ou Église vieille-catholique[1], avec pour synode la Conférence internationale des évêques vieux-catholiques (en). Les membres de cette union, particulièrement en Suisse, préfèrent la dénomination Église catholique-chrétienne. Il existe aussi des groupes vieux-catholiques qui ne sont pas membres de l'Union d'Utrecht.
Définition
L'expression « vieux-catholiques » désigne les catholiques qui ont quitté l'Église catholique en rejetant les dogmes et les décisions du premier concile œcuménique du Vatican, en 1870. C'est à partir de cette date que les vieux-catholiques se nomment eux-mêmes ainsi[3].
Historique
Église d'Utrecht

En 1710, l'Église catholique des Pays-Bas n'a plus d'évêques. Les jansénistes de Port-Royal exilés par Louis XIV trouvèrent refuge aux Pays-Bas. Touché par « l'état d'abandon » de l'Église des Pays-Bas, Dominique-Marie Varlet, un évêque consacré par Bossuet, « confirme des centaines de fidèles et consacre trois évêques port-royaliens ». Le Saint-Siège désapprouva cette action, ce qui valut à Varlet d'être puni d'une suspense[3].
En 1723, l'Église d'Utrecht est créée. Son premier archevêque est Cornelius Steenoven qui fut consacré évêque par Varlet le . Bien que l'Église d'Utrecht eût accueilli un grand nombre de jansénistes, elle n'est elle-même pas janséniste. L'Église d'Utrecht a rejeté la bulle Unigenitus. Elle reconnut le pape comme chef de leur Église, mais le Saint-Siège ne reconnaissait pas cette Église[3].
Vieux-catholiques, conséquence de Vatican I
Ignaz von Döllinger et Johann Friedrich von Schulte furent les meneurs du courant de rejet de Vatican I, qui plus tard deviendra les vieux-catholiques[3].
Avec l'excommunication d'Ignaz von Döllinger le , « [l]es vieux-catholiques qui se considéraient comme les authentiques représentants du catholicisme furent ainsi conduits à la rupture avec Rome »[3].
En , un congrès vieux-catholique se tient à Munich. Le congrès, « malgré les réticences de Döllinger », décide de se constituer en dénomination indépendante et d'avoir sa propre messe[3].
Des Églises vieilles-catholiques s'implantent par la suite sur le territoire de l'ancien Saint-Empire romain germanique, en Suisse et en Autriche[3].
Union d'Utrecht
En 1889, une union de ces Églises est établie lors d'une conférence épiscopale à Utrecht sous le nom d'Union d'Utrecht. Cette union regroupa d'abord les Églises vieilles-catholiques des Pays-Bas, d'Allemagne et de Suisse. Par la suite, les Églises vieilles-catholiques d'Autriche, puis de Pologne, de Croatie et de Tchéquie. La communauté gallicane fondée par Hyacinthe Loyson en 1878 se rattacha en 1899 à l'union[3].
Une Église catholique indépendante du Saint-Siège en Tchécoslovaquie créée après la Première Guerre mondiale rejoint par la suite l'Union d'Utrecht[3].
L'Union d'Utrecht établit des liens d'intercommunion avec la Communion anglicane en 1931 par l'Accord de Bonn (Bonn Agreement)[4].

En 1980, l'Union d'Utrecht était active dans une vingtaine de pays et comptait environ 500 000 fidèles et 600 paroisses[3].
En 2016, elle aurait 115 000 membres[5].
Doctrine
La déclaration d'Utrecht déclare croire en la citation de Vincent de Lérins qui dit : « Il faut veiller avec le plus grand soin à tenir pour vrai ce qui a été cru partout, toujours et par tous ; car ceci est vraiment et proprement catholique [universel] ». La déclaration dit que de ce fait l'Union d'Utrecht « persist[e] dans la foi de l'Église primitive »[3].
L'Union d'Utrecht a pour « primat d'honneur » l'archevêque d'Utrecht. Elle admet le mariage des prêtres. Elle administre la communion sous les deux espèces et « a une conception particulière de la présence eucharistique qu'il faudrait mieux appeler transvaluation plutôt que transsubstantiation ». Elle considère que la messe est l'actualisation de l'unique sacrifice de Jésus Christ. L'Union permet la confession auriculaire mais cette dernière n'est pas obligatoire. L'Union d'Utrecht reconnaît les sept sacrements ; sa particularité est de reconnaître le baptême et l'eucharistie comme des sacrements majeurs et de considérer les cinq autres comme mineurs[3].
L'Union d'Utrecht rejette les dogmes de l'Immaculée Conception, de l'infaillibilité pontificale, de la suprématie universelle papale et de l'Assomption de la Vierge Marie[3].
La liturgie se fait dans les langues nationales ; les vêtements liturgiques utilisés sont ceux de l'Église catholique, que l'Union a conservés. Les laïcs peuvent participer à la « direction temporelle de l'Église ». La discipline de l'Union est « régie par la discipline fixée » le lors de la fondation de l'Union d'Utrecht[3].
Organisations
Union d'Utrecht
- Églises membres :
- Église vieille-catholique des Pays-Bas
- Diocèse catholique des vieux-catholiques en Allemagne
- Église vieille-catholique d'Autriche
- Église vieille-catholique de la République tchèque
- Église catholique-chrétienne de Suisse[2]
- Église polonaise-catholique
- Églises et paroisses dépendantes, sous la tutelle directe de la Conférence internationale des évêques vieux-catholiques (en) :
- Mission vieille-catholique de France
- Église vieille-catholique de Croatie
- Église vieille-catholique en Italie
- Église vieille-catholique en Suède et Danemark
- Église polonaise-catholique du Canada
- Iglesia Antigua Colombiana (es)
Autres Églises et unions
- Union de Scranton (en) (2008)
- Église mariavite (1893)
Sacrements
Mariage

Certaines Églises nationales de l'Union d'Utrecht célèbrent les bénédictions de mariage entre personnes de même sexe. En 1996, l'Église vieille-catholique des Pays-Bas déclare qu'une bénédiction d'unions de même sexe est possible, mais sans encore accorder le droit de se marier[6]. En 2002, un rapport de cette même église conseille d'engager les discussions au sujet du mariage[6]. En 2006, l'Église vieille-catholique des Pays-Bas autorise le mariage entre personnes de même sexe [7]. En 2007, l’Église catholique-chrétienne de Suisse autorise la bénédiction des couples de même sexe, puis approuve en l'introduction du sacrement du mariage entre personnes de même sexe débutant en , rejoignant ainsi les Églises d’Allemagne et des Pays-Bas[8]. L’Église vieille-catholique d'Autriche annonce la même décision en [9].