Élections législatives tuvaluanes de 2024
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| Élections législatives tuvaluanes de 2024 | ||||||||||||||
| Kausea Natano (battu dans sa circonscription) – Majorité sortante | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 11 | |||||||||||||
| Enele Sopoaga – Opposition sortante | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 5 | |||||||||||||
| Premier ministre | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Kausea Natano Indépendant |
Feleti Teo indépendant | |||||||||||||
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Des élections législatives ont lieu aux Tuvalu le [1] afin de renouveler l'ensemble des députés du parlement national, le Fale i Fono, à l'issue de leur mandat de quatre ans.
Feleti Teo, soutenu par la majorité sortante, devient le nouveau Premier ministre à l'issue du scrutin.

Les Tuvalu sont une monarchie parlementaire fondée sur le modèle de Westminster. En tant que royaume du Commonwealth, le pays a pour chef d'État le roi Charles III, qui porte le titre de roi des Tuvalu. Ce dernier, doté d'un rôle purement cérémoniel, est représenté par un gouverneur général choisi par le gouvernement tuvaluan et dont les fonctions sont également d'ordre symbolique, bien que conservant certains pouvoirs de réserve. Le pouvoir exécutif est exercé par le Premier ministre et son Cabinet. Ceux-ci sont responsables face au Parlement, et ne demeurent en fonction que s'ils bénéficient de la confiance d'une majorité des députés. Il n'existe pas de partis politiques aux Tuvalu ; tous les candidats se présentent en indépendant, mais s'associent généralement à des factions formant une majorité et une opposition parlementaire[2].
Les élections législatives de septembre 2019 conduisent à une alternance[3],[4]. A la tête du gouvernement depuis 2013, le Premier ministre Enele Sopoaga voit ses soutiens perdre la majorité absolue au profit de ceux du chef de l'Opposition parlementaire sortante, Kausea Natano[5]. Celui ci devient Premier ministre par dix voix contre six pour Sopoaga, tandis que Samuelu Teo est élu à la présidence de l'assemblée[6].
Le parlement et le gouvernement issus des élections de 2024 devront choisir de ratifier ou non le traité signé en novembre 2023 avec l'Australie par le gouvernement Natano[7]. Par ce traité de l'Union falepili, l'Australie permet à tout citoyen tuvaluan d'émigrer en Australie et d'y bénéficier pleinement de droits sociaux, avec un quota de 280 migrants par an. L'Australie s'engage à aider les Tuvalu à s'adapter au réchauffement climatique, notamment en construisant de nouvelles terres suffisamment au-dessus du niveau de la mer à Funafuti. Enfin, l'Australie se rend garante de la sécurité intérieur et de la défense des Tuvalu, les Tuvalu s'engageant en retour à ne signer aucun accord de sécurité et de défense avec un pays tiers sans l'accord de l'Australie[7],[8]. Le chef de l'opposition parlementaire, Enele Sopoaga, décrit cet accord comme une expression du « défaitisme » de Kausea Natano face au réchauffement climatique, et dénonce ce qu'il qualifie de « pacte militaire déguisé en réponse au changement climatique » et attentatoire à la souveraineté des Tuvalu. De ce fait, le traité devient un enjeu de campagne pour les élections législatives de janvier 2024[9],[10].
Deux jours avant le scrutin, le ministre des Finances Seve Paeniu indique qu'après les élections le gouvernement étudiera probablement la question de maintenir ou non les relations diplomatiques des Tuvalu avec Taïwan, ou bien de suivre l'exemple récent de Nauru qui a rompu ses relations avec Taïwan au profit de la république populaire de Chine. Seve Paeniu explique : « Cela dépend quel pays partenaire est capable de répondre à nos besoins et de soutenir nos priorités et nos aspirations en matière de développement »[11].
Système électoral
Le Fale i Fono est un parlement unicaméral composé de 16 sièges pourvus pour quatre ans au scrutin plurinominal majoritaire à un tour dans huit circonscriptions de deux sièges chacune. Les électeurs disposent dans chaque circonscriptions de deux voix qu'ils répartissent aux candidats de leur choix, à raison d'une voix par candidat. Après décompte des suffrages, les deux candidats ayant recueilli le plus de voix dans leur circonscriptions sont déclarés élus[2].
Les huit circonscriptions électorales correspondent aux huit atolls ou îles habités du pays, avec un nombre de sièges proportionnel à leur population. Jusqu'en 2019, celle de Nukulaelae ne détenait ainsi qu'un seul sièges, de facto élu au scrutin uninominal majoritaire à un tour[2].