Électricité au Soudan du Sud

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L'électricité au Soudan du Sud représente l'un des défis infrastructurels majeurs de ce jeune pays d'Afrique de l'Est, indépendant depuis 2011. Avec seulement 8,4 % de sa population ayant accès à l'électricité en 2022, le Soudan du Sud figure parmi les pays les moins électrifiés au monde. Le secteur électrique du pays a été lourdement affecté par des décennies de conflit et doit être reconstruit pratiquement depuis zéro[1].

Accès à l'électricité

Aujourd'hui, seulement environ 1 % des 12,5 millions d'habitants du Soudan du Sud peuvent accéder au réseau électrique, selon l'entreprise publique d'électricité du pays[1]. Cette situation place le Soudan du Sud au rang des pays les moins électrifiés au monde. L'accès à l'électricité était de 8,40 % en 2022, soit une augmentation de 0,7 % par rapport à 2021[2], montrant une progression lente mais constante.

De nombreuses personnes utilisent des panneaux solaires sur les toits ou des générateurs diesel bruyants et polluants pour maintenir l'éclairage ; beaucoup d'autres restent dans l'obscurité[1]. Ceux qui peuvent accéder au réseau doivent payer certains des tarifs d'électricité les plus élevés au monde pour un service sporadique et peu fiable[1].

Capacité de production

Il est estimé que le Soudan du Sud dispose d'une base de capacité installée d'environ 20 MW, principalement dérivée de stations alimentées par des combustibles fossiles[3]. D'autres sources indiquent une capacité totale d'environ 130 mégawatts, dont une grande partie est utilisée pour alimenter les champs pétrolifères du pays[1]. La plus grande source d'énergie est la centrale au fioul Wärtsilä de 12 MW située à Juba[3].

La demande électrique du pays est estimée à environ 300 mégawatts, un montant susceptible de croître en temps de paix[1]. Cette différence importante entre l'offre et la demande illustre l'ampleur du défi énergétique du pays.

Histoire et contexte

Héritage du conflit

Le Soudan du Sud a plongé dans un conflit brutal en 2013, qui a déplacé des millions de personnes et fait près de 400 000 morts[1]. Pendant cette période, le maintien du système électrique est devenu extrêmement difficile, avec la disparition des financements pour les conducteurs, isolateurs, fusibles et l'huile moteur. Les fournisseurs de carburant ont thésaurisé le pétrole, forçant les centrales électriques publiques à fermer indéfiniment, y compris la station électrique diesel de 17 mégawatts de Juba[1].

Pendant ce temps, les fourmis grignotaient les vieux poteaux électriques en bois dans les zones urbaines[1]. Les plans d'expansion de la capacité de production du pays ont été rapidement abandonnés, notamment un projet de barrage hydroélectrique de 43 mégawatts négocié avec le gouvernement norvégien[1].

Reconstruction post-conflit

Les travaux de restauration du secteur électrique du Soudan du Sud ont commencé sérieusement fin 2018, après que le président Salva Kiir ait conclu un accord de paix avec le leader rebelle Riek Machar[1].

En novembre 2020, South Sudan Electricity Corporation a commencé à exploiter la première section du réseau de distribution réhabilité de Juba. Power Construction Corporation of China a installé de nouvelles lignes de 33 kilovolts, remplaçant les lignes de 11 kilovolts de la ville, un réseau qui alimentera finalement 20 000 clients supplémentaires dans la capitale[1]. La Banque africaine de développement a approuvé un prêt de 14,6 millions de dollars américains pour ce projet de réseau[1].

Infrastructure actuelle

Réseau de transmission et distribution

L'infrastructure électrique du Soudan du Sud est largement concentrée autour de Juba, la capitale et plus grande ville avec quelque 403 000 résidents[1]. Le pays ne dispose que d'une poignée de centrales au fioul et de poteaux et fils en ruine[1].

L'entreprise publique South Sudan Electricity Corporation travaille à établir ou étendre les interconnexions avec le Soudan, l'Ouganda et l'Éthiopie pour atteindre l'intérieur du Soudan du Sud[1].

Projets d'interconnexion régionale

En juin 2023, les gouvernements de l'Ouganda et du Soudan du Sud ont signé un accord permettant au Soudan du Sud d'importer de l'électricité de l'Ouganda, et des études de faisabilité pour construire une ligne de transmission d'interconnexion entre les deux pays sont actuellement en cours[4].

La nouvelle interconnexion permettra l'échange de 624 GWh d'énergie en moyenne entre les deux pays chaque année, réduisant les émissions de gaz à effet de serre et améliorant l'accès à l'électricité pour 286 710 personnes au Soudan du Sud[5].

Défis et obstacles

Contraintes économiques

Plus de la moitié de la population du Soudan du Sud vit dans la pauvreté, et le tarif moyen du pays de 42 cents par kilowatt-heure est déjà prohibitif pour de nombreux ménages[1].

Défis techniques et géographiques

Malgré une abondance de pétrole, le Soudan du Sud a eu du mal à construire son réseau. Les conflits en cours, la distance géographique et d'autres facteurs constituent des obstacles majeurs au développement du secteur électrique[6].

Projets et développements futurs

Énergies renouvelables

Le gouvernement du Soudan du Sud s'efforce de développer un système fonctionnant principalement avec des énergies renouvelables[1]. L'entreprise publique d'électricité a récemment terminé les évaluations techniques pour une ferme solaire de 20 mégawatts et un système de stockage par batterie de 35 mégawattheures prévus à l'extérieur de Juba. La Banque africaine d'import-export finance ce projet de 45 millions de dollars[1].

Il y a environ 82 sites potentiels de petite hydroélectricité le long des rivières Nil Blanc et Kaya, dans les parties sud du Soudan du Sud, qui peuvent produire une puissance totale de 165,69 MW[7].

Projets hydroélectriques

L'entreprise publique recherche des investisseurs pour construire un projet hydroélectrique de 120 mégawatts près de Juba, qui pourrait coûter 490 millions de dollars à construire sur cinq ans. Le gouvernement du Soudan du Sud prévoit également d'investir dans le projet Grand Fula de 1 080 mégawatts proposé près de la frontière ougandaise[1].

Solutions alternatives

Notes et références

Voir aussi

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