Élection présidentielle égyptienne de 2018
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| Élection présidentielle égyptienne de 2018 | ||||||||||||||
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| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Population | 96 601 146 | |||||||||||||
| Inscrits | 59 078 138 | |||||||||||||
| Votants | 24 254 152 | |||||||||||||
| 41,05 % | ||||||||||||||
| Votes exprimés | 22 182 167 | |||||||||||||
| Blancs et nuls | 1 762 231 | |||||||||||||
| Abdel Fattah al-Sissi – Indépendant | ||||||||||||||
| Voix | 21 835 387 | |||||||||||||
| 97,08 % | ||||||||||||||
| Moussa Mostafa Moussa – Parti el-Ghad | ||||||||||||||
| Voix | 656 534 | |||||||||||||
| 2,92 % | ||||||||||||||
| Président de la république | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Abdel Fattah al-Sissi Indépendant |
Abdel Fattah al-Sissi Indépendant | |||||||||||||
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L'élection présidentielle égyptienne de 2018 est organisée du 26 au [1] afin d'élire le président de la République arabe d'Égypte à l'expiration du premier mandat du maréchal al-Sissi.
Les candidats d'opposition renoncent à se présenter, sous pression, ou bien voient leur candidature rejetée par la commission électorale. Celle-ci n'approuve que deux candidatures : celle du président sortant, et celle d'un de ses proches. Le premier est réélu sans surprise avec 97,08 % des voix.
Calendrier
En novembre 2017, Abdel Fattah al-Sissi annonce que l'élection aura lieu entre mars et [2]. Le , la commission électorale décide que le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu du 26 au , et que ses résultats seront annoncés le [3], selon le calendrier suivant.
| Dates | Étapes |
|---|---|
| 20 au | Dépôt des candidatures |
| Début de la campagne électorale[4] | |
| 16 au | Vote anticipé des expatriés |
| 26 au | Premier tour de scrutin |
| Résultats provisoires | |
| Résultats définitifs | |
Mode de scrutin
Le président de la République arabe d'Égypte est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois.
Candidatures
La date limite de dépôt de candidatures était le 29 janvier[5]. Les deux candidats retenus sont Abdel Fattah al-Sissi et Moussa Mostafa Moussa[6].
Validées
Le président sortant, Abdel Fattah al-Sissi, dont le mandat se termine à cette date, est éligible pour un deuxième et dernier mandat[7]. Le , il annonce officiellement sa candidature[8]. Il dépose officiellement celle-ci le 24 janvier[9].
Le , Moussa Mostafa Moussa, président du Parti el-Ghad, partisan de Sissi ayant notamment participé à sa campagne électorale, annonce sa candidature[10].
Retirées ou rejetées
En novembre 2017, le colonel Ahmed Konsowa annonce sa candidature[11]. Arrêté le 2 décembre et détenu dans une prison militaire, il est condamné à six ans de prison par une cour martiale pour avoir présenté sa candidature sans avoir demandé l'autorisation à l'armée[11].
Le , l'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle de 2012, Ahmed Chafik, annonce sa candidature[12] et affirme avoir été empêché de quitter les Émirats[13]. De retour en Égypte le 2 décembre après avoir été expulsé par les Émirats arabes unis, il y renonce subitement le 5 décembre[14]. Le , il réitère de nouveau sur Twitter cette décision[15]. Selon le New York Times, il aurait retiré sa candidature à la suite de pressions relatives à la réouverture d'anciennes affaires de corruption à son encontre[11].
Le , l'ancien député Mohamed Anouar el-Sadate, neveu de l'ex-président Anouar el-Sadate, renonce à se présenter, considérant que les élections ne seront pas libres[16].
Le , la candidature de Sami Hafez Annan est annoncée par son parti et le le dirigeant de sa campagne à l'étranger et son porte-parole Mahmoud Refaat la confirme sur son compte officiel sur Twitter[17]. Il officialise celle-ci le 19 janvier[18]. Hicham Geneina[19], ancien président de l'autorité de contrôle des comptes publics limogé par le président Abdel Fattah al-Sissi en 2016 après la publication d'un rapport sur la corruption[20], et l'universitaire Hazem Hosni font partie de son équipe de campagne[21]. Le 23 janvier, il est arrêté par la justice militaire, accusé d'avoir falsifié des documents relatifs à sa retraite de l'armée[22]. Le soir même, la commission électorale décide de retirer son nom de la liste de candidats à parrainer[23].
En , déjà candidat en 2012, Khaled Ali annonce qu'il pourrait se porter candidat[24]. Il est arrêté peu après, accusé d'avoir fait un bras d'honneur devant une cour de justice du Caire[24]. Il retire sa candidature le [25]. Il justifie sa décision par l'arrestation de ses militants et par le fait que les délais pour recueillir les parrainages sont trop courts[26], par le fait que la commission électorale ne lui avait pas communiqué le nombre de parrainages donc il disposait[27] et par le fait que le scrutin n'était pas « libre et juste »[28].
Le député et président du club de football Zamalek, Mortada Mansour, a également exprimé son intérêt pour une candidature[29]. Il y renonce le [30].
Le , El-Sayyid el-Badawi, chef du parti Néo-Wafd, accomplit les démarches administratives en vue de se présenter[31], avant que son parti ne rejette sa candidature le lendemain[32], préférant soutenir celle de Sissi[33].
Boycott
Le , dans une lettre ouverte, Mohamed Anouar el-Sadate, Abdel Moneim Aboul Foutouh, candidat à la présidentielle de 2012, Hicham Geneina et Hazem Hosni, qui dirigeaient la campagne de Sami Hafez Annan avant son arrestation, ainsi que le scientifique Essam Heggi, appellent à boycotter le scrutin en évoquant un « climat de peur » et « un calendrier électoral ne donnant pas aux candidats une réelle chance de se présenter »[34].
Le 31 janvier, c'est au tour d'Hamdine Sabahi, candidat en 2012 et 2014, d'appeler au boycott du scrutin, estimant qu'il s'agit d'une « mascarade », « qu’il n'y a aucune garantie pour un scrutin libre », puis accuse Sissi d'avoir « conduit le pays dans une impasse en raison de son arrogance et de sa volonté de réprimer toute opinion contraire »[35].
Le 13 février, Hicham Geneina est arrêté et déféré devant le parquet militaire[36]. Le 14 février, Abdel Moneim Aboul Foutouh est lui aussi arrêté[37].
Analyse
Pour le journaliste Hicham Kassem, « Les gens se moquent de cette élection, ils ne la prennent pas au sérieux. Je ne vois pas pourquoi les gens feraient la queue pour voter pour un candidat unique, Sissi. Quand les électeurs ont voté pour lui en 2014, c’était en quelque sorte un contrat social, ils disaient: "oui, nous voulons avancer et nous voulons faire d'Abdel Fattah al-Sissi notre président." Et quatre ans plus tard, on ne leur laisse aucun choix, c’est une rupture du contrat qui avait été passé à l'époque. »[38]. Pour une autre analyste, « Après le coup d'État de 2013, le sens du vote a changé. On ne se rend plus aux urnes pour choisir un programme politique, on se rend aux urnes pour manifester son adhésion ou pas, c’est une sorte de vote plébiscite. Ce n’est plus un vote dans le sens d'un choix politique comme on l'a connu dans la petite période post-révolution. »[38].