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Élections générales britanniques de 2005

élection des députés siégeant à la Chambre des communes du Royaume-Uni de 2005 à 2010 From Wikipedia, the free encyclopedia

Les élections législatives britanniques de 2005 se tiennent afin de renouveler les mandats des députés à la Chambre des communes. Elles se tiennent dans les 646 circonscriptions du Royaume-Uni, sous le système du scrutin uninominal majoritaire à un tour (first past the post). Toutes les circonscriptions votent le jour du scrutin, sauf celle de South Staffordshire, dont l'élection se tient le en raison du décès de l'un des candidats.

Typed’électionÉlections législatives
Postes à élire646 membres du Parlement
CampagneDu au
Inscrits44 245 939
Faits en bref Type d’élection, Postes à élire ...
Élections générales britanniques de 2005
Type d’élection Élections législatives
Postes à élire 646 membres du Parlement
Campagne Du au
Corps électoral et résultats
Inscrits 44 245 939
Votants 27 233 548
61,55% en augmentation 1,9
Votes exprimés 27 148 510
Blancs et nuls 85 038
Parti travailliste  Tony Blair
Voix 9 552 436
35,19%
en diminution 5,5
Sièges obtenus 355 en diminution 57
Parti conservateur  Michael Howard
Voix 8 784 915
32,36%
en augmentation 0,7
Sièges obtenus 198 en augmentation 32
Libéraux-démocrates  Charles Kennedy
Voix 5 985 454
22,05%
en augmentation 3,8
Sièges obtenus 62 en augmentation 10
Résultats par circonscription électorale
Carte
Répartition des sièges
Diagramme
Premier ministre du Royaume-Uni
Sortant Nommé
Tony Blair
Parti travailliste
Tony Blair
Parti travailliste
Fermer

Le Parti travailliste, mené par le Premier ministre Tony Blair, remporte une troisième victoire consécutive. Tony Blair devient le premier responsable travailliste depuis Harold Wilson à remporter trois fois la majorité absolue des sièges. C'est également la première fois que les travaillistes réussissent à détenir la majorité trois élections générales consécutives. Cependant, le gouvernement perd un nombre important de sièges, et ces élections seront la dernière victoire travailliste jusqu'en 2024.

Le déclin de popularité de Blair est largement attribué à sa décision d'envoyer des troupes participer à la guerre d'Irak en 2003[1].Malgré cela, les travaillistes dominent le Parti conservateur dans les sondages, capitalisant sur la solidité de l'économie britannique. Les dirigeants conservateurs Iain Duncan Smith (2001-2003) puis Michael Howard (2003-2005) ne parviennent jamais réellement à profiter de l'impopularité de l'administration Blair et ne prennent jamais le dessus sur lui dans les intentions de vote[2].

Les Libéraux-démocrates adoptent une position ferme contre la Guerre d'Irak. Cette posture a trouvé un écho auprès des électeurs travaillistes désenchantés[3], ce qui leur a permis d'obtenir ce qui était à ce moment-là le plus grand nombre de voix de leur histoire[4].

Mode de scrutin

Le scrutin est uninominal majoritaire à un seul tour. Le pays est divisé en 650 circonscriptions (constituencies) et chacune de ces circonscriptions élit un député à la Chambre des communes. Au sein de chaque circonscription, c'est le candidat ayant obtenu le plus de voix qui est élu (système du « first past the post »).

Ce système favorise l'émergence d'un système où seuls deux partis dominent, et avantage encore plus le parti arrivé en tête.

Dans le cas, rare vu le type de scrutin, où aucun parti n'arrive à obtenir la majorité des sièges (« hung parliament »), c'est le parti au pouvoir qui dispose de la priorité pour former un gouvernement de coalition, s'il est en mesure de le faire. Sinon, un gouvernement minoritaire peut également voir le jour mais, encore une fois, c'est un cas essentiellement théorique.

Contexte électoral

Le Parti travailliste, mené par le Premier ministre Tony Blair, cherche à effectuer un troisième mandat au pouvoir et à garder sa large majorité. Le Parti conservateur cherche à regagner les sièges perdus sur le Parti travailliste et les Libéraux-démocrates depuis les élections de 1992, et à revenir au pouvoir. Les Libéraux-démocrates espèrent des gains sur les deux partis, mais particulièrement sur le Parti conservateur, avec une stratégie visant spécifiquement les membres du cabinet fantôme. Ils aspirent également à arriver au pouvoir, mais espèrent surtout, de façon plus réaliste, obtenir assez de sièges pour devenir le principal parti d'opposition ou jouer un rôle important dans un Parlement avec un gouvernement minoritaire travailliste ou conservateur. En Irlande du Nord, du côté unioniste, le Parti unioniste démocrate s'attend à des gains sur le Parti unioniste d'Ulster et du côté nationaliste, Sinn Féin espère dominer le Parti social-démocrate et travailliste. Les partis indépendantistes Parti national écossais, en Écosse, et Plaid Cymru, au Pays de Galles, présentent des candidats dans chacune des circonscriptions de ces deux nations.

Beaucoup d'autres partis se présentent. Parmi ceux n'ayant pas de siège à Westminster mais en ayant dans les assemblées des 4 nations ou aux Parlement européen, on peut citer le Parti de l'Alliance d'Irlande du Nord, le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni, le Parti vert de l'Angleterre et du pays de Galles, le Parti vert écossais ou encore le Parti socialiste écossais.

Des élections locales en Angleterre et en Irlande du Nord ont eu lieu le même jour. Les bureaux de vote étaient ouverts pendant 15 heures, de 7 h à 22 h heure locale. L'élection suit de trois semaines la dissolution du Parlement, le , par la reine Élisabeth II, à la demande du Premier ministre Tony Blair.

Campagne

En dépit de la bonne santé économique du pays, le gouvernement et le Premier ministre Tony Blair se trouvent affaiblis dans l'opinion, de par le soutien à l'invasion américaine de l'Irak en 2003. L'incapacité à trouver les armes de destruction massive prétendument détenues par le régime de Saddam Hussein ainsi que le scandale autour de la mort de l'expert en armement David Kelly ont très négativement affecté la popularité de Tony Blair et de sa majorité.

L'alignement sur les États-Unis fut dénoncée aussi bien par les Libéraux-démocrates que par les Conservateurs, bien que ceux-ci aient de fait soutenu l'entrée en guerre. La guerre provoqua aussi des remous au sein du Parti travailliste même : Robin Cook quitta le parti, et le discours violemment anti-guerre de George Galloway fut un des éléments importants de la campagne.

Sur le plan intérieur, les trois sujets majeurs furent l'immigration, mise en avant par les Tories, le système de santé (National Health Service), et la question des frais de scolarité dans l'enseignement supérieur.

Position de la presse

Les journaux britanniques ont majoritairement pris position en faveur des travaillistes lors de ces élections[5] :

Sondages

Intentions de votes

Dépouillement

Un bureau de vote
Un bureau de vote

À la clôture des bureaux de vote, à 22 h heure locale, les urnes sont scellées et envoyées dans les centres de dépouillement, où le décompte des voix commence. Comme lors des scrutins précédents, il y eut une compétition entre circonscriptions pour savoir quelle serait la première à annoncer ses résultats. Comme lors des trois précédents scrutins, c'est celle de Sunderland South qui réalisé cette performance, en annonçant la réélection de Chris Mullin avec 11 059 voix d'avance à 22 h 45 minutes.

Sunderland North puis Houghton and Washington East sont les suivantes à annoncer leurs résultats, deux réélections pour des travaillistes. La première circonscription écossaise à annoncer ses résultats est celle de Rutherglen and Hamilton West, pour une réélection autre travailliste. Le premier siège à changer de main est celui de Putney, des travaillistes aux conservateurs. C'est aussi le premier siège conservateur déclaré. Le premier siège déclaré pour les Libéraux-démocrates est celui de North East Fife, conservé par le no 2 du parti Menzies Campbell.

C'est dans la circonscription de Crawley que la majorité fut la plus faible, puisque le siège fut conservé par les travaillistes devant les conservateurs pour 37 voix, après trois recomptes des voix.

Sondages à la sortie des urnes

À la suite de problèmes avec les sondages à la sortie des urnes lors des élections précédentes, la BBC et ITV décidèrent d'agréger leurs données. Plus de 20 000 personnes furent interrogés dans 120 bureaux de vote à travers le pays. Les prédictions se révélèrent très juste : elles donnèrent une majorité travailliste de 66 sièges[6], et le résultat final fut effectivement une majorité travailliste de 66 sièges.

Ces prédictions donnèrent un pourcentage en voix de 35 % pour le Parti travailliste (- 8 % par rapport à 2001), de 33 % pour le Parti conservateur (+ 2 %), de 22 % pour les Libéraux-démocrates (+ 3 %) et de 8 & pour les autres partis (+ 2 %)[6]. En nombre de sièges, un gain de 44 sièges pour les Tories et de 2 pour les LibDems était attendu.

Résultats

Répartition des voix (intérieur)
Répartition des voix.

À 4 h 28, le Parti travailliste a remporté le siège de Corby, atteignant ainsi la majorité absolue de 324 sièges. Au total, le Labour remporte 356 sur 646, et 35,3 % des voix, ce qui représente 22 % de l'électorat (avec un taux de participation de 61,3). La hausse de ce taux de participation depuis 2001 est en grande partie attribué au développement du vote par correspondance, un système qui a cependant été critiqué comme favorisant les fraudes électorales.

Comme prévu, un certain désenchantement des électeurs a conduit à une progression des partis d'opposition. Le parti travailliste a cependant remporté une troisième victoire consécutive, pour la première fois de son histoire, même s'ils sont passés d'une majorité de 163 sièges à une majorité de 67 sièges. À la suite de la défaite conservatrice, Michael Howard, le chef des Tories, a annoncé son intention de se retirer du devant de la scène.

L'élection fut suivie de critiques sévères sur le système électoral, particulièrement venant des sympathisants libéraux-démocrates, leur parti ayant rassemblé 22,3 % des votes mais en obtenant seulement 10 % des sièges. À l'inverse, le Parti travailliste détient 55% des sièges, avec pourtant un score de seulement 35,2%. Ces élections ont donc été les moins représentatives du corps électoral jusqu'à la victoire de Keir Starmer en 2024. En nombre de voix, le parti travailliste n'était que légèrement en avance sur le conservateurs, mais le parti détenait toujours une confortable avance en nombre de sièges.

Le gouvernement, travailliste, déclara qu'avoir remporté les élections pour la troisième fois consécutive (une première dans l'histoire du parti) confirmait le succès du New Labour et l'impopularité des conservateurs. Cependant, la majorité atteinte est, en pourcentage de voix, la plus faible de l'histoire de la Chambre des communes, avec 35, 3 % du vote populaire.

L'opposition conservatrice déclara que leur progression montrait un désenchantement vis-à-vis du Labour et était annonceur d'une victoire conservatrice lors des prochaines élections. Les élections de 2005 sont les premières depuis 1983 où le nombre d'élus conservateur a progressé de façon importante, même si la part du vote populaire a peu progressé (troisième élection consécutive sous les 35 %).

Les libéraux-démocrates ont déclaré que leur progression en nombre de voix comme en nombre de sièges était encourageante. Ils ont notamment insisté sur le fait d'avoir terminé en deuxième position dans près de 190 circonscriptions.

Les Libéraux-démocrates ont augmenté leur pourcentage en nombre de voix de 3,7 %, les conservateurs de 0,6 %, tandis que les travaillistes ont perdu 5,4 %. La plupart des pertes travaillistes ont été gagnées par les conservateurs, qui ont également gagné deux sièges sur les Libéraux-démocrates.

Les médias britanniques ont interprété le résultat comme la résultante d'une perte de confiance dans le gouvernement, et particulièrement dans le Premier ministre Tony Blair.

C'est la première élection depuis celles de 1929 où aucun parti ne dépasse les 10 millions de voix. De plus, la part des voix rassemblées par les trois grands partis (travaillistes, conservateurs et libéraux-démocrates) est la plus faible depuis 1922.

Nationaux

Davantage d’informations Parti, Voix ...
Résultats nationaux[7],[8]
Parti Voix % +/- Sièges +/-
Parti travailliste[note 2] 9 552 436 35,19 en diminution 5,49 355 en diminution 57
Parti conservateur 8 784 915 32,36 en augmentation 0,66 198 en augmentation 32
Libéraux-démocrates 5 985 454 22,05 en augmentation 3,79 62 en augmentation 10
Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) 605 973 2,23 en augmentation 0,75 0 en stagnation
Parti national écossais (SNP) 412 267 1,52 en diminution 0,24 6 en augmentation 1
Parti vert (GPEW) 257 758 0,95 en augmentation 0,32 0 en stagnation
Parti unioniste démocrate (DUP) 241 856 0,89 en augmentation 0,2 9 en augmentation 4
Parti national britannique (BNP) 192 745 0,71 en augmentation 0,53 0 en stagnation
Plaid Cymru (PC) 174 838 0,64 en diminution 0,1 3 en diminution 1
Sinn Féin (SF) 174 530 0,64 en diminution 0,03 5 en augmentation 1
Parti unioniste d'Ulster (UUP) 127 414 0,47 en diminution 0,35 1 en diminution 5
Parti social-démocrate et travailliste (SDLP) 125 626 0,46 en diminution 0,18 3 en stagnation
Parti du respect 68 094 0,25 Nv 1 en augmentation 1
Parti socialiste écossais (SSP) 43 514 0,16 en diminution 0,12 0 en stagnation
Veritas 40 607 0,15 Nv 0 en stagnation
Alliance (APNI) 28 291 0,10 en diminution 0,01 0 en stagnation
Parti vert écossais (SGP) 25 760 0,09 Nv 0 en stagnation
Parti travailliste socialiste (SLP) 20 167 0,07 en diminution 0,15 0 en stagnation
Parti libéral 19 068 0,07 en augmentation 0,02 0 en stagnation
Independent Community & Health Concern (en) (ICHC) 19 068 0,07 en diminution 0,04 1 en stagnation
Démocrates anglais 15 149 0,06 Nv 0 en stagnation
Parti socialiste 9 398 0,03 en augmentation 0,02 0 en stagnation
Front national britannique (BNF) 8 079 0,03 en augmentation 0,02 0 en stagnation
Autres partis 78 263 0,29 0 en stagnation
Indépendants 122 416 0,45 en augmentation 0,07 1 en augmentation 1
Président de la Chambre[note 2] 15 153 0,06 1 en stagnation
Suffrages exprimés 27 148 510 99,69
Votes blancs et nuls 85 038 0,31
Total 27 233 548 100 646 en diminution 13
Abstentions 17 012 391 38,45
Inscrits/participation 44 245 939 61,55
Fermer

Par pays constitutifs

Angleterre

Davantage d’informations Parti, Votes ...
Parti Votes % Sièges +/-
Parti conservateur 8 114 979 35,7 194 en augmentation 29
Parti travailliste 8 050 366 35,5 286 en diminution 37
Libéraux-démocrates 5 201 129 22,9 47 en augmentation 7
UKIP 576 817 2,5 0 en stagnation
Parti vert 250 510 1,1 0 en stagnation
Parti national britannique 189 465 0,8 0 en stagnation
Autres 2 -
Total/Taux de participation 22 704 302 61,3 529 en stagnation
Fermer

Écosse

Davantage d’informations Parti, Votes ...
Parti Votes % Sièges +/-
Parti travailliste 907 249 38,9 40 en diminution 15
Libéraux-démocrates 528 076 22,6 11 en augmentation 1
Parti national écossais 412 267 17,7 6 en augmentation 1
Parti conservateur 369 388 15,8 1 en stagnation
Parti socialiste écossais 43 514 1,9 0 en stagnation
Parti vert écossais 25 760 1,1 0 en stagnation
Autres 1 en stagnation
Total/Taux de participation 2 333 887 60,8 59 en diminution 13
Fermer

Pays de Galles

Davantage d’informations Parti, Votes ...
Parti Votes % Sièges +/-
Parti travailliste 594 821 42,7 29 en diminution 5
Parti conservateur 297 830 21,4 3 en augmentation 3
Libéraux-démocrates 256 249 18,4 4 en augmentation 2
Plaid Cymru 174 838 12,6 3 en diminution 1
UKIP 20 297 1,5 0 en stagnation
Autres 1 en augmentation 1
Total/Taux de participation 1 392 719 62,6 40 en stagnation
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Irlande du Nord

Davantage d’informations Parti, Votes ...
Parti Votes % Sièges +/-
Parti unioniste démocrate 241 856 33,7 9 en augmentation 4
Sinn Féin 174 530 24,3 5 en augmentation 1
Parti unioniste d'Ulster 127 414 17,8 1 en diminution 5
Parti social-démocrate et travailliste 125 626 17,5 3 en stagnation
Parti de l'Alliance d'Irlande du Nord 28 291 3,9 0 en stagnation
Autres 0 en stagnation
Total/Taux de participation 717 602 62,9 18 en stagnation
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Après l'élection

Formation du gouvernement

Le Parti travailliste reste au pouvoir et Tony Blair reste donc Premier ministre. Un remaniement ministériel a cependant lieu le  : David Blunkett revient au gouvernement en tant que Work and Pensions Secretary (ministre du Travail et des Retraites), Patricia Hewitt devient la nouvelle Health Secretary (Ministre de la Santé), tandis que Alan Johnson obtient le poste de Trade and Industry Secretary (Ministre du Commerce et de l'Industrie).

La séance inaugurale du Parlement a lieu le .

Leadership des partis

Le , Michael Howard annonce qu'il renonce à son poste de chef du Parti conservateur, mais seulement après que les règles de gouvernance du parti aient été revues. L'élection interne, qui se déroule en octobre suivant voit la victoire de David Cameron.

Le , David Trimble démissionne de son poste de chef du Parti unioniste d'Ulster. Son successeur, Sir Reg Empey est élu lors du meeting du parti qui s'est tenu le .

Fin de la législature

Le Premier ministre Gordon Brown se rend au Palais de Buckingham le pour demander à la reine la dissolution du Parlement, qui intervient le . Les élections se déroulent le [9].

Notes et références

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