Éloge du carburateur
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| Éloge du carburateur | |
| Auteur | Matthew Crawford |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Essai |
| Version originale | |
| Langue | anglais |
| Titre | Shop Class as Soulcraft: An Inquiry Into the Value of Work |
| Éditeur | Penguin Press |
| Date de parution | 2009 |
| ISBN | 978-2-7071-8197-8 |
| Version française | |
| Traducteur | Marc Saint-Upéry |
| Date de parution | 2010 |
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Éloge du carburateur : Essai sur le sens et la valeur du travail est un essai écrit par Matthew Crawford, un universitaire américain actuellement chercheur à l'université de Virginie pour l’Institut des études avancées de la culture. En parallèle à cette activité, il répare des vieilles motos à Richmond en Virginie[1].
Pour lui, le travail intellectuel, valorisé par l’entrée de l’humanité dans l’économie du savoir, se révèle pauvre et déresponsabilisant pour les individus[2]. L'absence de repères dans le monde matériel condamne les individus à être de plus en plus dépendants de la société de consommation : « Ce que les gens ordinaires fabriquaient hier, aujourd'hui, ils l'achètent ; et ce qu'ils réparaient eux-mêmes, ils le remplacent intégralement. » De ce constat, il tire son éthique de l'entretien en faveur du renouveau du savoir-faire manuel.
Le travail artisanal, l'apprentissage d'un instrument de musique ou d'une langue étrangère, la pratique du surf par exemple nous contraignent par la concentration que ces activités imposent, par leurs règles internes[3]. La confrontation aux obstacles et aux frustrations du réel nous rappelle que nous sommes des êtres situés, constitués par notre environnement, et que c'est précisément ce qui nous permet d'agir et de nous épanouir. Pour lui, les travaux manuels structurent notre attention et nous obligent à sortir de nous-mêmes. Les travaux de réparation qu’il exécute en tant que mécanicien illustrent nombre de ses propos.
Le livre est à la fois un récit, une réflexion philosophique, une étude sociologique, une critique culturelle ou encore un pamphlet contre l’économie du savoir. L'ouvrage se saisit des vertus philosophiques du travail à travers les notions de sens et de responsabilité mais aussi l’indépendance. L'auteur souligne les bénéfices psychiques du travail manuel grâce aux exigences cognitives. Pour lui, l'avenir du travail serait peut-être un retour vers le passé. Effectivement, la dégradation du travail ouvrier puis celle du travail de bureau ne permettent l'épanouissement personnel. À l'inverse, l'homme de métier est un philosophe stoïque dont le travail s'appuie sur une vision d'ensemble de sa communauté. Cela lui permet d'émettre des jugements sur la personnalité de ses semblables. Ce serait ce type d'attention évaluatrice qui nous connecte à notre travail en tant qu'êtres humains authentiques. On peut considérer ce travail comme issu de l'humanisme, appuyé par des références telles que Kojève, Hannah Arendt, Heidegger, Platon, Marx[4].