Élisabeth d'Autriche (1317-1336)
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Élisabeth d'Autriche, née le à Schaffhouse et morte le à Vienne, est une princesse de la maison de Habsbourg.
Élisabeth d'Autriche est née le à Schaffhouse. Elle est la fille de Frédéric le Bel duc d'Autriche et antiroi des Romains et de son épouse Isabelle d'Aragon[1].
Le , son père la promet en mariage à Étienne II de Bavière (1319-1375)[2]. Frédéric Le Bel est alors prisonnier à Trausnitz du père d'Étienne, le roi des Romains Louis de Bavière et ce projet de mariage fait partie des conditions que Frédéric Le Bel doit accepter pour être libéré, le point principal étant sa renonciation à toute prétention à l'empire du vivant de Louis[3]. Les deux enfants étant encore très jeunes, leurs pères espèrent pouvoir demander l'indispensable dispense pontificale (les enfants étant parents au troisième degré de consanguinité et au quatrième touchant le troisième) à un futur pape qui leur sera plus favorable que le souverain pontife alors régnant, Jean XXII, ennemi de Louis de Bavière[4].
Frédéric Le Bel est libéré le [3], mais comme ses frères n'acceptent pas ces conditions, il revient se constituer prisonnier, emmenant Élisabeth, alors âgée de huit ans. Dans les négociations qui suivent, Louis et Frédéric s'entendent pour assurer l'empire au premier et le titre de roi des Romains au second, en maintenant le projet de mariage[5]. Ils font même une demande officielle de dispense à Jean XXII le [6]. Ce projet de mariage est ensuite abandonné, la mort de l'oncle d'Élisabeth et premier soutien de son frère Frédéric, Léopold Ier d'Autriche, en 1326 conduisant Frédéric Le Bel à y renoncer[7] ou Louis de Bavière passant à une autre idée d'alliance matrimoniale pour son fils[6]. Il n'en est plus question après le [2].
Un deuxième projet est élaboré avant . Élisabeth est alors promise à Stefan Uroš IV Dušan de Serbie (vers 1308-1355)[2]. Ce dernier est orthodoxe et une chronique affirme qu'Élisabeth refuse cette union pour cette raison :
« Il fut alors dit qu'elle devait être mariée au roi de Serbie et elle abhorrait tant la foi hérétique d'un schismatique qu'elle implorait Dieu par des lamentations quotidiennes et affligeait son corps de jeûnes et se recommandait à Dieu pour que son corps demeurât toujours vierge car elle désirait la mort plutôt qu'un tel mariage.[8] »
En l'absence d'autre source qui corrobore cette affirmation, il se peut que cette répugnance d'Élisabeth ne soit qu'un topos littéraire, celui de la princesse très vertueuse[8]. Ce n'est probablement pas cette opposition qui explique l'échec de ce projet de mariage, mais plutôt des raisons politiques qui poussent Stefan Uroš IV Dušan à préférer épouser Hélène de Bulgarie, sœur de son puissant voisin Ivan Aleksandre, tsar de Bulgarie[9].
Un troisième projet de mariage avec le roi de Bohême Jean Ier (1296-1346) est négocié à partir du [10] par les deux oncles d'Élisabeth, Albert II et Othon, son père Frédéric étant mort en 1330. Un traité est signé à Vienne le [11]. Toutefois, la dispense pontificale pour affinité au troisième degré touchant le second est refusée par le pape Jean XXII le à Avignon[10]. Le pape n'en donne pas la raison, mais elle est connue par ailleurs : Jean de Bohême, qui a changé d'avis, prétexte être devenu impuissant, empêchement au mariage prévu par le droit canon[12]. Le pape demande aussi son avis à son protecteur le roi de France Philippe VI de Valois, qui, probablement, tient compte de la volonté de son proche allié Jean de Bohême dans sa réponse[13].
Élisabeth d'Autriche meurt le à Vienne. Elle est enterrée dans l'abbatiale de Mauerbach[1].