Élections législatives françaises de 1876

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Les élections législatives de 1876 ont lieu les et , en application de la loi organique du 30 novembre 1875 sur l'élection des députés. Les députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par arrondissement et au suffrage universel masculin. Le scrutin est largement remporté par les républicains, renversant la majorité monarchiste issu des législatives de 1871 ayant suivi la proclamation de la IIIe République.

Typed’électionÉlections législatives
Inscrits9 701 000[1]
Votants7 413 000[1]
Blancs et nuls137 000[1]
Faits en bref 533 députés à la Chambre des députés, Type d’élection ...
Élections législatives françaises de 1876
533 députés à la Chambre des députés
et
Type d’élection Élections législatives
Corps électoral et résultats
Inscrits 9 701 000[1]
Votants 7 413 000[1]
76,4%
Blancs et nuls 137 000[1]
Républicains modérés  Jules Grévy
Voix 1 647 900
22,03%
en augmentation 4,5
Députés élus 143 en augmentation 31
Bonapartistes  Louis-Napoléon Bonaparte
Voix 1 387 361
18,55%
en augmentation 15,5
Députés élus 96 en augmentation 76
Centre gauche  Jules Dufaure
Voix 1 145 783
15,32%
en augmentation 3,9
Députés élus 100 en augmentation 28
Orléanistes  Philippe d'Orléans
Voix 1 100 485
14,72%
en diminution 18,8
Députés élus 47 en diminution 167
Union républicaine  Léon Gambetta
Voix 941 431
12,59%
en augmentation 6,6
Députés élus 84 en augmentation 46
Légitimistes  Henri d'Artois
Voix 723 787
9,68%
en diminution 18,8
Députés élus 32 en diminution 150
Composition de la Chambre des députés[2],[3]
Diagramme
Gouvernement
Sortant Élu
Buffet
Monarchistes (Orléanistes-Légitimistes)
Dufaure
Centre gauche-Républicains modérés
Législature élue
Première de la IIIe Rép.
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Contexte

Après quatre ans de discussions, l'Assemblée nationale vote les lois constitutionnelles de la Troisième République [4] et à partir de novembre 1875, commence à débattre de sa date de dissolution ainsi que les dates des différentes élections, sénateurs inamovibles, sénatoriales et enfin législatives. Le 30 novembre, la loi organique du 30 novembre 1875 sur l'élection des députés est adoptée[5]. Le découpage électoral est ensuite mis en discussion du 20 au 24 décembre après un important débat sur le nombre de députés pour le département de la Seine, et surtout pour Paris. La ville est en effet largement républicaine et la majorité de droite veut diminuer son influence, elle ne donne donc que vingt députés, soit un par arrondissement, ne respectant ainsi pas la règle générale de rajouter un député si la population est de plus de 100 000 habitants. De même, Lyon n'est découpée qu'en cinq circonscriptions sans respect pour le nombre d'habitants[6].

Il est ensuite mis en discussion jusqu'au 31 décembre la loi concernant la liberté de la presse et l'état de siège dans les départements. Malgré les protestations des républicains, la loi est adoptée en laissant la possibilité au préfet d'interdire des journaux et quatre départements, les plus peuplés (la Seine, la Seine-et-Oise, le Rhône et les Bouches-du-Rhône), restent soumis à l'état de siège proclamé à la faveur de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, restreignant donc la liberté de la presse et celle de réunion[7]. Le dernier jour de l'année entraine aussi la confirmation de la date des élections législatives au 20 février 1876 en métropole tandis que les élections dans les quatre colonies auront lieu le septième dimanche après la promulgation de cette loi[8].

Campagne électorale

La campagne débute presque immédiatement mais se confond avec celles des élections sénatoriales malgré son aspect indirect. Léon Gambetta devient alors la figure des républicains, faisant de nombreux discours. Les comités républicains le placent presque officiellement comme celui qui représente le camp républicain et le présentent dans 4 circonscriptions. Il présente alors une république libérale et un anticléricalisme modéré tout en se présentant comme un conservateur, car la république existe déjà. Le discours du 18 janvier à Aix marque une tentative de rallier les orléanistes à la république qui ne donne aucun résultat mais froisse les radicaux intransigeants qui restent sur son propre discours de Belleville[9]. C'est à ce moment qu'il embrasse alors le terme d'« opportuniste »[2].

Les bonapartistes s'organisent rapidement et le « comité national conservateur » soutient 225 candidatures sur les 550 possibles. Ils se placent dans une opposition contre la monarchie mais aussi contre la République. La principale ligne politique est toujours la même depuis 1871, le retour du prince, la protection contre « l'anarchie » et le « monarchisme », pour l'ordre moral et l'« appel au peuple »[10].

Résultats nationaux détaillés

Résultats en voix

Davantage d’informations Bloc, Tendances ...
Résultats en voix selon Salmon[1]
Bloc Tendances Voix %
Républicains
4 058 000
Républicains 3 967 000 53,5
Républicains constitutionnels à soutien républicain[11] 91 000 1,2
Monarchistes
1 893 000
Centre droit et orléanistes de toutes tendances 1 010 000 13,6
Légitimistes et candidats cléricaux 883 000 11,9
Bonapartistes
1 325 000
Bonapartistes 1 325 000 17,8
Bulletins blancs ou nuls 137 000 1,8
Total 7 413 000 100
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Résultats en sièges

Davantage d’informations Bloc, Tendances ...
Résultats en sièges selon les sources[2],[12],[13],[14]
Bloc Tendances Sièges
Selon Grondeux Selon Lévêque Selon Salmon[15]
Républicains Extrême gauche 291 100 27
Extrême gauche et Union républicaine 13
Union républicaine 69
Gauche républicaine 160 146
Gauche républicaine et Centre gauche - - 3
Centre gauche 48 100 97
Républicains constitutionnels 22 - 2
Total républicains 361 360 357
Conservateurs Constitutionnels - - 11
Centre droit orléaniste et « Conservateurs » 54 50 30
Bonapartistes 75 90 88
Légitimistes 24 20 45
Cléricaux
Total conservateurs 153 160 174
Divers Non-inscrits, incertains et ambigus 19 13 2
Total 533
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Carte des élections législatives de 1876 par arrondissement représentant le clivage Républicains - Conservateurs[16],[17],[18],[19].
  • Républicains
  • Conservateurs
Carte des élections législatives de 1876 par arrondissement détaillant la division des conservateurs[16],[17],[18],[19].
  • Républicains
  • Bonapartistes
  • Monarchistes

Résultats

Davantage d’informations Parti, Votes au premier tour ...
Synthèse des résultats[a]
Parti Votes au premier tour % Votes au second tour % Sièges +/-
Extrême gauche 365 329 4,88 75 873 5,40 31 Nv
Union républicaine 941 431 12,59 157 018 11,17 84 en augmentation 46
Gauche républicaine 1 472 537 19,69 265 693 18,91 140 en augmentation 28
Centre gauche 1 145 783 15,32 175 137 12,46 100 en augmentation 28
Autres républicains 175 363 2,34 49 299 3,51 3 en augmentation 3
Total républicains 54,82 51,45 358 en augmentation 136
Constitutionnels 1 002 846 13,41 171 808 12,23 44 Nv
Centre droit orléaniste et « Conservateurs » 97 639 1,31 10 299 0,73 3 en diminution 211
Bonapartistes 1 387 361 18,55 322 950 22,98 96 en augmentation 76
Légitimistes 703 770 9,41 158 930 11,31 32 en diminution 150
Autres conservateurs 20 017 0,27 993 0,07 0 en stagnation
Total conservateurs 42,83 47,32 175
Non-inscrits, incertains et ambigus 116 806 2,34 12 066 0,86 0
Suffrages exprimés 7 420 776 99,22 1 400 066 99,63
Votes blancs et nuls 58 384 0,78 5 186 0,37
Total 7 479 160 100 1 405 252 100 533 en diminution 105
Abstentions 2 366 577 24,04 524 127 27,17
Inscrits/Participation 9 845 737 75,96 1 929 379 72,83
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Analyse

Dessin animé sur les résultats des élections françaises de 1876.

Le scrutin est marqué par la défaite de la majorité parlementaire monarchiste élue lors des élections de 1871. L'orléaniste Louis Buffet subit un échec personnel et abandonne la direction du gouvernement au républicain modéré Jules Dufaure. Commence alors une période de coexistence difficile entre le président monarchiste Patrice de Mac Mahon et la nouvelle majorité républicaine, qui débouche sur la crise du 16 mai 1877 et la dissolution de la chambre.

Résultats par départements et circonscriptions

Sur les 25 circonscriptions de Paris, la majorité conservatrice n'en remporte qu'une : celle de 8e arrondissement, gagnée par Louis Decazes, fils d'Élie Decazes, homme politique important sous la Restauration. L'Aquitaine et la Corse se révèlent bonapartistes. Le sud-est, le centre et l'est de la France sont majoritairement républicains-radicaux. Les légitimistes conservent une forte influence dans les départements de l'ouest de la France[20].

Carte des résultats électoraux de 1876 par départements et circonscriptions.

Crise du 16 mai

Le 16 mai 1877, le président de la République Patrice de Mac Mahon contraint à la démission le président du conseil, le républicain Jules Simon. Le successeur de ce dernier, l'orléaniste Albert de Broglie ne disposant pas d'une majorité à la Chambre des députés, son gouvernement essuie un vote de défiance par 363 voix contre 143. La chambre est dissoute le par le président Patrice de Mac Mahon.

Ire législature

Durée de la législature : -

Président de la République : Patrice de Mac Mahon.

Président de la Chambre des députés : Jules Grévy.

Davantage d’informations Gouvernement, Dates (Durée) ...
Liste des gouvernements successifs
Gouvernement Dates (Durée) Parti(s) Président du Conseil Composition initiale
1 Jules Dufaure Gouvernement Dufaure IV du au (269 jours) Républicains modérés, Centre gauche, Orléanistes Jules Dufaure 9 ministres
1 secrétaire d'État
2 Jules Simon Gouvernement Simon du au (155 jours) Jules Simon 9 ministres
1 secrétaire d'État
3 Albert de Broglie Gouvernement de Broglie III du au (186 jours) Orléanistes, Bonapartistes Albert de Broglie 9 ministres
1 secrétaire d'État
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Références

Voir aussi

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