Élections législatives jamaïcaines de 2025

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Inscrits2 077 800
Votants830 298
Blancs et nuls13 705
Élections législatives jamaïcaines de 2025
63 sièges à la Chambre des représentants
(majorité absolue : 32 sièges)
Corps électoral et résultats
Inscrits 2 077 800
Votants 830 298
39,96% en augmentation 2,1
Blancs et nuls 13 705
Parti travailliste de Jamaïque  Andrew Holness
Voix 412 668
50,54%
en diminution 6,5
Sièges obtenus 35 en diminution 14
Parti national du peuple  Mark Golding
Voix 401 435
49,16%
en augmentation 6,4
Sièges obtenus 28 en augmentation 14
Premier ministre
Sortant Élu
Andrew Holness
JLP
Andrew Holness
JLP

Les élections législatives jamaïcaines de 2025 ont lieu le afin de renouveler les 63 membres de la Chambre des représentants de la Jamaïque[1],[2].

Le gouvernement sortant du Parti travailliste jamaïcain (JLP) dirigé par Andrew Holness, Premier ministre depuis 2016, brigue un troisième mandat consécutif face au Parti national du peuple (PNP), dirigé par Mark Golding depuis 2020.

Les élections s'avèrent très serrées. Malgré un important recul au profit du PNP, le JLP parvient cependant à conserver la majorité absolue des sièges, permettant à Andrew Holness de se maintenir.

Élections de 2020

Andrew Holness.

Les précédentes élections organisées en interviennent alors que sévissent à la fois une épidémie de dengue et la pandémie de Covid-19, provoquant une chute remarquée du taux de participation[3].

Les élections sont néanmoins une large victoire pour le Parti travailliste (JLP) du Premier ministre sortant Andrew Holness. Le JLP réunit à lui seul la majorité absolue des voix, et plus de deux tiers des sièges, décrochant ainsi un second mandat consécutif après sa victoire en 2016.

Le dirigeant du Parti national du peuple (PNP), Peter Phillips, reconnait sa défaite, félicite Andrew Holness puis démissionne de la direction du parti[4],[5]. Il est remplacé par Mark Golding, qui l'emporte début sur Lisa Hanna lors de la primaire organisée au sein du PNP et prend ainsi la tête de l'opposition[6],[7]. Les tensions persistent néanmoins entre les deux personnalités, jusqu’à l'exclusion de Lisa Hanna du cabinet fantôme en [8]. Un mois avant les élections, elle annonce son retrait de la vie politique[9].

Montée du républicanisme

En tant que royaume du Commonwealth, la Jamaique est un État souverain qui reconnaît le monarque britannique Charles III comme son propre monarque et chef d'État.

En 2021, l'un de ses voisins des Caraïbes, la Barbade, décide sous l'impulsion de la Première ministre travailliste Mia Mottley de devenir une république et organise une élection présidentielle. L'abandon de la monarchie par la Barbade provoque des débats sur le sujet en Jamaïque. Début , le gouvernement finit par annoncer sa volonté de faire de même avant les élections de 2025, malgré la récente visite du prince William[10].

Lorsque le projet se concrétise en par un projet de loi soumis au Parlement jamaïcain, ce dernier conditionne cependant le passage au système républicain à un vote des parlementaires suivi de celui de la population lors d'un référendum. Dans ces conditions, le gouvernement annonce en que l'organisation du référendum est fixée à une date ultérieure aux élections[11]. Dans l'opposition, le PNP ne rejette pas le passage à une république, mais s'oppose à conserver le Comité judiciaire du Conseil privé basé à Londres comme ultime cour d'appel du pays, proposant de le remplacer par la Cour caribéenne de justice[11],[12].

Système électoral

La Chambre des représentants est la chambre basse du Parlement de Jamaïque. Elle est composée de 63 sièges pourvus pour cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions uninominales[13].

Peuvent participer aux élections les individus ayant plus de 18 ans et la citoyenneté jamaïcaine, ou bien celle du Commonwealth s'ils peuvent justifier d'au moins douze moins de résidence dans le pays avant leur inscription sur les listes électorales[14]

Forces en présence

Principaux partis
Partis Idéologie Dirigeant Résultats
en 2020
Parti travailliste de Jamaïque
Jamaica Labour Party
JLP Centre droit
Conservatisme, Libéralisme économique
Andrew Holness 57,07 % des voix
49 députés
Parti national du peuple
People's National Party
PNP Centre gauche
Social-démocratie, socialisme démocratique, social-libéralisme
Mark Golding 42,79 % des voix
14 députés

Campagne

Mark Golding.

Le Premier ministre et chef du Parti travailliste jamaïcain (JLP) Andrew Holness fait campagne sur les résultats de son gouvernement en matière de baisse de la criminalité par la mise en place à plusieurs reprises de l'état d'urgence. Il met également en avant sa bonne gestion de l'économie du pays, qui connait une croissance économique constante, une réduction de la dette publique et un taux de chômage bas, descendu à 3,3 % en 2025. Le Premier ministre peut ainsi se targuer d'une réduction de la dette de 140 % du produit intérieur brut en 2013 à 73 % dix ans plus tard, ainsi que d'une importante réduction de la criminalité, dont une baisse de 43 % des meurtres en 2024, largement attribuée à la politique de saisie des armes entreprise par le gouvernement. Andrew Holness promet des augmentation de salaires et des investissements dans l'éducation, la santé, le logement, les infrastructures et les transports publics, en cherchant à faire campagne sur une image de dirigeant proche des problèmes de la population[15].

Le Premier ministre fait cependant l'objet d'une polémique, la Commission parlementaire sur l'intégrité ayant estimé dans un rapport rendu public courant 2024 que ses biens et possessions sont « disproportionnés » par rapport à ses revenus et constaté des mouvements de fonds suspects de plusieurs millions de dollars entre des compagnies liées au Premier ministre, déclenchant des soupçons de corruption qu'il dément catégoriquement[16],[17]. Lors d'un débat public diffusé quelques jours avant le scrutin, il se défend de toute corruption, mettant en avant les résultats d'un audit indépendant organisé depuis un an en réponse aux conclusions de la Commission parlementaire, librement accessible au public, de même que l'intégralité de ses informations personnelles en matière de finances. Il souligne également l'absence de charges, et le jugement en sa faveur de la Cour suprême, qui l'autorise début à déposer un recours pour contester le contenu d'un rapport d'une commission parlementaire[18],[19].

Après neuf ans dans l'opposition, le Parti national du peuple (PNP) axe son programme sur les questions sociales, Mark Golding se faisant le « champion des vulnérables ». Il propose ainsi des aides au logement en direction des classes populaires, et notamment des jeunes, la construction de 50 000 logements sociaux ainsi que des programmes d'accès à l'éducation via des bourses d'études élargies. À l'inverse des élections de 2020 qui avaient abouti à son écrasante défaite, le PNP se positionne favorablement lors du scrutin de 2025 selon les sondages d'opinion[15]. Mark Golding est un temps fragilisé par une controverse sur sa double nationalité, qui le contraint pour y mettre fin à renoncer en à sa nationalité britannique héritée de son père. Le chef de l'opposition faisait face à des attaques répétées de membres du gouvernement mettant en doute sa nationalité jamaïcaine, aidés par une gaffe de sa part l'ayant vu oublier les paroles de l'hymne national jamaïcain[16],[20].

Résultats

Analyse et conséquences

Notes et références

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