Élection présidentielle kényane de 2022

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Inscrits22 120 458
Votants14 326 641
Blancs et nuls113 614
Élection présidentielle kényane de 2022
Corps électoral et résultats
Inscrits 22 120 458
Votants 14 326 641
64,77% en augmentation 25,7
Blancs et nuls 113 614
William Ruto KK
Voix 7 176 141
50,49%
en diminution 47,8
Raila Odinga Azimio
Voix 6 942 930
48,45%
en augmentation 47,5
Président de la république du Kenya
Sortant Élu
Uhuru Kenyatta
Jubilee
William Ruto
UDA (en)

L'élection présidentielle kényane de 2022 se déroule le afin d'élire le président et le vice-président de la république du Kenya. Des élections parlementaires sont organisées simultanément.

Le président sortant Uhuru Kenyatta, du Parti du jubilé, n'est pas candidat à sa réélection, la constitution lui interdisant d'exercer plus de deux mandats. Le Jubilé apporte son soutien à Raila Odinga  opposant de longue date avant une réconciliation amorcée en 2018 avec le gouvernement , permettant à Odinga de réunir une large partie de l'échiquier politique avec son propre parti, le Mouvement démocrate orange, sous la bannière de la coalition Azimio. Il affronte notamment le vice-président sortant William Ruto, qui se présente sous l'étiquette de la coalition Kenya Kwanza menée par l'Alliance démocratique unie.

Le scrutin est suivi d'un long dépouillement donnant lieu à des résultats très serrés entre Odinga et Rutto. Les deux candidats se retrouvent ainsi successivement en tête au fur et a mesure du dépouillement. William Ruto est finalement déclaré vainqueur le 15 août par le président de la commission électorale, quelques heures après le rejet de ces résultats par la majorité des membres de l'instance, et la contestation des résultats par Raila Odinga. La Cour suprème valide cependant le mois suivant la victoire de William Ruto, qui devient ainsi le cinquième président kenyan le 13 septembre suivant.

Uhuru Kenyatta
Raila Odinga

L'élection présidentielle de 2022 intervient cinq ans après la précédente, organisée dans des circonstances exceptionnelles. L'élection d’août 2017 tenue en même temps que les élections parlementaires voit en effet le président sortant Uhuru Kenyatta et son colistier William Ruto l'emporter au premier tour avec 54,17 % des voix sur le principal candidat de l'opposition, Raila Odinga et son colistier Kalonzo Musyoka, mais le scrutin est annulé à la surprise générale par la Cour suprême saisie en recours par Odinga[1]. La Cour juge en effet que le décompte des voix s'est fait en violation de la Constitution : sur les quelque 41 000 documents attestant du décompte devant être fournis par la commission électorale, plus d'un quart sont manquants, invalides ou présentent des irrégularités. Le nombre important de ces documents valides manquants porte ainsi le doute sur plus de sept millions de voix, soit bien plus que le million et demi séparant Kenyatta d'Odinga[2]. La Cour annule par conséquent l'élection et ordonne la tenue d'un nouveau scrutin, une première dans le pays[1].

Après un report et le remplacement d'une grande partie des membres de la commission électorale[3],[4], une nouvelle élection est organisée en octobre 2017. Celle-ci est cependant boycottée par Odinga devant le refus de la Commission électorale d'organiser également de nouvelles élections parlementaires, le candidat considérant celles d’août comme entachées des mêmes irrégularités que la présidentielle organisée simultanément[5],[6]. En l'absence d'Odinga, Uhuru Kenyatta est réélu pour un second et dernier mandat avec plus de 98 % des suffrages exprimés, pour un taux de participation d'à peine 39 %. Il prête serment le [7], tandis qu'Odinga refuse de le reconnaitre[8].

Après plusieurs mois de crise politique teintée de violences, Kenyatta et Odinga finissent par signer un accord de réconciliation le [9]. Les deux hommes s'engagent alors dans un projet de réforme globale de la Constitution en mettant en place le 31 mai 2018 un comité chargé d'en proposer des amendements[10]. Le comité prend le nom de « Building Bridges Initiative » (littéralement Initiative pour construire des ponts), dont l'acronyme BBI est largement utilisé pour décrire le projet[11]. Le projet de référendum constitutionnel, qui devait notamment rétablir la fonction de Premier ministre, créer un poste de chef officiel de l'opposition et celui de défenseur des droits, est cependant mis en suspens par la Haute cour de justice puis jugé inconstitutionnel par la Cour suprême le 31 mars 2022. Les différentes cours jugent en effet que le processus d'initiative populaire utilisé a été de facto d'origine présidentielle, ce que la constitution ne permet pas. La décision est un coup dur pour le président Kenyatta et son parti quelques mois avant la présidentielle et les élections parlementaires d’août 2022, tandis que ses partisans considèrent le verdict favorable à une reprise du processus référendaire après les élections[12],[13],[14]. L'échec du projet ne met cependant pas fin à l'entente entre Odinga et Kenyatta, qui mène à son terme son deuxième et dernier mandat en accord avec la constitution, le Parti du jubilé de Kenyatta allant jusqu'à apporter son soutien à Odinga pour la présidentielle[15]. Les tensions au sein du Parti du jubilé quant à cette décision conduisent néanmoins le vice-président Ruto à le quitter pour rejoindre l'Alliance démocratique unie (UDA) en vue de sa candidature à la présidentielle[16].

Ces changements d'alliance aboutissent à une situation atypique dans laquelle le principal candidat est à la fois celui de l'opposition et du gouvernement, tandis que son opposant se trouve être le numéro deux du gouvernement[17].

Système électoral

Le président de la république du Kenya est élu selon une version modifiée du scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. Pour remporter le premier tour, un candidat doit obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés ainsi qu'au moins 25 % dans plus de la moitié des 47 comtés. À défaut, un second tour a lieu entre les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de votes au premier tour, et celui recueillant le plus de votes est déclaré élu[18].

Campagne

William Ruto

La constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels, Kenyatta ne peut se présenter en 2022 à sa réélection. Son vice-président William Ruto se présente sous l'étiquette de la coalition Kenya Kwanza (KK) menée par l'Alliance démocratique unie (UDA), tandis que Raila Odinga est à nouveau candidat sous celle du Mouvement démocrate orange (ODM) réuni avec le Parti du jubilé de Kenyatta et plusieurs autres partis d'opposition sous la bannière de la coalition Azimio La Umoja - Parti de la coalition kenyane unie, couramment abrégée en Azimio. Seuls deux autres candidats, George Wajackoyah du Parti des racines du Kenya (RPK) et David Waihiga Mwaure du parti Agano sont en lice. Walter Mongare Nyambane voit quant à lui sa candidature rejetée faute de diplôme universitaire reconnu. Avec seulement quatre candidats à la fonction suprême, l'élection de 2022 bat le record du nombre le plus bas de candidatures depuis le rétablissement du multipartisme en 1992[19].

Depuis l'indépendance du pays en 1963, la vie politique kenyane est historiquement dominée par les familles d'Uhuru Kenyatta, d'ethnie Kikuyus, et de Raila Odinga, d'ethnie Kalendjins. Une victoire de William Ruto marquerait ainsi une première dans le pays, le vice-président sortant étant d'ethnie Luo. La présidentielle prend par conséquent la tournure d'un affrontement entre « vieille garde dynastique » et « nouveau venu »[20],[21],[22],[23].

Sondages

Résultats

Suites

Notes et références

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