En 1940, prisonnier, il est interné dans un stalag de Poméranie. Après trois tentatives d'évasion, il parvient à gagner la France en 45 jours avec 75 biscuits de guerre comme seule nourriture. À bout de forces, il est trouvé à Pontarlier, appuyé contre un mur, par un autre prisonnier évadé, Marcel Leccia.
En 1942, il travaille à la Maison du Prisonnier de Limoges. Marcel Leccia et lui décident de rejoindre Londres. Ils franchissent clandestinement les Pyrénées, et sont faits prisonniers par la police franquiste. Ils s'évadent de leur prison de Madrid, et, avec une boîte de sardines comme seule pitance, gagnent le Portugal. Là, ils sont appréhendés par la police portugaise, et de nouveau enfermés. Ils réussissent à alerter le consulat britannique, et par ce biais, à gagner l'Angleterre. Après un séjour de vingt jours dans une maison d'arrêt pour vérification de leur situation, ils sont recrutés par le Special Operations Executive. Ils suivent un entraînement intensif, au cours duquel ils se lient avec Pierre Geelen. Les trois hommes sont parachutés dans la nuit du 5 au à Néret dans l'Indre pour former le réseau LABOURER[1]: Marcel Leccia « Baudouin », est le chef du réseau, Élisée Allard « Henrique » est son second, et Pierre Geelen « Pierre », son opérateur radio.
Pour des récits détaillés de cette période, se reporter à l'article Marcel Leccia, section Mission en France: Récit de la réception de l'équipe LABOURER et Activité de l'équipe LABOURER.
Début mai, moins d'un mois après leur arrivée, à Paris où ils cherchent à établir des contacts, Marcel Leccia, Élisée Allard et Pierre Geelen sont dénoncés et arrêtés.
Élisée Allard est déporté à Buchenwald le . Traversant la Champagne, le train qui l'emmène en Allemagne est bombardé aux environs de Châlons-sur-Marne et mis hors d'usage. Un camion l'achemine à Verdun, Metz, puis Sarrebruck, puis à nouveau en train jusqu'à Buchenwald.
Élisée Allard est exécuté le , suspendu par le cou à un crochet scellé dans le mur du four crématoire.
Reconnaissance
Distinction
La brochure Le Mémorial de la section F ne mentionne aucune distinction.
Une stèle est érigée à Néret à la mémoire du groupe de trois agents SOE qui étaient venus installer le réseau LABOURER (Marcel Leccia, chef du réseau, Élisée Allard, son adjoint et Pierre Geelen, son opérateur radio). La stèle se trouve à l'endroit où ils avaient été parachutés en 1944. Lieu: Néret dans l'Indre, au sud-est de Châteauroux, au lieu-dit Acre, au bord de la route du Château d'Acre. Date d'inauguration: .
au camp de Buchenwald, une plaque, inaugurée le , honore la mémoire des officiers alliés du bloc 17 assassinés entre et , notamment vingt agents du SOE, parmi lesquels figure « Allard Lt. E.A.L. ».
Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, (ISBN978-2-84734-329-8). Traduction en français par Rachel Bouyssou de (en) SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004.
Ce livre présente la version « officielle » britannique de l’histoire du SOE en France. Une référence essentielle sur le sujet du SOE en France.
J.D. Sainsbury, Le Mémorial de la section F, Gerry Holdsworth Special Forces Charitable Trust, 1992.