Wikiwand AI

Élections législatives marocaines de 2026

échéance politique majeure pour le Royaume du Maroc From Wikipedia, the free encyclopedia

Les élections législatives marocaines de 2026 ont lieu le [1] afin de renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants du Maroc.

Faits en bref 395 sièges à la Chambre des représentants (Majorité absolue : 198 sièges), Résultats par région ...
Élections législatives marocaines de 2026
395 sièges à la Chambre des représentants
(Majorité absolue : 198 sièges)
Parti authenticité et modernité – Fatima Ezzahra El Mansouri
Sièges obtenus 97 en augmentation 10
Rassemblement national des indépendants – Mohammed Chaouki
Sièges obtenus 66 en diminution 36
Parti de l'Istiqlal – Nizar Baraka
Sièges obtenus 65 en diminution 16
Parti de la justice et du développement – Abdelilah Benkirane
Sièges obtenus 54 en augmentation 41
Mouvement Populaire – Mohammed Ouzzine
Sièges obtenus 29 en augmentation 1
Union socialiste des forces populaires – Driss Lachgar
Sièges obtenus 26 en diminution 8
Résultats par région
Carte
Diagramme
Chef du gouvernement
Sortant
Aziz Akhannouch
RNI
Fermer

Contexte

Dernier scrutin

Aziz Akhannouch.

Les élections législatives marocaines de 2021 sont une sérieuse défaite pour le Parti de la justice et du développement (PJD), qui perd plus de 90 % de ses sièges, au profit de ses rivaux du Rassemblement national des indépendants (RNI) et du Parti de l’Istiqlal (PI). Si un recul du PJD était largement attendu, l'ampleur de sa défaite est une surprise en l'absence de sondages d'opinion[2].

Outre l'usure du pouvoir, le « parti de la lampe » fait les frais d'une réforme électorale défavorable, d'une politique néolibérale incluant la suppression des subventions des produits de première nécessité, et d'une politique de rapprochement avec Israël, à laquelle son électorat est particulièrement hostile, bien que celle-ci ait été imposée par le palais[3],[4]. Dès l'annonce des résultats préliminaires au lendemain du scrutin, la direction du parti présente sa démission, dont son secrétaire général Saâdeddine El Othmani. L'échec de son parti est directement ressenti par le chef du gouvernement sortant, qui échoue à se faire réélire dans sa circonscription de Rabat[5],[6].

Arrivé en tête, le RNI sort quant à lui grand vainqueur des élections. Son chef Aziz Akhannouch se positionne ainsi pour diriger le nouveau gouvernement, le chef de ce dernier étant choisi parmi les rangs du parti arrivé en tête. Au lendemain du scrutin, il se déclare favorable à la constitution d'une coalition resserrée à quelques-uns des partis arrivés en tête, à l'opposé de la large coalition hétéroclite du gouvernement sortant[7],[8],[2].

Les résultats favorables aux partis soutenus par le palais renforcent son contrôle de l'appareil politique, et permettent de fait au souverain de continuer à contrôler les domaines régaliens et à décider des grandes orientations politiques du royaume[5],[9].

Le premier gouvernement Akhannouch est nommé par le roi le au cours d'une cérémonie de prestation de serment[10]. L'ouverture de la nouvelle session parlementaire a lieu le lendemain. Un second gouvernement Akhannouch est nommé en 2024.

Répression des manifestations de la génération Z en 2025

Les forces de sécurité ont dispersé les manifestations de la génération Z au Maroc dans différentes villes et procédé à des dizaines d'arrestations[11]. L'Association marocaine des droits humains (AMDH) dénonce des arrestations arbitraires, le recours à la force et des restrictions aux rassemblements publics[12]. Tard dans la soirée du mardi , des rapports indiquent la mort d’un manifestant après qu’un véhicule de la police marocaine l’a percuté, dans la ville de Oujda.

Entre le et le 1ᵉʳ , deux hommes sont gravement blessés et trois autres tués par la police au cours de manifestations à Oujda et à Lqliaa. Dans la nuit du 1ᵉʳ au , à Lqliaa, une manifestation se termine par des affrontements devant une brigade de gendarmerie. Trois hommes — Abdessamade Oubalat, Abdelhakim Al-Darfidi et Mohammed Al-Rahali — sont tués par balle. La veille, à Oujda, au moins deux autres manifestants — Amine Boussada et Taybi Abdelghafour — sont gravement blessés après avoir été percutés par des fourgons des forces de sécurité. L’un a perdu une jambe, l’autre souffre de séquelles pulmonaires. Les autorités marocaines affirment que la police a agi en situation de légitime défense, ce que conteste le journal Le Monde après avoir examiné des vidéos et photos issues notamment des réseaux sociaux ou des caméras de surveillance[13].

Plus de 1 500 personnes, dont un millier placées en détention, font l'objet de poursuites judiciaires pour leur participation aux manifestations[14]. Au , dix-sept personnes sont condamnées à des peines allant de trois à quinze ans de prison pour des violences survenues dans le sud du Maroc en marge de la contestation sociale de la jeunesse. La cour d’appel d’Agadir prononce le mardi ces peines pour «incendie volontaire de véhicules appartenant à autrui», «dégradation de biens publics et privés » et « entrave à la voie publique par des barricades », entre autres. Trois prévenus ont été condamnés à quinze ans de prison ferme, un à douze ans, neuf à dix ans de réclusion, les autres à des peines entre trois et cinq ans pour des faits s’étant déroulés à Aït Amira, près d’Agadir[15].

Zineb El Kharroubi, une militante du mouvement en France, est condamnée le 29 juin 2026 à 6 mois de prison avec sursis pour avoir appelé à une manifestation en France devant l'ambassade du Maroc, au motif d'« incitation à commettre des crimes ou délits par voie électronique »[16]. Mohammed Khalif, 29 ans, est arrêté le à Casablanca à la suite de messages postés à l’automne 2025 sur la plateforme Discord[17].

Impopularité du gouvernement

Jugé responsable du marasme économique et de l’émigration massive, le premier ministre sortant Aziz Akhannouch termine son mandat très isolé. Plusieurs partis qui composent sa majorité, et même certains ministres, le critiquent ouvertement lors des élections législatives de 2026[18]. Réputé être le porte-voix du palais marocain, le site d’information Le360 fustige « l’échec retentissant » de celui « qui n’a pas tenu ses engagements pendant cinq ans »[18].

Dans son rapport annuel, le Conseil économique, social et environnemental du Maroc évalue la hausse des prix à 15 % par rapport à leur niveau de 2021, et près de 27 % pour les denrées alimentaires[19].

Mode de scrutin

Facade du parlement à Rabat.

La Chambre des représentants est composée de 395 députés élus pour cinq ans au scrutin proportionnel plurinominal. Sur ce total, 305 sièges sont ainsi à pourvoir dans 92 circonscriptions de 2 à 6 sièges en fonction de leur population, auxquels s'ajoutent 90 sièges à pourvoir dans 12 circonscriptions de 3 à 12 sièges correspondants aux régions. Les listes de candidats pour ces 90 sièges régionaux doivent être composées d'au moins un tiers de femmes, dont les première et deuxième places de liste. Pour l'ensemble des circonscriptions, les listes de candidats sont fermées, sans panachage ni vote préférentiel. Après décompte des voix, la répartition se fait sur la base du seul quotient électoral, calculé à partir du total des inscrits sur les listes électorales, et non de celui des suffrages exprimés, comme c'était le cas avant 2021[20],[21],[22].

Si les grandes villes telles que Casablanca, Fès, Rabat et Marrakech sont divisées en plusieurs circonscriptions, les autres villes voient leurs frontières administratives coïncider avec celles électorales.

Les 90 sièges ne sont plus pourvus dans une unique circonscription nationale dont 60 d'entre eux réservés aux femmes et 30 autres réservés au moins de quarante ans[23]. La répartition des sièges avait auparavant lieu selon la règle de la plus forte moyenne à toutes les listes ayant franchi le seuil électoral. Ce dernier était de 6 % dans les circonscriptions ordinaires et de 3 % pour la liste nationale[20],[23]. Ce changement, qui avantage les petits partis au détriment des grosses formations, est attribué à une volonté du pouvoir d'amener à une plus grande fragmentation du parlement afin de fragiliser ce dernier au profit du palais[24].

Principales forces politiques

Davantage d’informations Partis, Idéologie ...
Partis Idéologie Chef de file Résultats
en 2021
Rassemblement national des indépendants
التجمع الوطني للاحرار (RNI)
Centre droit
Libéralisme
Mohammed Chaouki 27,66 % des voix
102 sièges
Parti authenticité et modernité
حزب الأصالة والمعاصرة (PAM)
Centre gauche
Royalisme, Réformisme
Fatima Ezzahra El Mansouri 18,45 % des voix
87 sièges
Parti de l'Istiqlal
حزب الإستقلال (PI)
Droite
Nationalisme, conservatisme, royalisme
Nizar Baraka 16,85 % des voix
81 sièges
Union socialiste des forces populaires
الاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية (USFP)
Gauche
Social-démocratie, social-libéralisme
Driss Lachgar 7,88 % des voix
34 sièges
Union constitutionnelle (UC) Centre droit

Libéralisme, Royalisme

Mohamed Joudar 5,52 % des voix
18 sièges
Parti du progrès et du socialisme (PPS) Gauche
Progressisme, socialisme démocratique
Mohamed Nabil Benabdallah 5,11 % des voix
22 sièges
Mouvement populaire
الحركة الشعبية (MP)
Droite
Berbérisme, Agrarisme
Mohammed Ouzzine 7,04 % des voix
28 sièges
Parti de la justice et du développement
حزب العدالة والتنمية (PJD)
Droite
Islamisme, Conservatisme
Abdelilah Benkirane 4,25 % des voix
13 sièges
Fermer

Campagne

Engouement

panneaux d'affichage électoraux de septembre 2026
Un cyclo à Casablanca passe devant les panneaux d'affichage électoraux du 23 septembre 2026

Le nombre d'inscrits sur les listes électorales arrêtées au est de 15 801 162[25] soit une diminution de 1 707 965 inscrits par rapport au scrutin de 2021 sur une population en âge de voter estimée à 27 millions de personnes[26]. Ce taux d'inscription est particulièrement faible chez les 18-24 ans, s'établissant à 4%, avec seulement 474 000 inscrits pour 3,89 millions d'individus[27]. Les plus de 60 ans représentent, quant à eux, 29 % du corps électoral[28].

La campagne est reçue avec indifférence par une grande partie de la population. Divers partis politiques sont amenés à rémunérer des personnes pour animer artificiellement les défilés, remplir les salles des meetings ou assurer des tournées de tractage[19]. Ce rejet de la politique s'expliquerait notamment par l'impopularité du gouvernement sortant et par le discrédit d’une chambre des représentants sans réel pouvoir de contester les injonctions du palais[29].

Parti authenticité et modernité

Fouzi Lekjaa, ministre du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football rejoint, en juillet 2026, le Parti authenticité et modernité. Ce ralliement, alors que le parti sort affaibli par les scandales de corruption et de narcotrafic — dont l'affaire « Escobar du Sahara » — et une crise pour la direction du parti, est décrit comme un « parachutage téléguidé par le palais royal ». Fouzi Lekjaa jouit d'une immense popularité du fait du parcours de l'équipe du Maroc de football aux Coupes du monde 2022 et 2026, ainsi qu'à la CAN 2025 ; il est perçu comme favori pour devenir chef du gouvernement, en prévision de la co-organisation de la Coupes du monde 2030[30].

Résultats

Davantage d’informations Parti, Listes locales ...
Résultats des législatives marocaines de 2026[31],[32]
Parti Listes locales Listes régionales Total +/-
Voix % Sièges Voix % Sièges
Parti authenticité et modernité (PAM) 97 en augmentation 10
Rassemblement national des indépendants (RNI) 66 en diminution 36
Parti de l'Istiqlal (PI) 65 en diminution 16
Parti de la justice et du développement (PJD) 54 en augmentation 41
Mouvement populaire (MP) 29 en augmentation 1
Union socialiste des forces populaires (USFP) 26 en diminution 8
Parti du progrès et du socialisme (PPS) 19 en diminution 3
Union constitutionnelle (UC) 17 en diminution 1
Alliance de la gauche (AG)[a] 8 en augmentation 6
Mouvement démocratique et social (MDS) 8 en augmentation 3
Front des forces démocratiques (FFD) 2 en diminution 1
Parti du renouveau et de l'équité 2 en augmentation 2
Nouveaux démocrates 1 en augmentation 1
Parti de l'unité et de la démocratie 1 en augmentation 1
Autres partis 0 -
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total 100 305 100 90 395 en stagnation
Abstentions 15 801 162
Inscrits / participation 15 801 162
Fermer

Suites

Le taux de participation, en baisse par rapport à 2021, est de 38,02 %[33]. Ce chiffre est d'à peine 22 % si on prend en compte la population en âge de voter, du fait de la prise en compte des personnes non inscrites sur les listes électorales et de la proportion de votes nuls[34].

Le Parti authenticité et modernité, qui appartenait au camp gouvernemental, arrive en tête avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants. Le Rassemblement national des indépendants recueille 16 % des voix et perd près de la moitié de ses députés. Le politologue Mustapha Sehimi y voit « une forme de dégagisme contre la personne du chef du gouvernement, mis en cause dans plusieurs affaires de conflits d’intérêts, et contre son parti, qui n’a pas été capable de répondre aux préoccupations sociales des Marocains[34]. »

Les islamistes du Parti de la justice et du développement, au pouvoir de 2011 à 2021, progressent avec 14 % des voix et 54 sièges (contre 13 auparavant). La gauche radicale, rassemblée sous la bannière de l’Alliance de la gauche obtient 8 sièges[34].

Conformément à la Constitution, roi doit nommer un chef du gouvernement issu du parti arrivé en tête, donc du PAM. Outre Fouzi Lekjaa, la maire de Marrakech Fatima Ezzahra El Mansouri est également pressentie[35].

Notes et références

Annexes

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks