Émile Jeannin
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Émile Jeannin, né le à Mulhouse et mort le à Strasbourg[1], surnommé Mimi Jeannin, est un pionnier franco-allemand de l'aviation.
Émile est aussi un coureur cycliste comme son frère Henri.
Sa famille originaire du Doubs émigre à Mulhouse -alors allemande- en 1872. Il voit le jour le 28 février 1875. Il est cependant français et n'est naturalisé allemand qu'en 1892 (selon le certificat de réintégration justifiant de sa nationalité française en 1925)[2].
Encore jeune, il gagne de nombreuses courses cyclistes locales, tout comme son frère Henri. Vers les 1892, il s'installe à Strasbourg et ouvre un commerce de cycles et automobiles à pétrole (Peugeot, Gladiator et Darracq) avec son frère durant environ cinq années. Il épouse Berthe Fischbach, petite fille du Maire Kuss, dont il aura un fils, Pierre, en 1899. Ils divorcent en 1905.
Au titre de vendeurs de voiture, il parcourt l'Allemagne avec son frère. En 1900 son frère Henri fonde une usine de moteurs d'automobile. Emile l'y rejoint en 1903.
De 1906 à 1908, il exploite à Berlin la société Sun Motorwagen Gesellschaft E. Jeannin & Co. (de)
Une commande de deux moteurs destinés au dirigeable français "Ville de Paris" et le meeting d'aviation de Berlin l'orientent vers cette branche nouvelle qu'est l'aviation[2].
En 1909, Jeannin entre comme ingénieur et pilote dans la société Aviatik de son ami Chatel. Il apprend à voler chez Farman à Mourmelon, sur un avion construit à partir d’une cellule Farman équipée d’un moteur Argus[3].
Le 1ᵉʳ avril 1910, il établit sur le terrain d’Habsheim, près de Mulhouse, un record du monde d’altitude avec un vol à 160 mètres[3]. Le 10 avril 1910, il réalise un vol d’environ deux heures, considéré comme un record d’Allemagne[3]. Le 27 avril 1910, il obtient la licence allemande de pilote d’aéronef n° 6[3].
Lors de la semaine d’aviation de Berlin-Johannisthal, du 10 au 16 mai 1910, il remporte plusieurs prix pour un total de 25 000 marks (à titre de comparaison, un ouvrier gagnait alors environ 1 000 à 2000 marks par an).
Du 2 au 4 juillet 1910, il remporte le premier meeting aérien de Mulhouse à Habsheim et gagne la somme mise en jeu de 30 000 marks[3].
Le 6 août 1910, il obtient le 4ᵉ prix Lanz à Mannheim, sur un biplan Farman toujours équipé d’un moteur Argus de 55 chevaux.
À la mi-août (du 16 au 22 août), il remporte 1er prix du vol longue distance Francfort sur le Main-Mannheim. À la fin septembre (du 27 septembre au 1er octobre), il remporte 1er prix du vol longue distance Trèves-Metz avec passager[4],[3].
Les meetings aériens de cette période se succèdent mais sont souvent marqués par des accidents, parfois graves. Mimi Jeannin participe activement a ces meetings, domaine dans lequel les pilotes les plus expérimentés acquièrent rapidement renommée et succès. En 1910, les revenus totaux de Mimi Jeannin sont estimés à 140 000 marks[5]. Toujours élégant, il est connu pour son goût pour la vie mondaine[3].
Le 4 mars 1911, Jeannin gagne la course Gotha-Weimar-Erfurt-Gotha[5].
A partir de mi-1911, la cellule biplan Farmann est progressivement remplacée par la cellule monoplan Hanriot et le moteur Argus passe à 70 ou 100 chevaux (voir photo du haut)[3]. Jeannin participe encore à quelques meetings dont le Schwaben Flug en août 1911 [5]. Il est victime d'un accident à Neuenbourg près de Mülheim et arrête de voler selon Turlot[3].
Remarque : Le "grave accident" cité par Turlot est douteux, aucune autre référence n'est disponible ce qui semble impossible. Emile Jeannin n'en parle pas non plus dans ses "justifications".
En , il fonde sa propre entreprise à Johannisthal, près de Berlin, Emil Jeannin Flugzeubau gmbH. Il y construit son modèle Stahltaube avec René Freindt de Lorraine. En 1913-1914, il construit 37 Stahltaube en acier pour l'administration de l'armée allemande. Le prix est compris entre 22 000 et 25 000 marks-or par pièce[3]. Il fait fructifier là sa fortune.
En , les National-Flugzeugwerke (NFW) sont séparés de son usine d'avions à Leipzig[6], ils sont incorporés en 1917 dans les Deutsche Flugzeug-Werke.
Avant le début de la Première Guerre mondiale, Émile Jeannin est écarté de son entreprise par l'autorité allemande, notamment en raison de son ascendance française et doit prendre un ancien officier allemand comme associé, le Lt Oppen. Lorsque la guerre éclate, il vend son usine[2].
A la fin de la guerre, il se rend à Mulhouse - maintenant française - dès novembre 1918 pour revoir sa mère avec dans ses valises le produit de la vente de son usine ( plus d'un million de Marks). Il est aussitôt arrêté par l'Autorité militaire française (le 2ème bureau) qui lui reproche d'avoir construit des avions utilisés par l'armée allemande. Il reste détenu et interrogé durant plusieurs semaines car il est aussi soupçonné d'être un agent bolchevique ! A sa sortie la crise financière mondiale arrive. Il n'a pas le temps de placer son argent qui a déjà perdu une partie de sa valeur. Le 20 juin 1919, sa carte d'identité française lui est confisquée par l'Autorité militaire puis il est expulsé vers l'Allemagne ("comme un boche" écrira-t-il dans ses "justifications") avec 50Kg de bagages et 2000 Marks[2].
Il est ruiné.
En mai 1921, à Berlin, il est accusé puis condamné à trois ans et demi de prison pour « actes indécents sur mineures de moins de 14 ans » dans son appartement berlinois. Son amie, Margot Hahn est elle aussi condamnée, pour complicité, à six mois avec sursis[7].
Il ne purge qu’une petite partie de sa peine et est remis en liberté après avoir été déclaré mentalement irresponsable, conformément au § 51 du Code pénal du Reich. Dès mai 1922, il se trouve déjà, accompagné d’une femme présentée comme son épouse – probablement sa coaccusée de l’époque – en cure de plusieurs semaines à Badenweiler. C’est ce qui ressort d’une demande écrite adressée par un adjudant-chef de la police centrale de Karlsruhe au Commissaire du Reich pour la surveillance de l’ordre public à Berlin, en raison d’un soupçon d’espionnage, par l'autorité allemande cette fois[8]! (ce dernier paragraphe est douteux, Milo Jeannin est-il bien Mimi Jeannin ?)
C'est seulement fin 1925 qu'il est autorisé à rentrer à Mulhouse. Là il fait reconnaître ses droits à l'aide de ses écrits de justification et est réintégré dans la nationalité française[2].
Il travaillera ensuite en relation avec son frère Henri, entre Berlin Mulhouse Strasbourg et Sochaux, en particulier en relation avec la marque Peugeot.
Il passera les dernières années de sa vie à Mulhouse puis près de son fils, à Strasbourg.
Références
- ↑ Relevé généalogique sur Filae
- 1 2 3 4 5 document de justification écrit de sa main
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Jean-Jacques Turlot, Aviatik Flugzeuge, l'épopée aéronautique mulhousienne, p. 14-16.
- ↑ Sonja Steiner-Welz, Schütte-Lanz-Luftfahrzeuge aus Mannheim, p. 145.
- 1 2 3 « Vom Ueberlandflug Gotha – Weimar – Erfurt – Gotha », Zeitschrift Flugsport, Jahrgang 1911, Nr. 6, p. 223 ; reproduction numérique sur pennula.de, consulté le 24 octobre 2025.
- ↑ Bruno Lange, Das Buch der deutschen Luftfahrttechnik, vol. 1, p. 31
- ↑ (de) « Das Urteil im Prozeß Jeannin », Berliner Tageblatt und Handels-Zeitung, (lire en ligne)
- ↑ Bundesarchiv, BArch R 1507/2163 Reichskommissar für Überwachung der öffentlichen Ordnung, Sachakten, Verdächtige Personen, Bd. 1 (1920–1923), Jeannin, Milo, Seiten 105–108
Liens externes
- Jeannin Stahltaube, FliegerWeb.com